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Le premier dimanche du Careme

 

La parole de Dieu nous introduit aujourd’hui dans le sens profond du Carême

Le livre de la Genèse raconte l’histoire de Noé et la première lettre de saint Pierre explique que ces évènements de l’Ancien Testament sont une figure du baptême...

Tout le Carême nous conduit vers le Baptême... Nous terminerons cette période en renouvelant les promesses de ce sacrement durant la Veillée Pascale...

C ‘est le but du Carême : découvrir dans notre vie la grâce du Baptême,  proclamer plus consciemment : je rejette... , je crois... et apprendre à vivre la grâce de notre Baptême...

Au début du Carême nous voyons Jésus qui, après avoir été baptisé, se rend dans le  désert ... et nous sortons avec Jésus dans  notre désert pour mieux comprendre  ce que nous avons reçu pendant notre baptême...

je pense que vous comprenez bien l’importance du Baptême...

Quand j’ai accompagné dans notre paroisse des  familles préparant le baptême de leurs enfants... j’ai vu le vrai engagement des familles, j’ai perçu la volonté de se préparer vraiment profondément au baptême de leurs enfants.. c’était édifiant..

mais en même temps, nous sommes conscients que chacun de nous, pouvons  faire encore beaucoup  plus pour vivre la grâce de notre baptême...

Pourquoi sommes – nous baptisés ?

On peut trouver la réponse dans la profession de foi. Nous proclamons :

Je crois en l’Église,une, sainte, catholique et apostolique.
Je reconnais un seul baptême
pour le pardon des péchés.

C’est le premier objectif de ce sacrement : nous purifier, nous faire renaître, reconstruire en nous l’image de Dieu, nous implanter dans la communauté des enfants de Dieu..

Quand au jour de la Pentecôte , Pierre rempli par l’Esprit Saint prononce l’Évangile, il dit :

 Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés ; vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.

Les premiers chrétiens ont bien  compris  ce rôle du baptême.

Ils ont accueilli ce sacrement pour commencer une  nouvelle vie.

Saint Paul a écrit :

Allons-nous demeurer dans le péché pour que la grâce se multiplie ?

Pas du tout. Puisque nous sommes morts au péché, comment pourrions-nous vivre encore dans le péché ?

Ne le savez-vous pas ? Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. ...

Car lui qui est mort, c'est au péché qu'il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c'est pour Dieu qu'il est vivant.

De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.Il ne faut donc pas que le péché règne dans votre corps mortel et vous fasse obéir à ses désirs.

Dans ces paroles nous voyons la  conviction que le baptême nous fait commencer une  nouvelle vie mais aussi  nous voyons la conscience de la faiblesse de l’ homme..

Le baptême est unique ... nous pouvons l’accueillir une seule fois dans notre vie... ce sacrement a supprimé  tous nos péchés.. mais nos faiblesses causent de   nouvelles chutes..

Qu’est-ce qu’ils ont fait au début du christianisme dans  cette situation...

Ils ont commencé à pratiquer la pénitence...

Dès le commencement il y avait une conviction qu’ existent des péchés graves comme : le meurtre, l’idolâtrie, l’adultère et des péchés quotidiens...

Saint Jean a écrit :

Toute conduite injuste est péché, mais tout péché n’entraîne pas la mort.

Si quelqu’un voit son frère commettre un péché qui n’entraîne pas la mort, il demandera, et Dieu lui donnera la vie, – cela vaut pour ceux dont le péché n’entraîne pas la mort. Il y a un péché qui entraîne la mort, ce n’est pas pour celui-là que je dis de prier.

Alors, dès le commencement existait la pratique pénitentielle qui a découlé du sacrement du baptême. Saint Jean a dit :

Si nous reconnaissons nos péchés, lui qui est fidèle et juste va jusqu’à pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice.

en même temps... plusieurs écrivains chrétiens ont pensé que quelqu ’un qui a commis les péchés les plus graves  ne peut pas recevoir le pardon... cela veut dire que la pénitence  durerait jusqu’à la mort et que  la réconciliation avec Dieu serait réalisée sur le lit de mort ou serait confiée à Dieu seul mais quand le christianisme est devenu la religion universelle, quand beaucoup de gens ont accueilli le baptême souvent sans la conscience qu’ils commençaient une  nouvelle vie ... cela n’était déjà pas évident..

Au milieu du deuxième siècle et au début du troisième nous voyons les témoignages de l’existence de la pratique pénitentielle... aussi dans les cas  plus graves...

Cette pénitence on pouvait la  faire après le baptême une  seule fois pendant sa vie... 

Cette pratique était publique... Le pécheur  confessait devant la communauté ses fautes les plus graves .. et il faisait  une pénitence très longue... parfois jusqu’à la fin de sa vie..

Au quatrième siècle Saint Cyprien, Saint Augustin, les papes et les autres évêques ont exprimé la  conviction que tous les péchés peuvent être pardonnés après la pénitence.. souvent cette pénitence liée aux péchés les moins graves a commencé au début du carême par la confession des fautes devant un évêque ou un prêtre... pour recevoir la réconciliation avant les Pâques, au jour du Jeudi Saint

La pratique du sacrement du pardon, comme les pratiques les autres sacrements,  s’est cristallisée...

Avec le chute de l’Empire Romain, quand les structures de l’Église se sont  décomposées... la pratique pénitentielle a changé.. L’influence des moines de Saint Colomban introduit la pratique d’une  pénitence individuelle et en secret... la pratique du sacrement du pardon que nous connaissons aujourd’hui...

 

Pourquoi ai-je raconté cette histoire? Parce que l’histoire nous montre comment le sacrement du pardon découle du sacrement du baptême.. comment ces sacrements sont liés entre eux..

Le sacrement du pardon est la grâce qui continue la grâce du baptême , qui actualise cette grâce..

Le pape François a dit :

La mission de l’Église est d’évangéliser et de remettre les péchés à travers le sacrement baptismal.

Dans le même temps, notre foi dans la rémission des péchés est liée au baptême. Le sacrement de la pénitence ou confession est, en effet, comme un « deuxième baptême », qui renvoie toujours au premier pour le consolider et le renouveler. Dans ce sens, le jour de notre baptême est le point de départ d’un très beau chemin, un chemin vers Dieu qui dure toute la vie, un chemin de conversion qui est sans cesse soutenu par le sacrement de la pénitence. Pensez à cela : quand nous allons nous confesser de nos faiblesses, de nos péchés, nous allons demander le pardon de Jésus, mais nous allons aussi renouveler le baptême avec ce pardon. Et cela est beau, c’est comme fêter le jour du baptême dans chaque confession. La confession n’est donc pas une séance dans une salle de torture, mais c’est une fête. La confession est pour les baptisés ! Pour garder propre la tunique blanche de notre dignité chrétienne !

Oui.. Je ne peux accepter de  vivre le baptême sans le sacrement du pardon...

ce serait une contradiction... ce serait un manque de compréhension de ces sacrements..

Découvrons pendant ce Carême le sacrement de la réconciliation en répondant aux paroles de Dieu du mercredi des Cendres :

Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu.

 

Le 4 dimanche du temps ordinaire

 

Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur,
qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ?Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »

 

le pauvre esprit impur... Jesus est venu le perdre ...

 

Et vous vous souvenez – vous d’ un autre evenement.. ?

 

Comme Jésus arrivait sur l’autre rive, dans le pays des Gadaréniens, deux possédés sortirent d’entre les tombes à sa rencontre ; ils étaient si agressifs que personne ne pouvait passer par ce chemin.

Et voilà qu’ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé ? »

Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture.

Les démons suppliaient Jésus : « Si tu nous expulses, envoie-nous dans le troupeau de porcs. »

Il leur répondit : « Allez. » Ils sortirent et ils s’en allèrent dans les porcs ; et voilà que, du haut de la falaise, tout le troupeau se précipita dans la mer, et les porcs moururent dans les flots.

 

Les pauvres cochons...  et les pauvres demons...

 

Il peut arriver que nous commencions à regretter l’esprit impur qui détruisait cet homme à Capharnaüm

Il peut arriver que nous commencions à plaindre  les cochons... plus qu’un homme enchaîné par les démons ...

 

C’est tellement caractéristique dans le monde contemporain…

 

Il peut promouvoir la sensibilité par rapport à la nature, aux animaux, aux arbres...  et en même temps être complètement insensible au sort d’un homme...

 

La même organisation proclame un programme pour les personnes âgées  et handicapées et en même temps elle promeut l’euthanasie...

 

La même personne peut défendre la truie qui est enceinte et en même temps propager et promouvoir l’avortement des enfants...

Ce ne sont pas des exemples imaginaires..

et ces action accompagnent toujours  un cri et un mensonge... ou une demi-vérité...

L’esprit impur a crié : Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu...

C’était la vérité mais proclamée comme une accusation... comme une  condamnation : tu veux du mal... tu veux nous perdre...

 

C’est la tactique d’un esprit du mal : un cri et un mensonge...

 

Il  y a trois jours... quelqu’un m’a écrit... Est-ce que tu as entendu ce qui c’est  passé dans ton pays ?

Les manifestations des femmes... J’ai regardé la télé et j’ai entendu que ces informations sont pleines de mensonges, de demi- vérités... de manipulations...

 

Ce qui était vrai...  c’était un cri... plein de  haine.. plein de violence...

 vulgaire.. agressif. montrant du mal..

 

Souvent cette tactique de l’esprit impur le trahit.. montre son action et sa présence à l’extérieur,...  Je connais beaucoup de gens qui voyant la manifestation du mal se sont convertis...  alors

 

Pourquoi Satan le fait-il ,  veut-il  se cacher, pourquoi se trahit-il  par le cri... par la manifestation du mal ... il le fait à cause de son orgueil... et aussi grâce à sa conscience qu’il est perdu... que Jésus a  gagné...

Qu’est-ce qu’il peut faire... faire du bruit, crier, mentir... parfois cela suffit pour  que la minorité propageant du mal puisse  terroriser la majorité qui veut protéger le bien.. 

 

Et parce que cette tactique pour certains est efficace Jésus ne permet pas à l’esprit du mal de parler ...

Il dit : « Tais-toi ! Sors de cet homme. » Tais-toi ...

 

Dans deux semaines nous commencerons le carême...

Nous sortirons avec Jésus à notre désert pour lutter contre l’esprit du mal..

Jésus nous apprendra à ne pas parler avec l’esprit du mal

Il nous montre comment  ne pas entrer dans la discussion avec Satan

Oui.. Pour lutter contre l’esprit du mal et pour gagner il faut entrer dans le silence...

Le 3 dimanche du temps ordinaire

 

Il y a 120 ans, en 1900, l’écrivain russe, Vladimir Solowjew a écrit un livre prophétique... Court récit sur l'Antéchrist

Ce livre disait  qu’ au XX siècle la guerre mondiale toucherait le monde et avant tout l’Europe... Notre continent a été occupé par des envahisseurs de l’Est..

Mais – a écrit Solowjew - la grande et glorieuse libération a été rendue possible parce que les forces coalisées de toutes les populations de l'Europe se sont organisées sur le plan international. ... et après cette libération -  L'Europe du XXIe siècle se présente comme une union d'États plus ou moins démocratique : les États-Unis d'Europe.

La guerre – selon Solowjew - a détruit les vieux régimes, les systèmes politiques et philosophiques... Et elle a ouvert le chemin pour un sur-homme – pour la venue de l' Antéchrist  ...

Le récit de Vladimir Solowjew nous a présenté cet homme... il a écrit :

En ce temps-là, il y avait parmi les rares spiritualistes croyants un homme remarquable — beaucoup le disaient surhomme... Il était encore jeune, mais son génie supérieur lui avait valu vers l'âge de trente-trois ans une très vaste réputation de grand penseur, d'écrivain et d'homme public. ... Il croyait en Dieu mais au fond de son cœur il ne pouvait s'empêcher de se préférer à Lui. ...Il y croyait mais il n'aimait que lui-même.

Il connaît très bien la parole de Dieu... tant et si bien que l'université catholique de Tübingen lui a offert le diplôme de docteur honoris causa en théologie...

Cet homme, en pensant qu’il est le vrai nouveau Messie, le vrai sauveur du monde, voulait construire le vrai royaume de Dieu sur la terre...  et il  a écrit une œuvre : La Voie ouverte vers la paix et la prospérité universelles.

Ce livre – a écrit Solowjew - ce sera quelque chose d'universel et qui abolira toutes les contradictions. Ce livre étonnant sera  traduit dans les langues de toutes les nations civilisées... aux quatre coins du monde. Des éditions à bon marché avec portrait de l'auteur se répandront à des millions d'exemplaires...

 Personne n'opposera d'objection à ce livre et chacun croira y voir la révélation de la vérité totale...  que chacun dira : « Voilà, voilà ce qu'il nous faut ; voilà un idéal qui n'est pas une utopie, voilà un projet qui n'est pas une chimère »

Seulement certains chrétiens ont dit...  pourquoi dans ce livre  n’ y a t il pas  un mot sur le Christ qui a apporté la paix ? mais plusieurs personnes  les ont tranquillisés en disant... oui, ce livre ne parle pas de Dieu mais il a un  vrai esprit chrétien...  

Grace à son livre notre héros est devenu célèbre...

Et Vladimir Solowjew a continu son récit – Les chefs de file de la politique européenne commune, qui appartenaient à la toute-puissante fraternité … ont décidé de choisir une personne de ces membres occultes  qui sera un président de l'unité européenne et du monde entier...

 

Ils ont choisi notre Antéchrist  qui est devenu l’empereur du monde...

D’abord,  il a dénoué le problème de la paix... et après les problèmes sociaux

Solowjew a écrit :  Le nouveau maître de la Terre était avant tout un philanthrope au grand cœur... . Végétarien, il institua une surveillance stricte des abattoirs. Il encouragea par toutes sortes de moyens les sociétés protectrices des animaux. Il fit bien plus en instaurant solidement dans toute l'humanité l'égalité la plus fondamentale, l'égalité de la satiété universelle.

Enfin quelqu’un a bien accompli tous les postulats des fractions écologistes et communistes...

Quand la question sociale et les problèmes économiques étaient définitivement réglés. il a décidé de résoudre les problèmes entre les religions.. Il a organisé d’abord à Jérusalem un grand synode des chrétiens ... : les orthodoxes, les protestants et les catholiques...

Trois participants au concile se distinguaient plus particulièrement. le pape Pierre qui dirigeait la délégation catholique du concile. ... Le chef réel des orthodoxes était le vieillard Jean, très connu dans le peuple russe. À la tête des représentants de l'Église réformée se tenait un théologien allemand très éminent, le professeur Ernst Pauli.

L’imperateur s’est adressé aux participants du synode : Chrétiens, que puis-je faire pour vous rendre heureux ?

Et il a proposé :

Chers frères catholiques ! ... je voudrais appuyer mon pouvoir sur l'autorité de votre chef spirituel ... : le pape de Rome, est désormais rétabli sur son trône romain avec tous les droits et privilèges ...

« Chers frères orthodoxes! Je sais que. rien .  n'est plus cher dans le christianisme que la sainte tradition, les vieux symboles, les vieilles hymnes et les antiques prières, icônes et rites sacrés? Sachez donc, bien-aimés, qu'aujourd'hui j'ai alloué par décret des fonds considérables pour un musée mondial d'archéologie chrétienne, qui sera situé dans notre glorieuse métropole impériale de Constantinople.

L'empereur s’est adressé aux protestants : j'ai approuvé la création d'un institut mondial pour la libre recherche sur l'Écriture sainte sous tous les aspects et dans toutes les dimensions possibles, et pour l'étude de toutes les sciences auxiliaires, avec un budget annuel d'un million et demi de marks.

Mais – l’empereur a dit - Je voudrais seulement que vous reconnaissiez en moi votre chef véritable dans tout ce qui est entrepris pour le bien de l'humanité.

Oui... le monde nous propose de faire de notre foi le musée de la tradition et de la culture... il nous propose d’enfermer notre foi dans l’espace privé... créer une forme de  religion totale, syncrétique... au dessus des divisions... avec un but... agir pour le bien de l'humanité. ....

La majorité des participants au  synode s’est approchée de l’empereur et fut  debout à côté de son trône... en bas sont restés seulement trois petits groupes autour du pape Pierre, du vieillard Jean et du professeur Pauli...

L’empereur leur a demandé : « Que puis-je encore faire pour vous ? Dites-moi donc, vous les chrétiens abandonnés par la majorité de vos frères et de vos chefs: qu'est-ce qui vous est le plus cher dans le christianisme ? »

Le vieillard Jean a répondu : Ce que nous avons de plus cher dans le christianisme, c'est le Christ Lui-même .... Quant à savoir ce que vous pouvez faire pour nous, nous vous répondrons franchement : confessez ici et maintenant devant nous que Jésus-Christ est le Fils de Dieu venu dans la chair, qu'Il est ressuscité et reviendra ; reconnaissez-Le, et nous vous recevrons avec amour comme authentique précurseur de Sa seconde venue dans la gloire ».

Mais l’empereur pour être le nouveau Messie, le nouveau sauveur du monde devait rejeter Jésus... ce Messie faible... ce Messie qui n’a pas résolu les problèmes des guerres, de la faim, de l’injustice dans le monde...

Alors  il n’ a pas répondu à la  question d’un vieillard, Jean ... qui s’est retourné vers tous et a crié: c’est l' Antéchrist...

Dans le récit de Solowjew notre héros a terminé sa vie comme les tous chefs des systèmes totalitaires... qui voulaient construire sur la terre le royaume de Dieu... sans Dieu...

Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu

Quelle est cette bonne nouvelle de Dieu, quel est cet Évangile ?

Elle est contenue dans une phrase : Le règne de Dieu est tout proche...

Mais ce règne n’existe pas sans Dieu...

Ce royaume qui nous apporte Jésus c’est Dieu seul...

Nous sommes tentés tout le temps de construire la paix dans le monde, une nouvelle société sans Dieu.. L’histoire nous a montré suffisamment que c’est une utopie..

La Voie ouverte vers la paix et la prospérité universelles mène par la conversion et la foi en l’ Évangile, en Jésus...

« Les temps sont accomplis :
le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

 

Le 2 dimanche du temos ordinaire

 

Devant l’autel il n’ y a plus  de crèche...

Mais le sapin devant l’église,  les décorations dans la rue, le bel hiver ... nous nous souvenons de Noël..

C’est pour cela que je voudrais chercher dans la parole de Dieu de ce dimanche ce que Jésus nous a apporté en venant dans  ce monde... en prenant  chair de Marie...

Dans la deuxième lecture nous avons entendu :

Frères, le corps n’est pas pour la débauche, il est pour le Seigneur,
et le Seigneur est pour le corps ; et Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur et nous ressuscitera nous aussi.

Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été achetés à grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.

 

Quand Dieu s’est fait Homme à Bethléem, Dieu a pris notre corps... il a apprécié énormément  notre corps...

Par la naissance de Jésus Dieu a donné à notre corporalité une  plus grande dignité

A l’ époque avant la venue de Jésus il y avait une philosophie de Platon,très influente, qui  appréciait l’ âme... et dépréciait le  corps...

Le corps était la prison de l’âme... il limitait  la liberté de l’âme...

Et toutes les choses liées au corps étaient plus ou moins  dévalorisées ... : la sexualité, le mariage... etc..

Il fallait se libérer du corps pour vivre en plénitude..

Cette philosophie était tellement forte qu’ au deuxième siècle il y avait beaucoup de penseurs qui disaient que Jésus ne pouvait pas avoir une vraie chair...

Pour eux, ce n’était pas acceptable  que Dieu ai pu  se faire un vrai homme... que Dieu ai pu  accueillir un vrai corps humain...

Et d’un autre côté, à l’époque de Jésus, dans la façon de vivre des païens existait le culte du corps, le culte de sa beauté ... mais en même temps,  ce culte du corps promouvait la vie des personnes fortes, saines... et n’acceptait pas de vie pour les personnes handicapées, les enfants handicapés.. L’euthanasie était une pratique universelle ...

A l’époque avant la  venue de Jésus, dans le culte païen, dans la façon de vivre  païenne la sexualité était d’un  côté sacralisée et en même temps elle était totalement libérée des limites.. et séparée de la fécondité...

Cette manière d’exprimer  la sexualité a provoqué le fait que  Saint Paul a dit ces paroles : le corps n’est pas pour la débauche...

Quand Jésus est venu  il a apporté le changement de la pensée sur le  corps humain...

D’abord nous voyons comment  Saint Jean défend la dignité de notre chair...

Il a dit : le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous

Il a écrit dans sa lettre:

Bien-aimés, ne vous fiez pas à n’importe quelle inspiration, mais examinez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu, car beaucoup de faux prophètes se sont répandus dans le monde.

Voici comment vous reconnaîtrez l’Esprit de Dieu : tout esprit qui proclame que Jésus Christ est venu dans la chair, celui-là est de Dieu.

Tout esprit qui refuse de proclamer Jésus, celui-là n’est pas de Dieu : c’est l’esprit de l’anti-Christ

Saint Jean en défendant la réalité du corps de Jésus contre les opinions des gens de cette époque, défend la dignité de notre corps...

comme Saint Paul qui a écrit :

Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été achetés à grand prix.
Cela signifie que Jésus a montré la valeur de notre corps car il nous a acheté à grand prix. Il  a donné sa vie pas seulement  pour notre âme mais  aussi pour notre corps... 

Cela veut dire que la valeur de notre chair n’est pas liée à sa forme physique, à sa santé, à sa beauté... cette dignité est liée à la présence de l’Esprit Saint dans notre corps...

alors le corps d’une personne handicapée, déformée a la même valeur que le corps du champion du monde d’athlétisme et que  le corps de Miss France...

C’est pour cela que l’Église proclame que chaque forme de meurtre d’un enfant ou d’une personne âgée ou handicapée réalisée  pour  des raisons eugéniques est une barbarie...

La venue de Jésus a appréciée aussi notre chair dans l’aspect de notre sexualité...

Le corps est devenu le signe de l’amour interpersonnel et inconditionnel qui était exprimé dans le Nouveau Testament par le mot « agape »

La tâche du corps, c’est d’exprimer un amour

Mais pas n’importe quel amour ...

Mais l’amour qui... prend patience,  rend service

ne jalouse pas, ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ;

ne fait rien d’inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s’emporte pas,

n’entretient pas de rancune ;

qu’il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;

il supporte tout,  il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.

L’amour qui ne passera jamais

C’est l’amour intégral ; l’amour de tout son cœur, de toute son âme, de toute son intelligence, de tout son corps

Quelle est cette vision de l’amour intégral que nous a apporté notre foi chrétienne ? Comment cette vision de l’ amour s’exprime-t-elle concrètement  dans notre sexualité ?  Le Catéchisme a dit : (je choisirai quelques fragments)

 

La sexualité affecte tous les aspects de la personne humaine, dans l’unité de son corps et de son âme. Elle concerne particulièrement l’affectivité, la capacité d’aimer et de procréer, et, d’une manière plus générale, l’aptitude à nouer des liens de communion avec autrui.

 

Chacun des deux sexes est, avec une égale dignité, quoique de façon différente, image de la puissance et de la tendresse de Dieu. L’union de l’homme et la femme dans le mariage est une manière d’imiter dans la chair la générosité et la fécondité du Créateur

 

Jésus est venu restaurer la création dans la pureté de ses origines. Dans le Sermon sur la montagne, il interprète de manière rigoureuse le dessein de Dieu : " Vous avez entendu qu’il a été dit : ‘Tu ne commettras pas d’adultère’. Eh bien ! moi je vous dis : ‘Quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis, dans son cœur, l’adultère avec elle …

 

Tous les fidèles du Christ sont appelés à mener une vie chaste selon leur état de vie particulier: ... les unes dans la virginité ou le célibat consacré... les personnes mariées sont appelées à vivre la chasteté conjugale..

 

La chasteté signifie l’intégration réussie de la sexualité dans la personne et par là l’unité intérieure de l’homme dans son être corporel et spirituel. La sexualité, en laquelle s’exprime l’appartenance de l’homme au monde corporel et biologique, devient personnelle et vraiment humaine lorsqu’elle est intégrée dans la relation de personne à personne, dans le don mutuel entier et temporellement illimité, de l’homme et de la femme.

 

La personne chaste maintient l’intégrité des forces de vie et d’amour déposées en elle. Cette intégrité assure l’unité de la personne, elle s’oppose à tout comportement qui la blesserait. Elle ne tolère ni la double vie, ni le double langage.

La chasteté comporte un apprentissage de la maîtrise de soi, qui est une pédagogie de la liberté humaine. L’alternative est claire : ou l’homme commande à ses passions et obtient la paix, ou il se laisse asservir par elles et devient malheureux (cf. Si 1, 22).

 

La maîtrise de soi est une œuvre de longue haleine. Jamais on ne la considérera comme acquise une fois pour toutes. Elle suppose un effort repris à tous les âges de la vie. ... La chasteté connaît des lois de croissance qui passe par des degrés marqués par l’imperfection et trop souvent par le péché. " Jour après jour, l’homme vertueux et chaste se construit par des choix nombreux et libres.

 

C’est assez facile de voir que cette vision de l’amour, de la sexualité n’est pas acceptée par le monde contemporain.. Nous observons le retour à la vision païenne du corps et de la sexualité..

Mais la dignité du corps que nous a apportée Jésus par sa naissance est toujours actuelle.. il nous montre le  plus grand niveau de l’humanisme..

Elle n’est pas facile... mais cela ne signifie pas qu’elle n’est pas bonne...

Elle nous montre... la grandeur de notre corps, la beauté de notre sexualité, la grandeur de notre humanité, la grandeur de l’amour ...

Alors : Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.

 

Le Bapteme du Seigneur

 

Au début de cette Eucharistie nous avons accueilli le signe de l’eau.

Cette aspersion est l’un des actes pénitentiels qui nous rappellent notre baptême.

Est-ce que ce dimanche du baptême de Jésus est lié à notre baptême ?

Oui, très profondément...

Les gens sont arrivés devant  Jean le Baptiste pour accueillir le baptême qui était le signe de la purification de leurs péchés..

Il sont venus et ils ont confessé leurs faiblesses

Ils voulaient changer  leur  vie, ils se purifiaient de leurs  péchés...

Jésus n’est pas venu se purifier...

Il n’a pas confessé ses péchés

Il ne voulait pas changer sa vie...

Jésus est arrivé au bord du Jourdain pour annoncer qu’il prendrait toutes nos fautes sur lui-même,

Jésus est entré dans  l’eau pour annoncer qu’il prendrait toute la saleté de nos péchés sur lui-même...

il est venu se salir... comme un filtre qui purifie l’eau polluée...

alors le baptême au début de la mission de Jésus... a annoncé la fin de son chemin... a annoncé sa mort et sa résurrection...

Jésus sur la croix a accompli définitivement ce qui avait  été  annoncé par son baptême...

C’est pour cela que notre baptême est une  participation à  la mort et à  la résurrection de Jésus...

Saint Paul a dit :

Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. Nous le savons : l’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que le corps du péché soit réduit à rien, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.

Comme nous avons entendu dans la lettre de Saint Jean...

C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et par le sang :
non pas seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang.

cela veut dire que nous sommes purifiés par la mort de Jésus... par le sang de Jésus

La grâce de notre Baptême découle du cœur transpercé de Jésus... découle de sa mort et de sa résurrection..

Cela nous montre que notre baptême est une  grâce

la grâce de Dieu que nous ne pouvons pas mériter"

Nous voyons cette grâce pendant le baptême des bébés...

Les petits enfants accueillent la miséricorde de Dieu sans conditions ;

sans ces mérites...

Saint Jean a écrit dans sa lettre :

Je vous l’écris, petits enfants :
Vos péchés vous sont remis à cause du nom de Jésus.

Mais quels péchés ont commis des petits enfants... ?

Aucuns...

Dieu voit leur vie et il veut déjà  donner sa miséricorde et son pardon à ces enfants...

Cette grâce inconditionnelle s’exprime dans  les paroles de la première lecture d’aujourd’hui :

Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau !
Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent, sans rien payer.
Venez à moi !
Écoutez, et vous vivrez. Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle :
ce sont les bienfaits garantis à David.

C’est un sens profond du baptême des petits enfants...

Montrer...  que ce sacrement est une propre grâce... une grâce inconditionnelle..

Oui... à chaque sacrement est lié aussi un défi... une exigence

Mais pendant  le baptême des petits enfants ces exigences sont accueillies par les parents de ces enfants et par la marraine et le parrain

Nous avons entendu dans la deuxième lecture :

Voici comment nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu :
lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements.

C’est pour cela qu’au début d’un baptême le célébrant demande aux  parents :

Vous demandez le baptême pour vos enfants. Vous devrez les éduquer dans la foi, et leur apprendre à garder les commandements , pour qu’ils aiment Dieu et leur prochain comme le Christ nous l’a enseigné. Êtes-vous conscients de cela ?

Et vous, qui vous avez accepté d’être les parrains et les marraines de ces enfants, vous devrez aider les parents à exercer leur responsabilité. Êtes –vous disposés à le faire ?

 Oui, c’est une grande responsabilité... transmettre la foi..

Et dans la loi de l’Église... normalement la communauté exige  encore  plus d’une marraine et d’un parrain que des parents...

 

Le Code de la loi canonique dit par rapport aux parents...

Pour qu'un enfant soit baptisé licitement, il faut:

que les parents y consentent, ou au moins l'un d'eux, ou ceux qui tiennent légitimement leur place;

qu'il y ait un espoir fondé que l'enfant sera éduqué dans la religion catholique; si cet espoir fait totalement défaut, le baptême sera différé, selon les dispositions du droit particulier, et les parents informés du motif.

 

C’est le droit par rapport aux parents et par rapport aux parrains?

La loi écrit :

Dans la mesure du possible, à la personne qui va recevoir le baptême sera donné un parrain auquel il revient d'assister dans son initiation chrétienne l'adulte qui se fait baptiser et, s'il s'agit d'un enfant, de le présenter de concert avec les parents, et de faire en sorte que le baptisé mène plus tard une vie chrétienne en accord avec son baptême et accomplisse fidèlement les obligations qui lui sont inhérentes.

Pour que quelqu'un soit admis à remplir la fonction de parrain, il faut:

1 qu'il ait été choisi par la personne qui va être baptisée, par ses parents ou par ceux qui tiennent leur place ou, s'ils font défaut, par le curé ou le ministre; et qu'il ait les aptitudes et l'intention de remplir cette fonction;

2 qu'il ait seize ans accomplis, à moins que l'Évêque diocésain n'ait établi un autre âge, ou bien que le curé ou le ministre n'estime devoir admettre pour une juste cause une exception;

3 qu'il soit catholique, confirmé, qu'il ait déjà reçu le très saint sacrement de l'Eucharistie et qu'il mène une vie cohérente avec la foi et avec la fonction qu'il va assumer;

4 qu'il ne soit sous le coup d'aucune peine canonique, légitimement infligée ou déclarée;

5 qu'il ne soit ni le père ni la mère de la personne qui doit être baptisée.

Ce n’est pas facile de trouver une personne qui veut accomplir cette mission... alors soyez disponibles et ouverts quand quelqu’un vous demande d’être une marraine ou un parrain pour ses enfants...

Je veux vous montrer cet exemple pour rappeler quelle est la responsabilité que nous prenons en baptisant des enfants... Et quelle est le rôle des parents et des parrains...

 

Epiphanie du Seigneur

 

Les mages entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ;
et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui.
Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents :
de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Pourquoi ces dons ? Qu’est-ce qu’ils signifient ?

Quelqu’un a écrit... les mages ont offert l’or parce que  La Sainte Famille était pauvre... l’encens parce que dans la grotte des animaux puaient... la myrrhe parce qu’elle servait aussi comme un baume, une pommade contre les douleurs...

Mais non... il semble que ce soit  une interprétation superficielle parce que les mages n’ avaient pas appris  que le Messie était si pauvre, qu’il était couché dans une  mangeoire...ils ont cherché le nouveau-né chez Hérode, dans son palais ...

Alors nous voulons voir, comme la communauté de l’Église depuis le commencement, que ces dons : de l’or, de l’encens et de la myrrhe, étaient d’un côté l’accomplissement  des paroles de l’Ancien Testament et de l’autre côté la révélation de Jésus ; une révélation de qui  est le nouveau né...

C’est pour cela que nous fêtons la solennité de l’Épiphanie..  cela veut dire La fête de la révélation du Seigneur..

Dans un moment , après l’offertoire , nous allons prier :

Regarde avec bonté, Seigneur, les dons de ton Église qui ne t’offre plus ni l’or, ni l’encens, ni la myrrhe, mais celui que ces présents révélaient, qui s’immole et se donne en nourriture : Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Oui... Depuis le commencement l’Église a compris que ces dons des mages représentent seulement   Jésus... ces dons révèlent qui est Jésus...

Alors comment étaient interprétés ces dons ?

Nous avons lu dans la première lecture du livre d’Isaïe

Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations.En grand nombre, des chameaux t’envahiront, de jeunes chameaux de Madiane et d’Épha.
Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens ;
ils annonceront les exploits du Seigneur.

Les dons des mages : de l’or et de l’encens, accomplissaient  ces paroles d’Isaïe...

Ils étaient interprétés le plus souvent comme des dons révélant que Jésus est le Roi, le Prêtre et le Dieu...

L’or était le don royal, la myrrhe pouvait signifier le don sacerdotal.. les prêtres recevaient  une onction d’un baume... et l’encens s’offrait pendant le culte divin

Dans le troisième chapitre du livre de l’Exode nous lisons :

Le Seigneur dit à Moïse : « Procure-toi des aromates : storax, ambre, galbanum aromatique et encens pur, en parties égales.

Tu en feras un encens parfumé qui soit salé, pur et saint. C’est une œuvre de parfumeur. Pour vous, ce sera chose très sainte.

L’encens composé selon cette recette, vous ne l’utiliserez pas pour votre propre usage : il sera saint, réservé au Seigneur.

 

Alors les mages avant d’arriver, ont découvert que le nouveau-né aurait la dignité royale, sacerdotale, divine... et ils ont cherché le Roi, le plus grand Prêtre, le Messie, l’Élu de Dieu...

Est-ce qu’ils ont été déçus, quand ils sont arrivés à Bethléem et qu’ils ont vu l’enfant avec Marie sa mère ?

Non, ils sont tombés aux pieds de l’enfant, ils se sont prosternés devant lui.
et lui ont offert leurs présents...

Peut-être  ont-ils  commencé à découvrir que pour Jésus être le roi cela veut dire servir ... être le plus grande prêtre cela signifie donner sa vie pour tous... être le Messie  cela veut dire remplir la volonté de son Père dans chaque moment de sa vie .. et révéler par sa vie son Père...

Les attentes et les imaginations des mages devraient  ( ont dues ? )être purifiées..

Cela nous montre un peu ce qu’est  la révélation de Dieu...

Nous cherchons Dieu dans notre vie grâce à  notre intellect, par notre expérience, grâce à  la sensibilité de notre cœur... grâce au témoignage des autres

Nous venons vers Jésus avec nos interprétations  de Dieu...

Nous arrivons avec nos attentes...

Et nous rencontrons Jésus dans la communauté de l’Église...

Est-ce que nous sommes déçus ?

Les mages sont arrivés et ils ont vu Marie, une  jeune fille, très simple.. la femme d’un charpentier

Et nous, en entrant dans la communauté de l’Église nous rencontrons des gens différents... des gens qui sont , comme nous, des pécheurs...

La mauvaise odeur de ces péchés est aussi insupportable (ou plutôt plus désagréable ) que l’odeur dans  la grotte à cause des animaux...

Est-ce que nous sommes capables de voir, dans l’église, Marie avec l’enfant Jésus?

Les mages sont tombés aux pieds de l’enfant, ils se sont prosternés devant lui.
et lui ont offert leurs présents...

peut être l’ont-ils  fait grâce à l’étoile...

Ils ont pu être  conduits  par l’étoile... jusqu’à la fin

C’est un signe de  confiance...

Suivre une étoile... en ne sachant pas où elle les conduit...

Pour reconnaître Jésus qui se révèle dans la communauté de l’Église il est nécessaire de faire confiance à Dieu...

Les dons des mages exprimaient leur compréhension du nouveau-né, leur conscience de qui est cet enfant, leurs imaginations et leurs attentes....

Si nous voulons offrir à Jésus nos dons qui expriment nos attentes, nos imaginations par rapport à Dieu, qu’est-ce que nous donnerons à Jésus aujourd’hui ?

C’est une question difficile..

Nos imaginations, nos attentes par rapport à Dieu exigent toujours une  purification

Dieu nous dépasse

Ses pensées ne sont pas nos pensées

Et nos chemins ne sont pas ses chemins...

Chaque fois que nous voulons créer Dieu à notre  image...ce n’est pas le vrai Dieu

La révélation du Seigneur est la rencontre de nos imaginations et nos attentes avec sa Lumière...

La lumière qui peut éblouir.. qui purifie...

Il y a aussi une autre interprétation des dons des mages...

L’or, l’encens, la myrrhe étaient compris comme notre prière, nos bienfaits, notre privation ; notre croix quotidienne

C’est une interprétation plus spirituelle ... montrant ce que nous pouvons donner au Seigneur...

Oui... pendant l’Eucharistie nous utilisons les dons qui révèlent Jésus... du vin et de l’eau... le vin indique la divinité de Jésus, quelques gouttes d’eau signifient l’humanité de Jésus...

Mais pendant l’offertoire nous voulons aussi apporter notre vie... : nos prières, nos bienfaits, notre témoignage, notre souffrance, nos privations... notre combat contre nos péchés...

Ces dons aussi exigent une  purification... parce que nous pouvons penser que nous sommes capables de prier, de faire le bien, de vaincre notre péché grâce à nous mêmes.. à nos possibilités..

Dieu accueille ses dons et il les purifie...

Il nous révèle aujourd’hui que tout est  grâce...

 

III Dimanche de l'Avent - 13 décembre - Père Wojtek

 

« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert :
Redressez le chemin du Seigneur

 

C’est le deuxième  Dimanche en  suivant que nous entendons cet appel..

Aujourd’hui ce sont les paroles de Jean le Baptiste.

Il y a une semaine j’ai essayé de vous convaincre que cet effort  pour  préparer le chemin du Seigneur est lié au combat spirituel contre l’orgueil

Je vous ai dit que la route du Seigneur est le chemin de l’humilité

Essayons de voir aujourd’hui comment Jean le Baptiste nous mène sur ce chemin

Comment ce prophète nous montre la route de l’humilité

L’orgueil est une contradiction de la vie en vérité...

L’humilité est la vie dans la vérité

Qu’est-ce que  cela signifiait dans la vie de Jean le Baptiste... ?

Comment nous apprend- il  l’ humilité ?

Nous avons lu...

Quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem
des prêtres et des lévites pour demander à  Jean le Baptiste :
« Qui es-tu ? »
Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement :
« Je ne suis pas le Christ. »
Ils lui demandèrent :
« Alors qu’en est-il ?
Es-tu le prophète Élie ? »
Il répondit : « Je ne le suis pas.
– Es-tu le Prophète annoncé ? »
Il répondit : « Non. »

 

Savoir  d’abord qui je ne suis pas...

Ce chemin de l’humilité nous montre Jean

Savoir quelles sont mes limites...

 

D’abord il faut accepter que

 je ne suis pas Dieu...

je ne suis pas le Sauveur du monde..

En pratique cela signifie accepter aussi que

je ne suis pas le Seigneur de ma vie...

je ne décide pas ce qui est mal et ce qui est bien...

cela signifie aussi accepter que

je ne suis  ni le  Créateur des commandements

 ni le juge de Dieu ou des autres...

Ces faits semblent évidents... mais, en réalité, l’ homme contemporain a un grand problème pour accepter qu’il  n’est pas Dieu...

 

Savoir qui je ne suis pas cela veut dire aussi accepter mes limites personnelles...

Accepter les limites de mon intelligence, de ma connaissance du monde,

Accepter mes défauts, mes faiblesses mes chutes...

Accepter les limites de mon corps ;

et l’évidence de la fin de ma vie sur la terre – la mort..

 

Les gens au bord du Jourdain ont considéré Jean le baptise comme le Messie ou l’un des prophètes...

Jean le Baptiste pouvait ne pas contredire ces opinions...

Ce sont souvent des tentations dans notre vie...

ne pas détromper les gens qui pensent que nous sommes meilleurs qu’en réalité...

surtout quand nous sommes appelés à  être des témoins pour les autres

Jean le Baptiste nous apprend qu’être un témoin se  construit sur la vérité

souvent sur la vérité au sujet de  nos faiblesses et de  nos limites

 

Alors si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète : « Qui es-tu ?

« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert :
Redressez le chemin du Seigneur,
comme a dit le prophète Isaïe. »

C’est la deuxième leçon de Jean le Baptiste...

Savoir qui je suis..

et aimer  qui je suis

mais comment s’aimer soi-même ? comment accepter qui je suis ?

 

Michel Quoist a répondu à cette question

En grandissant

Là où tu es

Au moment où tu vis

Avec les personnages qui t’entourent

Comme l’arbre

Arbre

Arbre solide et beau

Plonge tes racines en terre

Sans racines et sans terre tu ne pourrais point vivre

Plonger tes branches au ciel

Sans branches et sans ciel tu ne pourrais survivre

Et que tes racines de terre

Et tes racines de ciel

mangent et boivent

L’humus et l’eau

L’air et le soleil

 

Savoir qui je suis cela veut dire

Avoir conscience que j’ai mes racines de   terre et mes racines de ciel

Et  les accepter pour grandir dans la terre et dans le ciel

 

Quels sont mes racines de terre ?

Ce sont mes parents, ma famille

C’est mon environnement

C’est un endroit que j’appelle ma maison, ma patrie

Ce sont  mon école et ma communauté ; ma paroisse

C’ est l’époque à laquelle  je suis né

Accepter ses racines de terre, mes racines signifie souvent pardonner... et demander pardon..

Pardonner aux gens que nous avons rencontrés sur notre chemin :nos parents, nos proches, nos amis et nos ennemis... pardonner à tous ceux  qui nous ont blessés

Et mes racines de ciel ?

tous ne les connaissent pas

mais nous les connaissons

Comme a dit Saint Paul :

Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ,

Nous savons que Dieu est notre Père

Nous savons où est notre ciel...

mais souvent il faut aussi accepter ses racines de ciel

On peut vivre avec des ressentiments envers  Dieu car  ma vie, ma famille, ma santé, mon travail... ne sont  pas comme je  voudrais les  avoir...

Pour accepter sa vie il faut se réconcilier avec son Père qui est aux cieux

 

Et la dernière leçon de l’humilité de Jean le Baptiste

Ils lui posèrent encore cette question :
« Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? »
Jean leur répondit :
« Moi, je baptise dans l’eau.
Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ;
c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne
de délier la courroie de sa sandale. »

Savoir quelle est ma vocation, ma mission

Quelle est ma place..

Quelles sont mes possibilités..

Qu’est-ce je dois faire et qu’est-ce je peux faire dans ma vie...

Quelle est ma place dans le plan du salut de mon Seigneur..

 

Encore une fois je veux citer les paroles de ce prêtre : Michel Quoist

Arbre, mon ami, grandis pour toi, grandis pour moi, grandis pour tous les hommes

Car nous avons besoin de toi

Pour respirer et nous chauffer

Nous abriter et nous meubler

Pour nous aimer et  dormir

Pour vivre et pour mourir

Arbre tu n’es pas seul au monde, mais multitude en la foret profonde

De tes branches tendues, comme bras qui s’offrent, disponibles, accueille les hommes qui accourent, il te féconderont, tu leur donneras vie

Mais sois toi-même, et refuse les rapaces qui sans te respecter, cherchent à t’exploiter  pour leurs plaisirs et leurs profits

Si ton cœur grand ouvert, est fait, pour d’un toit, couvrir une maison, refuse le feu qui de ta chair veut tirer la chaleur

Si tu dois sous tes ombrages abriter le jeu des enfants, refuse d’être bureau pour l’étudiant et chaise pour un vieillard

Si tu dois un jour être un autel pour le prêtre refuse d’être table pour la famille et lit pour les amants.

Être un homme humble cela veut dire, comme Jean le Baptise, connaître sa place dans la vie, accepter son propre chemin, et être fidèle à cette vocation

Arbre, mon frère et ma sœur

Plonge tes racines en terre

Et tes racines de ciel

Sois l’arbre que tu dois être

Mais arbre pour les autres

 

II Dimanche de l'Avent - 06 décembre - Père Wojtek

 

Quand j’ai lu cet Évangile en préparant cette homélie d’abord j’ai été touché par les paroles d’Isaïe... :

Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin.
Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur,rendez droits ses sentiers.

 

J’ai à nouveau entendu dans ce passage  que ce chemin que j’ai à préparer...

c’est n’est pas mon chemin... ce ne sont pas mes sentiers vers le Seigneur..

je suis appelé à préparer le chemin du Seigneur, les sentiers du Seigneur..

Qu’est-ce cela signifie pour moi?

 

Si Dieu m’appelle à rendre droits ses sentiers cela veut dire que je suis capable de découvrir quel est le chemin du Seigneur ...

Ces sentiers sont me donnés, sont inscrits dans mon cœur...

mais ils ne sont pas ma propriété..

je peux les découvrir et les accepter...

 

Accepter, que le Seigneur vienne chez moi, par ses chemins

et qu’ il m’invite à collaborer avec sa grâce et à préparer ses sentiers ...

Cela exige de moi d’abord, d’écouter...d’ être ouvert à la voix du Seigneur

Voix de celui qui crie dans le désert de mon cœur

Cela me montre très vite... que la route du Seigneur c’est le chemin de l’amour et de l’humilité...

Je peux le sentir quand je me décide à accepter que je ne créerai pas  mes propres sentiers vers Dieu, que je s

uis appelé à accepter le chemin du Seigneur..

Cela exige de  l’humilité

 

Dieu vient comme le plus humble, le plus petit et il m’invite à ce chemin...

Il  me montre que les virages, les collines, les obstacles sur la route sur laquelle il vient... ont leur  source dans le manque d’humilité, dans mon orgueil...

Ces obstacles, ce sont mes péchés...

Jean proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés.

Mais la source de mes fautes se trouve dans le péché d’orgueil...

Il est la racine des autres péchés.

 

L’orgueil est l’amour désordonné qui est construit sur une image fausse de nous-mêmes, des autres, de Dieu...

Nous savons que l’orgueil n’est pas la vie dans la vérité mais cela découle du manque d’amour...

L’homme orgueilleux ne sait pas comment aimer vraiment parce qu’il n’a pas éprouvé dans sa vie l’amour inconditionnel

Le manque d’amour de ses proches, le manque d’amour de Dieu ne permet pas d’accepter la vérité de sa vie... accepter qui je suis, qui est mon prochain, qui est Dieu...

Comment reconnaître l’orgueil dans sa vie ?

Quels sont les symptômes de cette maladie de l’âme ?

 

Souvent, nous associons l’orgueil à la fanfaronnade...

Quelqu’un qui ne s’aime pas soi-même a besoin de se montrer aux  yeux des autres comme quelqu’un de meilleur que les autres...

Il s’élève, il veut que l’attention de tous soit concentrée sur lui-même, il veut être au centre...

 

Mais il y a beaucoup d’ autres symptômes de cette maladie de l’âme..

Quelqu’un qui ne s’aime pas soi-même  est souvent concentré sur les choses matérielles ; par la possession des biens matériels il essaie de compenser le manque d’amour..

 

Quelqu’un qui n’a pas éprouvé un vrai amour souvent met des masques, il imite les autres ;

Il peut aussi être le meilleur dans les domaines de sa vie ... il veut être un perfectionniste..

Il peut aussi être trop critique, méfiant ou cynique..

 

L’homme orgueilleux peut ne pas être capable d’admettre sa faute...

quand il va se confesser, il a un problème pour accepter sa faiblesse

il ne supporte pas ses chutes ; le péché toujours blesse  son orgueil

 

Les  tristes symptômes  de l’orgueil sont la fuite devant le monde : la désertion en solitude, en timidité... ou l’aptitude d’un homme qui veut toujours être correct .. avec tout et avec` tous... il veut accomplir tous les désirs de ses proche en oubliant ses  propres besoins...

 

Parfois quelqu’un qui ne s’aime pas soi-même baisse sa valeur dans les yeux des autres pour provoquer  l’apitoiement de son environnement

C’est triste, cette vie dans le manque permanent de sa valeur... c’est pour cela qu’ aussi l’orgueil s’exprime par la colère, par l’agression

 

La vie un homme orgueilleux s’étend entre les extrêmes... parfois il pense qu’il est une plaque tournante de l’univers , une autre fois, il pense qu’il est nul...

Ce sont les deux extrémités du bâton de l’orgueil..

 

Cela empêche de croire en Dieu, d’accueillir  le Seigneur, d’accueillir son amour ...

Si quelqu’un pense qu’il est dieu... dans sa vie il n y a pas de place pour le vrai Dieu...

Si quelqu’un pense qu’il est nul... il est vraiment en colère contre son Créateur...

 

Et la grâce du Seigneur ne  peut pas trouver son destinataire..

Nous connaissons les paroles de Saint Jacques :

Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce.

mais on peut dire plutôt qu’ il ne peut pas donner sa grâce aux hommes orgueilleux...

 

Il y a beaucoup de gens qui tout le temps viennent avec les mêmes péchés ... ils se confessent, il souffrent parce qu’ils sont tombés...

mais vraiment ce qui souffre, c’est leur orgueil...

Un homme humble sait qu’il n’est pas capable de vivre sans  la grâce de Dieu et de  gagner contre ses péchés sans  la grâce de Dieu ...

 

Comment rendre droit le chemin du Seigneur pour sa venue..

Comment lutter contre le peche de l’orgueil ?

 

La parole de Dieu nous l’a montré. D’abord il faut ouvrir le chemin. Ouvrir son cœur à celui qui vient... qui... comme l’a écrit le pape Benoit XVI -

... nous connaissant mieux que nous-mêmes, nous dit: "Tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t'aime" (Is 43, 4).

...qui est toujours fidèle, même si nous manquons nous-mêmes de fidélité cf. 2 Tm 2, 13).

... qui se penche constamment sur le cœur blessé de l'homme et dit: "Je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus" (cf. Jn 8, 11).

 ... qui, du haut de la croix, étend ses bras, pour répéter pour toute l'éternité: "Je donne ma vie pour toi, homme, parce que je t'aime".

 

Ouvrir son cœur à Dieu et avec Lui reconnaître l’orgueil et le déraciner de son cœur

Pour le faire il est bon de pratiquer chaque jour, pendant la prière du soir, l’examen de conscience...  Et durant cette prière d’abord voir le bien dans sa vie ; voir ses valeurs, voir les dons de Dieu.. et rendre grâce à Dieu... louer Dieu...

Et après dans la vérité voir aussi ses fautes...  et les donner au Père qui est miséricordieux et qui toujours nous pardonne...

 

Sur le chemin du Seigneur nous rencontrons, surtout pendant l’Avent, Marie

Elle était humble c’est pour cela qu’elle pouvait tellement ouvrir son cœur à la grâce...

Si nous voulons lutter contre l’orgueil et devenir des humbles... il faut se faire  amis avec elle.. 

 

 

 

I Dimanche de l'Avent - 29 novembre - Père Wojtek

 

Nous commençons l’Avent..

C’est une période durant laquelle  nous nous souvenons que la vie chrétienne est une  vigilance pour la venue du Seigneur...

Oui, les paroles de Jésus de l’Évangile d’aujourd’hui :

Prenez garde, restez éveillés

ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

ne sont pas seulement un appel pour ce temps, pour l’Avent...

 

Elles nous accompagnent toujours,

nous voulons veiller chaque jour

et l’Avent est une période privilégiée pour apprendre à veiller...

 

D’abord ... il faut se poser personnellement, à soi-même, des questions...

Qui j’attendrai ?

Qu’est ce que j’attendrai pendant cet Avent?

 

Certains attendent maintenant la fin de l’épidémie... la fin du confinement... la normalité... la liberté... peut-être le bon vaccin ...

Certains attendent leurs proches qui sont loin, la rencontre avec leur  famille, des Fêtes normales ...

Certains attendent des solutions aux problèmes : du chômage, dans les familles, dans le travail, dans la société...

 

Mais...  est-ce que j’ attends le Seigneur ?

 

Nous avons entendu les paroles d’Isaïe :

C’est toi, Seigneur, notre père ;

« Notre-rédempteur-depuis-toujours », tel est ton nom.
 

Dieu est mon seul Rédempteur

Est-ce que je crois que j’ai besoin d’abord, à la première place,  de Dieu, mon père...

Est-ce que je crois que la solution finale aux  difficultés de ce temps et aux  problèmes de chaque temps, c’est la présence du Seigneur dans ma vie... ?

 

Pour comprendre cela... Peut-être  faut-il  d’abord éprouver la situation comme le peuple d’Israël... laquelle  est décrite par  le prophète Isaie

 

Nous nous sommes égarés...
Tous, nous étions comme des gens impurs, et tous nos actes justes n’étaient que linges souillés. Tous, nous étions desséchés comme des feuilles,et nos fautes, comme le vent, nous emportaient.

 

Mais quelqu’un va demander Qu’est-ce que Dieu peut me donner ?

La santé, le travail, la paix dans ma famille, le vaccin ?

 

Encore plus ...

L’espérance plus forte que la mort...

Le sens de tes efforts et de  tes recherches..

La force de supporter la maladie et la souffrance...

La paix et la joie dans ton cœur

Le pardon et l’amour infini...

 

Est-ce  que je veux attendre le Seigneur ?

 

Qu’est-ce que cela veut dire « veiller », qu’est-ce que signifie « attendre le Seigneur » ?

 

On peut veiller plus activement et plus passivement...

 

L’Évangile nous présente la venue du Seigneur comme le retour du père à sa maison... comme la venue de l’époux à la rencontre de  son épouse...

La vigilance avant cette rencontre est active...

 

Le Seigneur nous encourage à être prêt à sa venue et  à nous préparer à sa venue ...

 

Jésus a  dit : Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible.

Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller.

La vigilance active dans notre vie c’est l’effort du remplissement de notre cœur par l’huile d’olive de la foi, de l’amour, de l’espérance...

c’est une ouverture quotidienne à l’Esprit Saint et un accueil de l’Esprit Saint dans notre cœur

 

et la vigilance plus passive ?

L’Évangile nous présente la venue du Seigneur comme l’arrivée d’un voleur...

Le Seigneur nous encourage à protéger notre héritage...à  défendre ce que nous avons, ce que nous pouvons perdre...

 

Jean Paul II a dit : Être chrétien veut dire veiller, comme veille la sentinelle, la mère auprès de son enfant ou le médecin auprès du malade. Veiller signifie garder un grand bien.

 

notre foi, notre relation avec Dieu et ... notre tradition et notre identité chrétienne... Nous pouvons les perdre

 

quelqu’un m’a dit...

en France nous avons perdu, en général, le sacrement du pardon...

nous avons perdu la compréhension et l’importance de l’Eucharistie

nous avons perdu le discernement de  ce qui est mal et de ce qui est bien dans plusieurs dimensions de la vie morale...

nous avons perdu la dimension traditionnelle de notre foi...

pas forcément maintenant...mais  il y a 40 ans, 30 ans..

 

on peut permettre de voler quelque chose de notre maison..

 

Veiller... cela veut dire aussi ... ne pas permettre de voler nos valeurs, notre foi

 

Le pape polonais a dit : Que veut dire : je veille ? Cela veut dire : je m’efforce d’être un homme de conscience. Je n’étouffe pas cette conscience et je ne la déforme pas ; j’appelle par leur nom le bien et le mal, dépassant celui-ci en moi-même. Tel est bien la question fondamentale, qui ne pourra jamais être amoindrie, ni mise sur un plan secondaire. Non, cela est toujours et partout une question de premier plan. Et son importance croît à mesure que plus nombreuses sont les circonstances qui  en partenariat avec semblent favoriser notre tolérance du mal, comme le fait que facilement nous nous en accommodions, surtout si les autres le font...

 

Ces deux dimensions de la vigilance sont importantes : actives et passives

 

Ce n’est pas suffisant de  seulement garder, protéger ce que j’ai...

Cette défense de ma foi est possible quand en même temps je la développe..

 

Notre vigilance nous permet de reconnaître  qui vient... notre Seigneur...

 

Pendant l’Avent nous apprenons à le reconnaître avant tout dans l’Eucharistie et dans notre prochain...

Parce que la venue du Seigneur est très concrète.. est incarnée

Il vient maintenant pendant cette Messe il vient dans un homme que je vais rencontrer quand je partirai de cette église

 

Jean Paul II a dit : «Je veille» cela veut dire aussi : je regarde les autres... Je veille veut dire : amour du prochain ; et encore : solidarité «interhumaine» fondamentale.

 

Seigneur, nous te prions par les paroles d’Isaie :

Reviens, à cause de tes serviteurs, des tribus de ton héritage.
Si tu déchirais les cieux, si tu descendais,
les montagnes seraient ébranlées devant ta face.

Jamais on n’a entendu, jamais on n’a ouï dire,
nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi
agir ainsi pour celui qui l’attend.
Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice,
qui se souvient de toi en suivant tes chemins.

 

Dimanche - 11 octobre - Père Wojtek

 

La parole de Dieu est comme un oignon.

Elle a des couches des significations.

Quand nous entendons l’Évangile d’aujourd’hui d’abord nous pensons au peuple d’Israël qui n’a pas accueilli l’invitation de Dieu, le Père, à la noce de son Fils. 

Nous voyons comment Dieu invite à la place du peuple choisi, le nouveau peuple de toutes les nations.

Nous découvrons aussi dans cet Évangile que nous qui sommes invités par  le Baptême au nouveau peuple de Dieu, ne pouvons pas compter automatiquement sur le salut...

On peut rencontrer souvent des personnes qui disent nous sommes baptisées... nous avons fait  la première communion, la confirmation, notre mariage à l’église... alors nous méritons d’être sauvées..

On peut rencontrer des personnes qui disent ... Dieu m’aime, Dieu m’appelle son ami... est-ce qu’ il peut me rejeter ?

oui, Dieu nous aime c’est pour cela qu’il respecte notre liberté

Il m’a dit qu’il faut avoir le vêtement de noce pour entrer à sa noce éternelle..

et je pourrai entendre un jour :

‘Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?’
‘Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors

Oui... c’est une première couche de l’interprétation de cette parabole dans laquelle Dieu nous invite à être dans la relation avec Lui, Dieu nous invite à la noce de la vie éternelle...

Mais nous pouvons aussi interpréter cette parabole plus précisément en montrant que l’invitation du Seigneur c’est l’invitation à chaque Eucharistie...

Maintenant et ici nous sommes invités à la noce de l’Agneau, au banquet du Fils de Dieu...

Bien sûr... ces significations sont liées entre elles  très fortement...

Chaque Eucharistie est l’annonce de la noce aux Cieux et le commencement du banquet dans l’éternité. Pour Dieu le temps n’existe pas .. Notre temps est attaché à l’éternité. Maintenant et ici nous commençons notre vie éternelle.. pendant cette Eucharistie. C’est très, très évident et concret...

La vie éternelle est la vie dans la communion avec Dieu... alors cette vie éternelle est présente dans ma vie maintenant et ici comme je suis dans la communion avec Dieu...

Cette communion est présente, est incarnée très concrètement pendant chaque Eucharistie... Oui, c’est très concret et logique 

Si je veux vivre éternellement avec Dieu, dans la communion avec Lui et que  maintenant je ne veux pas être dans la communion avec Lui... ce n’est pas logique...

Si je veux vivre  éternellement avec Dieu dans la communion avec Lui et que  maintenant, je ne peux pas consacrer une heure par semaine pour Lui... ce n’est pas logique

Et ma participation à  l’Eucharistie ce n’est pas seulement la proposition de Dieu c’est son commandement... c’est le  commandement de l’Église

C’est une chose très importante..., je vois dans l’Évangile quels sont les  conséquences du rejet de cette invitation 

Nous célébrions il y a deux semaines la commémoration de Saint Padre Pio.. il a dit qu’il considère le manque de participation dans l’Eucharistie  comme l’un des péchés les plus graves.

Je répète... c’est le commandement de Dieu et ... c’est  un commandement de l’Église :  Consacrer une heure par semaine pour participer à l’Eucharistie

J’obtiens, chaque semaine 168 heures de Dieu, il m’a demandé une heure

Bien sûr... il y a beaucoup d’ obstacles objectifs qui nous empêchent d’aller à l’Eucharistie... notre maladie et la maladie de nos proches... le travail que nous devons faire tout le dimanche... les difficultés liées à notre âge...et  aussi désormais  la peur de la  maladie...

mais ce sont des obstacles différents de ceux de l’ Évangile. Elle dit aux personnes qui ne participent pas à la noce du Seigneur parce que l’un va à son champ, l’autre va à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent... alors les invités ont choisi quelque chose d’autre à la place de la noce du Seigneur ou ils n’y sont pas allés parce qu’ils ont rejeté les serviteurs du Seigneur... comme les  gens qui disent : nous n’allons pas à la Messe parce que  le prêtre, l’évêque, le pape... nous dérangent...

Dans quelques semaines nous célébrerons la Fête de la  Toussaint et la commémoration de tous nos défunts...

A cette période  c’est très important de voir la relation entre l’Eucharistie et la vie éternelle.

La Messe est ce moment où nous rencontrons Jésus ressuscité et où nous fortifions notre espérance de la vie éternelle, la Messe est aussi le temps de la rencontre avec nos défunts... et enfin avant tout elle est le commencement de notre participation à la vie... elle est le début de notre communion éternelle avec Jésus.

 

Dimanche - 4 octobre - Père Wojtek

 

Au début du Moyen Age, Dieu a planté sa vigne dans le Pays du Lavedan, dans notre vallée..

Parmi ses serviteurs que Dieu a envoyé à cette vigne était Saint Savin, un patron de notre vallée, dont nous célébrons la Fête au début d’octobre.

Dieu l’a envoyé de Catalogne.

Il a quitté sa mère, qui l’a élevé seule,  et il est parti chez son oncle à Poitiers...

Là – bas, il a formé son cousin et avec lui il a choisi le chemin de la vie dans le monastère de Saint Benoît..

Mais Savin cherchait l’abandon..

Il a quitté   l’abbaye de Saint Martin et il est arrivé dans  notre région...

Il a trouvé une abbatiale dans  un village appelé Villabencer...

En recevant l’accord de l’abbé Forminius il a habité sur le  plateau de Pouey Aspe.

Là – bas il est resté, pendant treize ans, jusqu’à la fin de sa vie.

Nous lisons dans l’Évangile que les serviteurs du Seigneur n’étaient pas bien accueillis par les vignerons..

Mais les vignerons se saisirent des serviteurs,
frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième.
Ce passage nous rappelle un épisode de l’histoire de Saint Savin.

Nous lisons dans la biographie du Saint que l’un des habitants d’Uz ne voulait pas permettre à Savin de puiser de l’eau..

Il a commandé à son serviteur de frapper Saint Savin..

C’est une partie de l’histoire de la source qui jaillissait au dessous de l’ermitage...  

Quand cet homme d’Uz est devenu aveugle et  que son serviteur est devenu un possédé... les gens ont dit que c’était un châtiment...

Saint Savin a prié pour ces personnes... le serviteur a été libéré et aussi son seigneur a été  guéri quand il a touché le corps de Saint Savin après sa mort...

Cet exemple nous rappelle la vie de Saint Paul... qui a persécuté des chrétiens... qui est devenu aveugle et qui s’est converti.

 Si Dieu permet que la souffrance nous touche... il veut par cette expérience nous appeler à la conversion.

Nous célébrons la fête de Saint Savin au début du mois d’Octobre...

C ‘est le commencement de l’année scolaire, de l’année académique...

c’est le début de l’ année de la formation

C’est aussi, le commencement de notre formation personnelle  de chrétiens...

Nous avons recommencé la catéchèse,  l’aumônerie, les rencontres du partage de l’Évangile... etc. Nous avons participe aux pelerinages ....

Oui, vraiment nous avons beaucoup d’activités  ce mois-ci

Et au début de ce mois nous voyons le personnage de Saint Savin qui a consacré toute sa vie à la prière... Il a tout  abandonné  pour prier...

et il faut se rappeler que ce mois, d’Octobre, est consacré dans l’Église à la prière du Rosaire...

Cela nous montre que dans l’activité des chrétiens la prière est à la première place... Les papes nous mettent en garde contre la tentation de l’activisme.. ils nous montrent que notre action doit découler de notre relation avec Dieu...

 Le Cardinal Sarah a écrit que le manque de  prière est une  trahison envers  Jésus... le manque de  prière c’ est entrer dans l’attitude de Judas Iskariote

Au début de l’année scolaire, le 5 septembre, nous célébrons  la commémoration de Sainte Thérèse de Calcutta. Elle était une personne très active... elle a inspiré beaucoup d’œuvres de miséricorde mais ses actions ont découlé d’une vie de prière..

Les soeurs de sa congregation ont dit : Nous sommes des religieuses actives, passant plus de huit heures par jour au travail, cependant cette activité n’aurait aucun sens et ne pourrait pas exister sans notre prière. Pourquoi ? Mère Teresa le répétait : la prière engendre la foi, la foi engendre l’amour et l’amour engendre le service aux pauvres. Et plus nous recevons et nous fortifions dans la prière, plus nous pouvons donner dans la vie active. Prier est une nécessité.

En rédigeant la Constitution des Missionnaires de la Charité, Mère Teresa a voulu mettre l’accent sur l’importance de la prière et a souligné qu’elle est un acte d’amour universel qui relie les hommes entre eux et dans le cœur de Dieu. Selon Mère Teresa, la prière unifie notre vie en nous ramenant à Dieu.

Elle priait sans cesse. Même si elle était fatiguée après un long déplacement ou si elle était malade. Pour elle, les temps de prière, l’adoration, la méditation et la messe étaient les moments les plus importants de la journée. On la voyait marcher d’un pas rapide, son chapelet à la main.

Les sœurs de sa congrégation ont dit : Combien de fois, alors que nous nous rendions compte qu’il n’y avait plus de riz ou d’autre nourriture pour les différentes maisons de Calcutta, Mère Teresa nous disait : « Allons prier ! ». Et effectivement, la situation se dénouait toujours.

Dans ses prières, Mère Teresa se tournait souvent vers Marie. Son chapelet toujours à la main, elle recherchait le soutien de la mère de Jésus. La dévotion à Marie est un des piliers de la spiritualité des Missionnaires de la Charité. Chaque missionnaire possède un chapelet qui ne la quitte jamais, et certaines peuvent évaluer des distances en nombre de chapelets.

Que l’exemple de Saint Savin et de Sainte Thérèse nous permette de realiser nos activités en mesurant nos chemins vers nos proches en nombre de chapelets.

 

Dimanche - 20 septembre - Pere Wojtek

 

Quand et comment le Seigneur nous a -t-il invités à sa vigne ?

Quand nous avons commencé le chemin dans son Église ?

Au début de la journée ? En accueillant notre  baptême étant un  petit enfant... ?

En grandissant  dans la foi dans notre famille ?

En passant par les étapes suivantes de la catéchèse : l’éveil à la  foi, la préparation avant la première communion, la profession de foi...

Ou peut-être le Seigneur nous  a -t-il  appelés à neuf heures ? quand nous étions adolescents...

Pendant la préparation avant la confirmation ou aux rencontres de l’Aumônerie ?

Peut-être  avons  nous commencé notre itinéraire avec Jésus au milieu de la journée... pendant nos  études... sur le seuil de notre vie d’ adultes... ?

Le Seigneur est sorti aussi vers trois heures... cela peut correspondre avec la période de la maturité de notre vie ... Peut être que notre chemin avec Lui a  commencé quand nous avions quarante ans ou cinquante ans...

ou peut-être qu’  à sept heures, à la fin de notre vie, nous avons découvert la relation avec Lui...

Cet Évangile nous invite à regarder notre itinéraire avec Jésus...

Cet Évangile nous permet de  nous poser une question :

Comment ai-je vécu ma relation avec Dieu ? ma foi ?

Comment ai je réalisé ma vocation chrétienne ?

Parmi les employés de la vigne se sont trouvés  ceux qui étaient les premiers...

A la fin de la journée ils récriminaient contre le maître en voyant les derniers :

Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure,
et tu les traites à l’égal de nous,
qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !

Leur attitude, leur situation est vraiment tragique...

Qu’est-ce qu’elle signifie ?

Elle montre qu’ils ont perdu le temps passé dans la vigne.

Ils ont perdu toute leur  vie.. et ils ont seulement écouté : Prends ce qui te revient, et va-t’en..

ils n’ont pas compris ce chemin avec le Seigneur

ils ont gaspillé le temps.. parce que le premier but de ce séjour dans la vigne, le premier but de notre vie chrétienne, ce n’est pas le travail pour Jésus, pour la communauté de l’Église...

le but c’est d’ être près de lui... de vivre avec lui... d’ entrer dans une  relation d’ amour et d’amitié avec lui...

Le séjour dans la vigne, le travail dans la vigne...  devrait servir à faire  grandir cette relation

et aussi le salaire ce n’est pas seulement un denier à la fin de la journée, mais avant tout la possibilité d’ être avec le Seigneur ; sa présence, la relation avec Lui... c’est le salaire maintenant et pour toute l’éternité...

Ces premiers employés, à la fin de leur  travail, disaient :

Combien de choses  avons  nous dû faire... Combien d’ heures ai je  dû consacrer à grandir dans la foi, à prier, à aller à l’Église... 

Combien d’ efforts ai je  dû faire pour accomplir les commandements de Dieu... et les autres – ils ont commencé à s’engager à leur  retraite... et ils recevront la même gratification pour leur  vie ?

Tout était pour eux le poids du jour et la chaleur qu’il fallait endurer... ils n’ont pas écouté : Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. ... Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger.

 

S’ils découvraient la relation avec Jésus ils ne regretteraient pas le temps passé dans leur  vie... et ils seraient heureux que les autres aient rencontré  le Seigneur à midi, à trois heures ou à cinq heures..

J’ai   souvent parlé  avec des personnes qui ont commencé leur  chemin à la fin de leur vie, pendant leur  retraite, ils ont vraiment regretté d’avoir perdu du  temps, de ne pas avoir  rencontré Jésus plus tôt...

Ils ont regretté qu’il n’ait  pas été présent dans leur vie depuis l’enfance, dans la période de l’adolescence, au début de  leur mariage...

Et nous, où sommes –nous ? Quel est  notre état d’ esprit ?

Nous sommes dans la vigne du Seigneur... est-ce que  nous sommes  pleins de joie, de  reconnaissance...

Est-ce que la vie dans la communauté de l’Église nous donne le bonheur

Si non... peut-être  est-il bon de réfléchir à ce  pourquoi je travaille dans la vigne de Jésus ?

Quel est mon but ? Est-ce que je n’ai pas perdu toute  relation avec Lui ?

Alors... Cherchez le Seigneur

Il est proche... il se laisse trouver ...

Prenez sur vous son joug, devenez ses disciples, car il est doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme.

 

Dimanche - 6 septembre - Pere Wojtek

 

Jésus est là quand deux ou trois sont réunis en son nom

Jésus est parmi nous...

C’est le mystère de l’Église dans laquelle nous sommes le Corps du Christ..

Il est la tête du corps et nous sommes les membres de ce corps...

Dans cette image de l’Église,  nous sommes tous unis, entre nous .

Nous dépendons tous les uns des autres.

Nous sommes réunis par l’amour qui est l’accomplissement de la loi

Et dans cet esprit nous voulons relire et essayer de comprendre l’Évangile d’aujourd’hui...

Il  nous a dit :

Si ton frère a commis un péché contre toi,
va lui faire des reproches seul à seul.
S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.
S’il ne t’écoute pas,
prends en plus avec toi une ou deux personnes
afin que toute l’affaire soit réglée
sur la parole de deux ou trois témoins.
S’il refuse de les écouter,
dis-le à l’assemblée de l’Église...

Cet Évangile nous montre une importante dimension de l’unité entre nous

Il nous appelle a être responsable pour notre frère et notre sœur..

Cet Évangile nous dit que la vie de mon prochain n’est pas seulement sa chose privée

Imaginons ... que dans l’Église, nous sommes comme cette bouteille d’eau et  que chacun de nous soit une goutte de cette eau...

De chacune des gouttes de l’eau dans cette bouteille dépend si cette eau sera pure... sera potable..

Maintenant elle est potable...

Mais si je prends une goutte d’eau sale,  une goutte de purin et que j’ ajoute cette goutte dans  cette bouteille... est-ce que cette eau sera encore pure ? est-ce que je boirais cette eau... et Vous ?

L’eau dans la bouteille semble pure mais nous savons qu’elle n’est plus  potable..

La pureté de l’eau dans cette bouteille dépend de chaque goutte d’eau...

Pareillement dans l’Église

La sainteté de l’Église dépend de chacun de nous..

Si je ne prie pas ... toute l’Église est moins priante...

Si je ne suis pas sensible aux problèmes des malades, des affamés, des solitaires ,

toute l’ Eglise est moins sensible...

Si je trahis mon épouse ou mon époux, toute l’Église est moins fidèle...

Si je ne participe pas à l’Eucharistie, toute l’Église est moins unie avec le Christ..

Si je garde dans mon cœur de la jalousie, de  la haine, de  l’indifférence, toute  l’Église est moins aimante..

Si je ne purifie pas mon cœur dans le sacrement du pardon, toute  l’Église est plus sale...

L’Évangile d’aujourd’hui nous dit que le péché de notre prochain ce n’est pas seulement son péché personnel...

Dans l’Église nous sommes responsables pour les autres et ils sont responsables pour nous... et tous ensemble nous sommes responsables de la sainteté de toute l’Église...

Cet Évangile fait remarquer encore une chose

La sainteté de ma communauté est affaiblie non seulement par les péchés publics, manifestes , mais aussi par les péchés privés, cachés...

Personne ne sait que je pêche mais ce péché affaiblit la communauté... ce péché a de  l’influence sur la sainteté de l’Église...

C’est vrai, des péchés publics causent aussi un scandale.. une démoralisation..

surtout les péchés des personnes qui sont responsables pour la communauté..

mais la sainteté de l’Église est diminuée aussi par des fautes cachées..

Comment cela marche ?

Retournons à notre exemple... si je sais que dans cette  bouteille il y a de l’eau sale...

je ne veux pas la boire... je la renverse ... je la rejette..

Si je ne sais pas qu’elle est sale, si je ne vois pas qu’elle est sale, cela ne change pas le fait qu’ elle est sale...

La responsabilité pour nous –mêmes dans la communauté, pour mon frère pour ma sœur... nous appelle à faire des reproches ...

Et il ne s’agit pas d’une idée de  pureté..

La sainteté ce n’est pas seulement une idée, c’est notre vie, c’est l’amour et l’unité entre nous, c’est notre salut

Quand nous sommes appelés à faire des reproches à nos frères et sœurs  il s’agit de leur salut...  je veux gagner mon frère... .et il s’agit aussi de notre salut...

Ce n’est pas  indifférent si je réagis ou non en voyant le mal dans ma communauté...

Saint Jaques a écrit dans sa lettre :

Mes frères, si l’un de vous s’égare loin de la vérité et qu’un autre l’y ramène,

alors, sachez-le : celui qui ramène un pécheur du chemin où il s’égarait sauvera son âme de la mort et couvrira une multitude de péchés.

 

Comment faire des reproches ?

Jésus nous indique le chemin dans l’Évangile :

d’abord seul à seul, après avec  une ou deux personnes, et enfin dans l’assemblée de l’Église

Mais si on fait des reproches il est bon de  se rappeler que cette méthode exige aussi une attitude concrète

Le  pape François, en commentant cet Évangile, a dit que l’amour du prochain, l’amour de la communauté devrait être le motif des reproches...

après il faut le faire dans la vérité... qui nous protège contre l’hypocrisie en se  rappelant la parole de Dieu :

Tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ?

Et il faut le faire avec humilité, en me  souvenant que je suis pécheurs moi  aussi...

Soyons responsables pour les autres avec amour et de l’amour...

Soyons responsables pour la sainteté de notre communauté..

 

Dimanche 28 juin - Père Wojtek

 

Qui a trouvé sa vie la perdra ;
qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera.

Qu’est-ce que  ma vie ?

Quelle vie je cherche ? ?

Est-ce que j’ai trouvé ma vie ?

Est-ce que trouver sa vie cela veut dire être content de sa vie, être satisfait de son existence ?

Dans le monde, aussi la foi et la religion sont comprises, de plus en plus, comme le moyen pour retrouver une auto – satisfaction...

Mais à quel moment puis-je dire que je suis satisfait complètement?

Quand je ne devrai pas m’inquiéter de l’argent ?

Quand je me réjouirai  de ma bonne santé ?

Quand je pourrai réaliser mes projets et mes désirs ?

Quand je visiterai le monde entier ? je sauterai en  parachute, j’atteindrai le sommet du Mont Everest ?

Quand j’obtiendrai le succès dans le travail ou j’atteindrai la paix ?

Quand j’aimerai et je serai aimé ?

Je voudrais réaliser tous ces désirs et encore plus... mais quand je rassasierai un désir, viendra le suivant...

ou, peut-être, ai-je trouvé ma vie quand j’ai découvert que toutes ces choses , je devrai les perdre un jour ?

Vous connaissez le livre de Michel Quoist : Parle-moi d’amour..

C’est un livre sur la recherche de l’amour...

Un homme vient au Sage et lui dit ...

Je veux vivre....

Et le Sage répond : Il ne s’agit pas de vivre mais d’aimer...

Écoute– dit le Sage – tes faims et tes soifs t’égarent, en même temps qu’elles t’obsèdent. Tu ne pourras jamais les satisfaire... Car ces faims ne sont pas les vraies faims... Le désir le plus profond au cœur de l’homme , de tout homme, bien avant le désir de vivre, c’est le désir d’aimer et d’être aimé... Là est la vraie faim de l’homme...

La vie est un fleuve, et non pas une source ! Et toi...

Tu plonges dans le fleuve, en lui tu te tournes et te retournes mais le fleuve coule sous ton ventre, il échappe à tes bras...

De tes mains avides, tu tentes d’en saisir l’eau vive mais tu n’en retiens rien

Car les gouttes rebelles filent entre tes doigts serrés et rejoignent en courant, leurs sœurs qui s’éloignent

Quelquefois tu bondis sur la rive sauvage, séduit par une fleur aux couleurs de feux,

Mais quand fatigué tu regagnes ton fleuve, c’est pour découvrir,... qu’il est parti sans toi... et que ta fleur est morte

Si tu t’arrêtes enfin au beau mitan de l’eau, pour contempler ton fleuve et tenter d’en percer le mystère

Tu le vois couler, et puis couler toujours, mais tu n’apprends rien de lui, car tu ignores encore et sa Source et sa Mer...

Ainsi  la vie... Si elle coule en toi, en moi, en toute l’humanité, c’est qu’elle est fille de Source...

Si tu veux vivre, ne retiens pas ta vie, pour toi, elle doit caresser d’autres rives, irriguer d’autres terres. Toi, cours à la Source !

La vie tu la perdras si tu veux pour toi la garder , et dans ton cœur pour en jouir, l’enfermer

Mais tu la trouveras si , à cause de la Source tu acceptes de la perdre...

Perdre ma vie ! – répond l’ homme – mais je ne veux pas mourir !

Qui tu parles de mort, je te parle de vie ! – répond le Sage

Un jour tu comprendras que mourir n’est pas cesser de vivre, mais bien cesser d’aimer...

Oui... Nous découvrons dans l’Évangile d’aujourd’hui que notre Source est Dieu qui est Amour et notre Mer est Dieu qui est Amour...

Il nous a crées à son image c ;est pour cela que notre vie est le désir d’aimer et d’être aimer...

Il nous crées à son image, l’image de l’Amour infini...

C ‘est pour cela que dans notre vie il ne s’ agit  pas de n’importe quel  amour...

Nous désirons l ’amour infini... nous sommes dignes de  l’amour infini...

C’est ce que signifient les paroles de Jésus....

Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi
n’est pas digne de moi ;
celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi
n’est pas digne de moi ....

Je suis appelé à aimer mon père, ma mère, mes enfants (encore ?) plus ... comme Dieu nous aime..
 

Mais ce n’est pas facile...

Le chemin vers cet Amour passe par la croix.... et par la mort

Jésus nous a dit aujourd’hui

qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.

Le chemin avec la croix mène à Golgotha... mène à la mort...

Jésus a pris la croix pour mourir sur elle ...

C’est le sens de notre baptême, de notre foi, de notre vie chrétienne... mourir avec Jésus... c’est la vie pascale – le passage de la mort à la vie

Nous avons entendu les paroles de Saint Paul :

Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus,
c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême.
Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort,
nous avons été mis au tombeau avec lui,
c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi,
comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père,
est ressuscité d’entre les morts.

Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ,
nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.

De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché,
mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.

Le chemin vers la vie passe par la mort du pêché, de notre pêché...

Quand nous réfléchissons bien... nous voyons que notre croix ce sont, avant tout, nos pêchés et  les conséquences de nos pêchés et les pêchés des autres...

La décision de prendre cette croix en  suivant Jésus,et le chemin avec cette croix au Golgotha pour mourir pour le pêché, cela  nous purifie... nous libère du pêché... nous libère de notre égoïsme..  nous apprend à aimer...

Cela veut dire se décider à perdre sa vie... accepter sa croix et aller mourir  avec Jésus

 

Dimanche 21 Juin 2020 à Argeles : l’homélie

Bonne fête des pères. A l’issue de la messe et avant la bénédiction finale, je dirai une prière spéciale pour les pères et aussi pour les mères.

Cette messe est dite à leur intention. Que Dieu les bénisse et les assite dans leur délicate vocation de co-responsable de leur famille Eglise domestique. Une pensée spéciale aux pères rappelés à Dieu.

HOMELIE DE CE DIMANCHE : De la peur des hommes à la confiance en Dieu Vainqueur de tout mal et de la mort.

L’homme qui a peur est déjà défait et vaincu, car il est sans défense, il ne croit pas en sa capacité à vaincre l’ennemi. Et l’ennemi peut être tout autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de lui. Ces deux espèces d’ennemis sont dans la vie du prophète Jérémie (1ère lecture).

1-NE PAS AVOIR PEUR DES ENNEMIS (Jr 20, 10-13) Dans ce passage du prophète Jérémie, qui n’est rien d’autre que son autobiographie, le prophète se présente comme un véritable paradoxe.  Sa vie et sa raison d’être, c’est Dieu. Et la fidélité à ce Dieu est la source de ses malheurs. Malgré les persécutions de ses ennemis, Jérémie surmonte son découragement et proclame son indéfectible confiance en son Dieu qui le sauvera. Pour avoir assumé la mission que Dieu lui a confiée, à savoir, annoncer à ses compatriotes le châtiment de l’exil qui va s’abattre sur eux à cause de leurs infidélités, il est pris à partie, persécuté, accablé de railleries, jeté en prison et condamné à mort. Il est angoissé, écartelé entre les exigences de la mission à lui confiée par Dieu et l’attachement à son pays. Le prophète Jérémie va surmonter sa crainte, en espérant que Dieu est avec lui, et surtout en mettant sa confiance en ce Dieu fidèle. C’est pourquoi, d’avance, il lui rend grâce.

Chacun de nous a sa mission. Chacune de nous a sa vocation.  Et nous participons tous ensemble à la mission du Christ confiée à notre famille « église domestique », à notre communauté paroissiale, diocésaine ou à l’Eglise universelle. Mais dans l’accomplissement de toute mission il y aura toujours des ennemis. Il aura toujours des persécuteurs.

Jérémie nous enseigne que, qu’il s’agisse des ennemis que nous portons en nous, ou de ceux du dehors, nous devons faire confiance en Dieu, savoir nous remettre entre ses mains, car c’est lorsque nous comptons sur sa force, que nous sommes assurés de la victoire.

2-NE PAS AVOIR PEUR DE LA MORT (Rm 5, 12-15) Dans cette lettre de Saint Paul à la communauté chrétienne de Rome, Paul dénonce vigoureusement la puissance de mort qui ravage et détruit l’humanité. Il met en relief la solidarité que nous partageons avec le Christ, lui qui a vaincu la mort en nous donnant la grâce et la vie. Nous n’avons donc pas à avoir peur de la mort ; nous sommes vivants dans Celui qui l’a vaincue. Les dons que Jésus nous faits ont plus de valeur et de force que le péché qui entraîne la mort. Saint Paul nous invite à ne pas rechercher notre salut en dehors de Dieu, comme a eu à le faire Adam, mais plutôt, à le recevoir de Dieu dans le Christ.

3-NE PAS AVOIR PEUR DE TÉMOIGNER DE LA FOI (Mt 10, 26-33) Et le disciple du Christ est invité à affronter tous ses ennemis, grâce à son Maître qui est vainqueur de tout.

 Dans le discours « apostolique » de Jésus, rapporté par Matthieu, nous prenons connaissance des recommandations relatives à l’envoi en mission des apôtres. Déjà au temps où il écrivait cet évangile, l’Église vivait la persécution. Et pour lui, les persécuteurs n’auront pas le dernier mot, car la victoire appartient au Dieu de vérité. C’est pourquoi Jésus invite ses apôtres et nous avec eux à avoir le courage de témoigner de la foi, le courage d’aller en mission, quelles que soient leurs difficultés et même les hostilités que nous pouvons rencontrer. La première cellule de l’Eglise est la famille. Les pères et mères sont les premiers missionnaires de l’Eglise domestique. En ce jour de la fête des pères, prions pour qu’ils assument sans peur toute leur responsabilité.

 Il est incontestable que l’annonce de l’Évangile suscite des contradictions, des hostilités et même des persécutions, mais rien ne saurait nous décourager, ni paralyser notre élan et notre zèle missionnaires, car Dieu n’abandonne pas les siens qui lui font confiance. La victoire est certaine à condition de rester fidèle et de mettre sa confiance en Dieu. Faisons-lui confiance et acceptons fidèlement de témoigner de notre foi, en vivant en disciples du Maître qui est sorti vainqueur même de la mort.

             Koffi Dorothée Jean HAMAOUZO, curé

 

Dimanche - 21 juin - Pere Wojtek

 

Aujourd’hui à Saint Savin quelques jeunes se sont préparés avant la profession de foi que nous allons célébrer demain.

Dans leurs vies se réalisent ces paroles de l’Évangile :

Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes,
moi aussi je me déclarerai pour lui
devant mon Père qui est aux cieux.

La profession de foi n’est pas seulement un  acte très personnel entre Dieu et nous.

elle est aussi un acte public..

Jésus nous appelle à la profession de foi publiquement...

celui qui me reniera devant les hommes,
moi aussi je le renierai
devant mon Père qui est aux cieux
 

Il exige de nous ce témoignage envers nos proches à l’extérieur

Cette confession de foi est devenue notre mission, avant tout, après la confirmation quand nous avons reçu les dons de l’Esprit Saint pour être les témoins du Christ.

Il y a beaucoup de pays où le système politique et des idéologies différentes essaient d’enfermer la foi dans l’espace privé... 

Par exemple dans mon pays, à  l’époque du communisme, l’état a essayé de limiter la liberté de la confession de foi...

D’abord les communistes ont lutté contre la foi... après ils ont compris que ce n’était pas efficace... ils ont constaté  qu’on peut permettre de croire mais qu’il faut convaincre les gens que la foi est seulement une réalité privée...

nous avons dit qu’ on essaie d’enfermer la foi dans la sacristie...

Peut-être, grâce à ces limites du système politique et idéologique, les croyants dans les pays de l’Est, n’ont pas permis de se convaincre qu’il faut réduire la foi à l’espace privé...

Je rappelle le témoignage des jeunes qui sont arrivés du Canada pour les JMJ à Cracovie.

Ils ont dit qu’ils étaient étonnés que l’on puisse exprimer sa foi publiquement...

on peut dire publiquement que l’on est croyant

on peut porter la croix à l’extérieur

on peut trouver les signes de la foi dans l’espace publique et on peut y exprimer sa foi ouvertement

on peut présenter l’enseignement de l’Église dans l’espace publique.. par exemple l’enseignement par rapport à la défense de la vie, par rapport à des idéologies différentes qui veulent redéfinir le mariage, la famille... etc.

Il n y a pas de censure idéologique sur Internet et dans les autres médias

Si vous entendez que la liberté de  parole, la liberté des rassemblements, la démocratie sont limitées, dans les pays de l’Est, c’est complètement le contraire...

Au moins, je peux le dire consciemment par rapport à mon pays...

Alors...

Ne permettons pas d’enfermer notre foi dans l’ espace privé...

Nous recevons les dons de l’Esprit Saint qui nous rendent capable de rendre un témoignage...

Nous participons à l’Eucharistie qui nous envoie... à l’extérieur... pour proclamer notre foi..

Saint Jean Paul II a dit que l’Eucharistie nous apprend à donner ce témoignage :

Les chrétiens puissent s'engager avec plus de force pour témoigner de la présence de Dieu dans le monde! N'ayons pas peur de parler de Dieu et de porter la tête haute les signes de la foi. La «culture de l'Eucharistie» promeut une culture du dialogue et donne à cette dernière force et nourriture. On se trompe lorsqu'on pense que la référence publique à la foi peut porter atteinte à la juste autonomie de l'État et des Institutions civiles, ou bien que cela peut même encourager des attitudes d'intolérance. Si historiquement des erreurs en la matière n'ont pas manqué, même chez les croyants, comme j'ai eu l'occasion de le reconnaître lors du Jubilé, cela ne doit pas être porté au compte des «racines chrétiennes», mais de l'incohérence des chrétiens en ce qui a trait à leurs racines. Celui qui apprend à dire «merci» à la manière du Christ crucifié pourra être un martyr, mais il ne sera jamais un bourreau.

Oui... notre témoignage qui découle de la vraie rencontre avec Jésus peut nous exposer à la persécution mais il ne fait pas de nous un bourreau.

Alors...

Ne craignez pas les hommes ;
rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,
rien n’est caché qui ne sera connu.

Ne craignez pas ceux qui tuent le corps
sans pouvoir tuer l’âme ;
craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne
l’âme aussi bien que le corps.
 

DIMANCHE DE PENTECOTE 2020

HOMELIE de Koffi Dorothée Jean HAMAOUZO

 

La pentecôte inaugure la naissance de l’Eglise missionnaire.  Une Eglise en sortie. Une Eglise de-confinée dirions-nous aujourd’hui. Une Eglise unit et ouverte à tout homme et à tout l’homme.

Le Saint Esprit insuffle à l’Eglise deux dynamiques.

La première grâce de Pentecôte est l’organisation interne des services pour l’unité de la communauté avec la grâce du Saint Esprit pour le bien de tous.

La deuxième grâce est l’appel à sortir pour la mission universelle.

Quelles leçons en tirer pour notre communauté aujourd’hui ?

La communité de Corinthe connaissait de graves problèmes de division en son sein et des jeux d’influence en son sein. St Paul leur propose alors comme devise «Liberté-Egalité-Fraternité ».

Saint Paul dénonce toutes les considérations de hiérarchie.

Saint Paul réfute toutes considérations de supériorité.

Il refuse aussi tout complexe d’infériorité.

Juifs ou païens, esclave ou hommes libres, tous sont égaux aux yeux de Dieux.

Partant de cela, nos distinctions humaines ne comptent plus. Qu’est-ce qui nous unit alors ? Qui nous rend alors égaux ?  C’est bien le Saint Esprit.

Désormais une seule chose compte : notre baptême dans l’unique Esprit Saint.

Une seule chose compte : notre participation au corps unique du Christ.

Nos vues humaines ne sont plus de mises.

Dans une telle logique, pas de place au racisme ! Le racisme est un contre témoignage et ne devrait pas exister dans l’Eglise.

A lire de près la lettre de Saint Paul, pour les Corinthiens, les causes des divisions tenaient surtout à l’origine des membres de la communauté.

On y distinguait donc les juifs des païens, les esclaves des hommes libres etc

Les vues de Dieu ne sont pas les nôtres. Nos vue et nos regards les uns sur les autres ne se sont pas toujours le regard de Dieu ni ses vues.

D’ailleurs, vous le savez tous, « on ne voit mieux qu’avec les yeux du cœur. L’essentiel est invisible à nos yeux ». Le petit Prince de Saint Exupéry. Voir avec les yeux du cœur c’est regader avec amour et avec bienveillance.

Je veux bien croire que les problèmes de la communauté de Corinthe ne sont pas tout fait les nôtres aujourd’hui.

Mais dans notre monde d’aujourd’hui, et peut-être aussi dans nos assemblées, les problèmes d’origine sociale ou raciale ne sont pas complètement exclus, ni entièrement résolus. Ça peut ressurgir à tout moment si nous ne faisons pas attention et ne fassions preuve de tolérance et d’acceptation de l’autre en qu’autre dans toutes les richesses de son altérité !

Aux problèmes de différenciation basée sur les origines sociales et raciales s’ajoute bien souvent, malheureusement la difficulté de vivre sereinement unis ensemble et de trouver chacun notre juste place dans l’assemblée des fidèles du Christ aujourd’hui.

L’Eglise du Christ est pourtant le lieu par excellence ou l’on apprend à ne plus penser en termes de supériorité, de hiérarchie, d’avancement, d’honneur. Autant de comportements qui minaient la communauté de Corinthe et qui pourraient aussi nous diviser si nous ne prenions garde.

Dans l’Eglise voulue par le Christ, une nomination pour un service n’est pas un avancement.

Une nomination n’est pas non plus une rétrogradation ni une dégradation.

Un service dans l’Eglise n’est pas un pouvoir ni une prise de pouvoir.

Toute nomination est un toujours service à rendre pour le bien de tous.

Et les services dans l’Eglise devraient tourner.

 La communion nous disait Mgr Brouwet le 14 septembre à ma présentation à vous, « la communion c’est de donner une place à chacun et veiller à ce que les fonctions tournent pour donner de l’air, de la respiration à toute la communauté. Une communauté vivante est une communauté dans laquelle les responsabilités tournent. Chacun doit y veiller. Sinon c’est un tout petit groupe qui détient tout et la paroisse s’endort et s’étouffe… »

 J’en profite pour demander à tous ceux qui voudraient rendre tel ou tel service dans notre ensemble paroissial de me contacter personnellement et directement. Il y en a qui le font déjà. Le champ du Seigneur est ouvert à tout le monde et il y a de place pour tout le monde.

L’Eglise est comme une foule innombrable des personnes, serrée autour de QUELQU’UN qu’on appelle Jésus et intimement liée à lui et à lui seul. On y fait pour quelqu’un encore moins contre qui que ce soit. Chacun y vit sa mission pour Jésus avec les autres, selon la grâce reçue du Saint Esprit pour le bien de tous.

C’est justement ce que nous fait comprendre Saint Paul en dimanche de Pentecôte. Il nous donne une autre image de l’église. L’Eglise est le corps du Christ. Il y donc une identité ontologique entre le Christ et chacun de nous. Entre le Christ et tous les hommes ensemble, sans distinction aucune.

Le Christ est la tête du corps, nous sommes les membres.

Nous sommes tous égaux dans le Christ malgré nos différences sociales ou culturelles. Ces diversités ont leur importance et devraient constituer des richesses.

C’est Justement le message de la deuxième lecture. Saint Paul nous dit que nos diversités sont des cadeaux. Elles sont des dons. Il emploie exprès à plusieurs reprises le mot DON.

Les dons de la grâce sont variés…Les fonctions dans l’Eglise sont variées….        Les activités dans l’Eglise sont variées… Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit pour le bien de tous.

Malheureusement, ce sont nos diversités qui quelques fois nous font souffrir. Le monde est comme en l’envers. Ce qui constitue une chance, est parfois perçu comme une malchance.

Saint Paul, en dimanche de la Pentecôte nous invite à nous réjouir de nos diversités comme des richesses données par l’Esprit de Pentecôte.

Ce sont nos diversités, donc nos richesses, qui bâtiront notre unité.

C’est là, le message principal de la Pentecôte.

La deuxième dynamique que le Saint Esprit insuffle dans toute communauté est l’ouverture aux autres pour la mission universelle. Sortir. Aller vers les autres sans distinction et discrimination. Se rendre accueillante. Je crois en une paroisse ouverte. Ouverte pour que les fidèles sortent. Ouvertes pour que tout le monde puisse y entrer et se sentir chez soi dans l’Eglise.

En effet à Pentecôte le cours de l’histoire a été transformée. Les disciples et les apôtres étaient extrêmement timides. Ils s’étaient même enfermés dans une maison. Ils étaient enfermés et renfermés sur eux-mêmes. Il a fallu la force de l’Esprit Saint pour les sortir d’eux-mêmes. L’Eglise est née dans une ouverture aux autres. Une naissance hors confinements. Elle est allée tout de suite à la rencontre des hommes de toutes races, langues et cultures.

Remplis de la force du Saint Esprit, les apôtres annoncent avec fougue la bonne Nouvelle aux juifs de Jérusalem originaires de toutes les nations.

Dans la première lecture, nous avons le récit de la première Pentecôte. Le récit d’une Eglise née missionnaire, Une Eglise née envoyée.

Et dans l’évangile c’est Jésus Ressuscité qui nous donne l’Esprit Saint et nous envoie. Il nous demande de sortir, d’aller…

Tout baptisé est un envoyé. Nous recevons le saint Esprit pour être envoyé vers les autres. De même que le Père a envoyé son fils, le fils nous donne son esprit et nous envoie en mission.

A Pentecôte la première assemblée était une foule composé de Parthes, de Mèdes, Elamites, habitants de Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d’Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l’Egypte et de la Lybie proche de Cyrène (il y avait aussi des africains à Pentecôte) de juifs, des crétois et  Il y avaient des Romain, et la première lecture mentionne même la présence des Arabes.

L’Eglise a toujours été une grande famille des hommes de toutes origines.

Que retenir du message de la fête de ce dimanche pour nous.

Unité avec nos diversités, vues comme richesses. Ouverture à tous les autres hommes sans distinction aucune.  C’est un pari.

Nous pouvons le gagner grâce à l’Esprit saint qui nous est donné. Il est l’Esprit d’Amour. Amour qui unit le Père et le Fils. Le Saint Esprit lance des ponts entre tous les hommes.

Mes frères et mes sœurs de notre ensemble paroissial, puissions-nous nous laisser embrasser du feu de l’Amour du Saint Esprit pour la gloire de Dieu et le salut de tous les hommes. Amen.

Envoie ton Esprit Seigneur, et tout sera créé. Il renouvellera la face de la terre.

Bonne fête de Pentecôte à vous. Bonne semaine.

Bonne préparation à la fête de la Sainte Trinité dimanche prochain.

Bonne préparation à la fête des mères.

 

Koffi Dorothée Jean HAMAOUZO, curé de l’ensemble paroissial Argeles Saint Savin

31 Mai 2020

 

Homelies pour la Pentecote - Pere Wojtek

 

Une homelie de la veillée

 

Est-ce que vous voulez  accueillir l’Esprit Saint aujourd’hui, ce soir ?

Jésus nous a parlé de ce qu’il faut faire pour le recevoir...

D’abord il faut vouloir... il faut avoir soif... le désir de l’Esprit Saint...

Cette  soif se réveille en nous quand nous connaissons l’Esprit Saint

Quand nous découvrons que nous en avons besoin..

L’Esprit Saint est une personne

Le soif de l’Esprit Saint se réveille en nous quand nous entrons dans la relation avec Lui... quand il devient notre ami.

En découvrant l’Esprit Saint nous prions en même temps pour que Dieu réveille en nous le désir de l’Esprit Saint

Si nous avons soif l’Esprit Saint suffit pour venir à Jésus et demander l’Esprit Saint...

La deuxième condition est la foi en Jésus...

La foi qu’il peut nous donner son Esprit

Alors c’est simple... vouloir, venir et  demander

C’est tellement simple que c’est pour cela que c’est si difficile...  pour un homme qui est orgueilleux, qui pense qu’il a tout ce dont il  a besoin... qui pense qu’il est autosuffisant...

Mais pour des cœurs simples, humbles, ouverts.. c’est facile...

vouloir, venir et demander

et Dieu nous donne son Esprit maintenant, pendant cette Eucharistie parce qu’ il ne refuse pas les demandes de ses enfants quand ils lui demandent...

 

 

Une homélie pour le jour de la Pentecôte

 

Au début de cette réflexion je voudrais rappeler le personnage de l’ évêque africain – Saint Cyprien. Immédiatement après sa conversion au christianisme à l'âge de 35 ans,, Cyprien - non sans être envié et en dépit des résistances - fut élu à la dignité d’évêque de Carthage.

Pendant son service Cyprien doit supporter beaucoup de difficultés : la peste (pendant cette maladie l’évêque a organisé l’aide pour les païens), des persécutions terribles ratifiées par des édits des empereurs Dèce et Valérien et les divisions dans l’église qui étaient la conséquence des persécutions.

Pendant ces persécutions beaucoup de chrétiens ont renié leur  foi, les autres, mème si les persécutions étaient terribles, sont restés dans l’Église.

Certains ont dénoncé leurs  voisins ; plusieurs ont accepté des édits des empereurs et les autres non.. Cela a provoqué des divisions...

Et qu’est-ce que Cyprien a proposé pour sortir de cette situation?

Il a montré des chemins de la réconciliation avec Dieu et après avec la communauté... il est l’évêque qui montre des chemins vers l’unité

Aujourd’hui, au jour de la Pentecôte Dieu nous appelle à l’unité...

Là ou est l’Esprit Saint là est l’unité...

C’est le signe de sa présence et de son action...

L’unité dans l’Esprit Saint et la paix de Dieu viennent par l’acceptation de nos faiblesses et par la réconciliation.

Quand Jésus donne son Esprit, il dit :

« Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Dans cette période difficile, le temps où  nous avons lutté contre l’épidémie,  nous avons éprouvé beaucoup des signes de l’unité.

Nous rendons grâce à Dieu pour ces signes de l’unité

Personnellement je rends grâce à Dieu pour notre travail dans l’unité avec Père Dorothée pendant ce temps pascal, pendant le temps du dé confinement..

Mais aussi nous sommes conscients que chaque période difficile est liée aux blessures et aux divisions...

C’est pour cela que  l’ouverture, le pardon et la réconciliation sont vraiment très importants..

Dans le temps pascal l’Église nous appelle à la réconciliation avec Dieu par le sacrement du pardon... le temps pascal se terminera dans une semaine par la Fête de la Sainte Trinité c’est pour cela que nous voulons vous donner la possibilité de la réconciliation avec Dieu pendant cette semaine et les semaines suivantes..

Nous avons déjà cette possibilité du sacrement du pardon au sanctuaire à Lourdes

Profitons de ce temps de la grâce...

Les rameaux que nous allons bénir dans une semaine sont le signe de la victoire de Jésus contre le péché et contre la mort...

et notre sacrement de la réconciliation, notre confession sont le signe de cette victoire de Jésus contre le péché et la mort dans notre vie..

Saint Cyprien est l’apôtre de l’unité de l’Église aussi par la démonstration  de l’intégralité de notre foi...

C’était caractéristique pour les pères de l’Église des premiers siècles car ils ont vu notre foi chrétienne dans son unité et ils ont étés capables de nous montrer la synthèse de notre foi...

Le monde aujourd’hui, est fragmenté, est dispersé... les sciences sont très fragmentées, spécialisées... c’est difficile de trouver quelqu’un qui sait montrer l’image intégrale du monde...

et cela peut créer la tendance que nous voudrions choisir dans notre foi les éléments qui nous conviennent ... et l nous évitons  les autres...

La valeur de la foi est liée à son unité et son intégralité...

Dans l’unité de notre foi se révèlent sa vérité, son authenticité...

L’Esprit Saint vient chez nous pour nous révéler la vérité et toute la vérité

Et nous rendre capables d’accepter  la plénitude de notre foi...

Cela s’exprime par exemple dans les paroles de Saint Cyprien :

"celui qui n'a pas l’Église comme mère ne peut pas avoir Dieu comme Père"...

Saint Cyprien voit une caractéristique incontournable de l’Église dans l'unité, symbolisée par la tunique sans coutures du Christ : une unité dont il dit qu'elle trouve son fondement en Pierre et sa parfaite réalisation dans l'Eucharistie.

C’est le dernier élément d’enseignement de Saint Cyprien dont je voudrais parler...

L’unité a sa parfaite réalisation dans l'Eucharistie...

Le temps de confinement a été difficile parce que nous n’avons pas pu participer à l’Eucharistie...

Grace à cette période plusieurs ont pu découvrir la valeur de l’Eucharistie ; ils ont pu ressentir la soif de l’Eucharistie...

mais les autres, en essayant de vivre leur  foi sans la possibilité de la participation à  la Messe, ont pu perdre le sens profond de ce sacrement.

Ce serait quelque chose contre l’intégralité de notre foi que dans l’Eucharistie on ne voit pas  le sommet et la source de notre vie chrétienne...

Dans l’Eucharistie se révèle l’intégralité de  notre foi et l’unité entre nous...

C’est pour cela que , dans un moment, nous prierons :

Dieu notre Père, réponds à notre attente, souviens-toi de la promesse de ton Fils : que l’Esprit Saint nous fasse pénétrer plus avant dans l’intelligence du mystère eucharistique et nous ouvre à la vérité tout entière. Par Jésus… — Amen.

C’est le don de l’Esprit Saint dont nous avons besoin aujourd’hui...

La découverte du mystère de l’Eucharistie...

Dans ce mystère tout  s’unit ...

Nous nous unissons avec Dieu par Jésus dans l’Esprit Saint et nous nous unissons entre nous en construissant la communauté de l’Église...

 

 

DIMANCHE 24 MAI A ARGELES :

 INTERVENTION DU CURE ET SON HOMELIE

 

Enfin la joie des retrouvailles. Merci à Dieu. Soyez les bienvenues.

Reprise progressive de nos célébrations avec assemblée de fidèles.

Une pensée pour toutes les victimes de la pandémie. Cette messe est à leur intention.

Une pensée pour les victimes collatérales.

Pour tous ceux qui continuent à en en souffrir ;

Une pensée pour toutes les personnes encore confinées.

Merci à toutes les personnes qui se sont dévouées et se sont sacrifiées pour soigner.

Merci à ceux qui ont maintenu la communion spirituelle, morale et matérielle et la communication missionnaire sur les réseaux sociaux au sein de notre communauté.

Merci à tous ceux qui ont œuvré de jour comme de nuit pour notre premier accueil ce matin dans cette Eglise Saint Saturnin d’Argeles par la mise en œuvre minutieuse et attentionnée des règles de distanciation sociale et de toutes les mesures sanitaires indispensables.

Merci à tous les services qui vont reprendre progressivement leurs activités dès ce jour.

La reprise sera progressive et des consignes seront données et affichées au cours de la semaine.

Rassurez-vous les dispositions sont prises pour votre sécurité.

· A l’entrée gel hydroalcoolique disponible, direction à suivre pour entrer

· Distribution de masques au besoin.

· Entrée par les portes latérales ardées ouvertes. Prière ne pas y toucher.

· La principale gardée fermée.

· Masque à porter et à maintenir

· 1m75 de distanciation au sol

· Marquage au sol

· Place assise à occuper

· Un seul lecteur pour toutes les lectures et le psaume à un micro unique nettoyé avant et après.

· Le prêtre à son siège et à l’autel utilisant un seul micro.

· Pas de geste de paix.

· Pas de chant pour le moment.

· Communion dans la main

· Quêtes à déposer dans les paniers en sortant. Par ailleurs possibilité de quête en ligne ou dans le tronc de l’autel du saint sacrement au cours de la semaine

· Pour la sortie : d’abord par les côtés, ensuite côté Autel du saint sacrement et côté autel de la Viège Marie

· Lavage des mains sur l’esplanade de l’Eglise pour le retour à la maison.

· Désinfection des lieux occupés après la messe.

· Appel à des volontaires pour renforcer les différentes équipes d’entretien de l’Eglise. M’appeler directement pour une coordination.

Et maintenant entrons dans cette messe présentant à Dieu toutes nos intentions

 

HOMELIE DU 7 e DIMANCHE DE PAQUES

La nouvelle de la possibilité de la reprise des célébrations liturgiques ouvertes au public est arrivée dans la nuit de vendredi à samedi. A un moment où nous sommes en pleine neuvaine de préparation à Pentecôte. Ce n’est pas un hasard pour nous. C’est providentiel.

Ce sont des signes du temps et des signes de Dieu pour nous croyants.

Toute cette semaine, nous continuons notre neuvaine de prière à l’Esprit saint suivie de messe à partir de 18h.

Et le week-end prochain ce sera la grande ouverture de nos églises pour les célébrations liturgiques.

L’Eglise est née justement à Pentecôte après un temps de confinement des apôtres. Avec la force de l’Esprit Saint, les apôtres sont sortis de leur peur et de leur torpeur. A nous aussi de sortir de nos maisons, de anciens schémas, de nos conforts, de nos anciennes habitude pastorales et liturgiques de célébration, bref de toutes structures de « confinements » d’esprit aussi.

Mais que nous dit Jésus en ce dimanche huit jours avant la Pentecôte ?

Deux messages : l’heure est venue Je vous donne la vie éternelle

De quelle heure parle-t-il ?

C’est peut-être l’heure que nous attendions tous depuis plus de dix semaines, pour nous « deconfiner ».

L’heure du répit par rapport à la virulence de la pandémie. L’heure de déconfinement. L’heure de la reprise de la vie normale.

L’heure du retour à nos grandes assemblées de fidèles, à nos célébrations … à nos messes…à la communion………Cette heure est attendue comme une heure de naissance. Mais pour nous c’est plutôt une heure de renaissance. Il nous faut désormais renaître.

L’heure d’un renouveau.

L’heure de l’accomplissement du dessein de Dieu. L’heure de nous retrouver et vivre ensemble notre foi, vivre ensemble notre espérance et surtout vivre ensemble notre charité fraternelle.

Dans notre traversée du désert, dans le passage dans le tunnel de la pandémie de la maladie et de la mort, « Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu’il a d’avance arrêté en lui-même pour mener les temps à leur accomplissement, réunir l’univers entier sous un seul chef, le Christ. Le christ qui est la tête du corps que nous constituons.

Et Dieu lui a donné autorité sur tout être vivant.

Mais acceptons-nous d’avoir le Christ comme Chef, comme tête, autorité ?

Ces trois mots pour dire le lien très fort qui unit Jésus à notre humanité. Il est la tête d’un grand corps dont nous sommes les membres. C’est par lui que nous accédons au Père. Il nous donnera la vie éternelle à nous tous que le père lui a donnés. Il en est la porte de la maison de Dieu. Il en est le chemin. Il en est la vigne dont nous sommes les sarments.  Nous retrouvons là des images développées dans la Bible.

Deuxième message Jésus nous donne la vie éternelle

La vie éternelle n’est pas au bout de nos efforts. La vie éternelle n’est pas au bout de nos mérites.

La vie éternelle est don gratuit de Dieu.

Cette logique du don est inscrite fortement dans l’évangile de ce jour.

Le Père a donné autorité à son fils.

Le Fils donne la vie éternelle à tous les hommes.

Le Père a donné ses paroles à son fils. Le il donne ses paroles aux hommes ses frères.

Dans notre monde il y ceux qui veulent se hisser par leurs propres forces et ceux qui se savent tout petits et attendent d’être comblés par Dieu. L’expérience que nous sommes en train de vivre avec ce petit virus devrait nous donner à réfléchir sur nos limites ; sur notre petitesse. Oui, pour qui nous prenons si souvent ?

Nous avons tous besoin de Dieu. De sa grâce. De la vie que lui seul peut donner par son Fils.

Mais c’est quoi la vie que donne Jésus ? En quoi consiste cette vie éternelle ?

La vie éternelle n’est ni un lieu qui se situerait après la mort.

La vie éternelle n’est pas un moment qui se situerait dans un au-delà lointain hors de notre portée.

La vie éternelle est au présent.

La vie éternelle est de connaître Dieu et Jésus son envoyé.

La vie éternelle est de connaître Dieu. De vivre en intimité avec lui. De vivre en communion avec Dieu et avec Jésus. Connaître le seul Dieu et celui qu’il a envoyé se traduit concrètement en acte de témoignage.

La vie éternelle c’est chaque fois que chacun de nous fait un petit effort pour aimer son prochain et pour un vivre ensemble.

La vie éternelle c’est de nous aimer les uns les autres et de vivre en communion.

La vie éternelle est notre vie en harmonie. L’amour que nous aurons les uns pour les autres est le signe et le témoignage de notre foi en cette vie éternelle. Et c’est en voyant l’amour que nous avons entre nous que   les autres vont croire en notre Dieu en Jésus.

Prions au cours de cette messe pour communion effective et fraternelle dans notre communauté paroissiale d’Argeles et saint Savin. Nous avons besoin de continuer nos efforts pour un vivre ensemble au nom du seul et même vrai Dieu dans le respect et le partage de nos différences richesses. C’est cela la vie éternelle. Amen.

Koffi Dorothée Jean

Curé de l’ensemble paroissial Argeles Saint Savin Dimanche 24 mai 2020

 

Homélie 7° dimanche de Pâques – Pere Wojtek

 

Nous avons entendu dans l’Évangile comment Jésus parle avec Dieu...

Nous avons écouté la prière de Jésus..

Pour comprendre la signification de ces paroles de l’Évangile il est bon de se rappeler que l’Ancien Testament ne s’adresse pas à Dieu en disant directement : « Père » .

L’Ancien Testament utilise le mot « père » très souvent, presque 1200 fois mais par rapport à Dieu seulement 20 fois... et dans la prière quelques fois dans les Écritures qui étaient écrites à la fin de la création de la Bible..

Alors.. la façon, avec  laquelle Jésus s’adressait à  Dieu , en disant « Père », en disant « Abba », devait être choquante  pour ses auditeurs ..

Cette façon de parler montre une relation spéciale, unique, entre Jésus et Dieu, entre le Fils et le Père... 

Saint Jean a compris l’importance de cela...

Cet Évangéliste nous présente le plus souvent les paroles de Jésus dans lesquelles il s’adresse à Dieu en disant « Père ».

Pourquoi nous voulons comprendre la relation entre Jésus et le Père ?

Pourquoi c’est tellement important pour nous ?

Parce que Jésus est venu pour nous révéler Dieu

c’est un  objectif fondamental de sa mission... de sa vie – nous  montrer  son Père..

La venue de Jésus ,  la naissance de Jésus nous montrent  que Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.

L’enseignement de Jésus et les signes qu’il a fait veulent nous  convaincre que Jésus est issu du  Père , que Jésus est envoyé par son Père...

La prière de Jésus nous montre la proximité de Dieu, la tendresse du Père...

Le mystère pascal de Jésus nous révèle la miséricorde de Dieu...

Les disciples de Jésus en écoutant ses paroles, en voyant ses signes ont compris, petit à petit, que Jésus les invite dans sa relation avec  Le Père...

Philippe exprime cela dans ces paroles :

« Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »

Oui, c’est vrai... toute notre foi peut être réduite à cela – connaître le Père...

Cela nous suffit..

Tout se résume à cela – toute  notre vie : maintenant et à l’avenir..

Nous avons entendu :

Père, comme tu as donné a son Fils pouvoir sur tout être de chair,
il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu,
et celui que tu as envoyé,Jésus Christ.

Nous répétons tout le temps, que dans l’Évangile de Saint Jean « connaître quelqu’un » cela veut dire entrer dans la relation avec lui

C’est la vie éternelle que nous avons commencée dans notre baptême

et et à laquelle nous pouvons commencer à participer dès maintenant)  ...

Tout se résume à cela – connaître le Père et le Fils dans l’Esprit Saint...

Cela nous suffit..

Je me souviens des paroles de Jean Paul II qui a répondu aux questions des jeunes..

Une personne à pose la question : Comment apprendre à prier ?

Et le pape a répondu que tout se résume à une chose...

Pour trouver les réponses aux questions :

Quelle devrait être notre relation avec Dieu ?

Comment apprendre à prier ?

Pourquoi nos demandes que nous transmettons  à Dieu semblent, souvent, ne  pas être écoutées ?

Pourquoi Dieu permet-il  qu’ un homme fasse du mal... ?

Saint Jean Paul II explique que pour répondre à ces questions il faut apprendre le Père...

Comprendre, qu’est ce  que cela veut dire que Dieu est notre Père et entrer dans la relation avec Lui...

Jésus par toute sa vie nous invite à cette relation et il nous montre comment la réaliser.

Nous voyons d’abord que le fondement de ce lien entre lui et le Père est la confiance...

C’est la base... la confiance..

Jésus a dit : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. »

Il s’agit de la confiance des enfants..

Jésus jusqu’à sa mort nous montre la confiance totale en  son Père..

De cette confiance découle la proximité et l’obéissance à la volonté de Dieu...

Je ne suis pas capable de chercher la volonté de Dieu et d’accepter ses commandements sans la confiance.. sans une relation profonde avec le Père

Je ne suis pas capable de comprendre  la réalité du mal dans le monde sans la confiance et la foi en la miséricorde de Dieu..

Nous voyons aussi que grâce à la confiance et à l’unité profonde entre le Fils et le Père, Jésus est obéissant et, en mème temps, totalement libre..

Il a dit : Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent,comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.[...] Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

Notre salut se réalise dans l’obéissance et dans la liberté..

Notre entrée dans la relation avec Le Père est comme le retour à la maison.. et l’acceptation que je suis le fils ou  la fille et que la maison de mon Père est la mienne.Notre entrée dans la relation avec  Le Père est le moment de la compréhension que tout ce qui est à moi est à toi,et ce qui est à toi est à moi .

Et enfin, notre entrée dans cette relation nous permet de  découvrir nos liens avec les autres, avec tous les enfants du Père, nos frères et nos sœurs...

L’acceptation que nous sommes les enfants du Père, que nous sommes à Lui, nous permet de  nous comprendre nous-mêmes et les autres..

Prions l’Esprit Saint qui nous fait capables de comprendre et d’entrer dans cette relation... prions en utilisant les paroles de Philippe :

« Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »

 

Homélie de l’Ascension - Père Dorothée

 

Bonjour à tous en cette solennité de l’Ascension de Notre Seigneur Jésus.

Une pensée spéciale à toutes les personnes seules, malades, éprouvées dans leur corps et dans leur cœur. Prions pour toutes les victimes de ce fameux virus.

Présentons à Dieu toutes nos joies et aussi nos peines.

L’Ascension de notre Seigneur Jésus nous fait revivre deux mystères, deux réalités :

La première est notre expérience de l’effacement de la présence sensible de Jésus. Vivre de nouvelles formes de relations avec Jésus ressuscité.

La deuxième est comment vivre notre appel comme des envoyés dans une mission universelle. L’ascension nous redit la dimension universelle du témoignage, enraciné dans le baptême et nourri par l’apprentissage progressif à la vie évangélique.

En effet, aussitôt après la Résurrection, Jésus nous donne son discours d’adieu. Physiquement Il nous quitte.  Plus rien comme avant. Les modes de présence vont changer.

 Que cela se passe en Galilée est très significatif. Galilée est le carrefour des nations païennes. La Galilée des nations dit-on. Désormais sort du cercle restreint des disciple pour se donner à toute l’humanité y compris aux non croyants. C’est dire que la mission des apôtres concerne désormais toutes les nations sans distinction aucune même celles dites païennes.

Cela devrait nous interpeller. Aujourd’hui encore nous distinguons dans notre monde les croyants pratiquants des non pratiquants ? les croyants des non croyants ? L’Eglise, pour certaines personnes devrait vivre en vase clos hors de la cité ou séparée de l’Etat : Loin de la nation ou être réservée à un certains excluant d’autres.

« Allez… de toutes les nations faîtes des disciples…. Jusqu’à la fin du monde… »

La mission confiée aux apôtres est pleine de risques. Il s’agit d’annoncer une bonne nouvelle qui surprend encore tout le monde. Folie pour les sages et les philosophes. Scandale pour les juifs. Mais pour Saint Paul ce message est Sagesse de Dieu.

La mission dépasse tout ce que l’esprit humain peut imaginer ou concevoir. Il s’agit de la communication et de la communion entre Dieu et les hommes. Jésus, envoyé par son Père vient nous envoyer. Il est venu allumer un feu et nous transmet le flambeau. Allez, de toutes les nations faîtes des disciples, baptisant au nom du Père du fils et du Saint Esprit… »

Les apôtres, et nous à leur suite sommes investis d’une mission universelle au nom de Dieu.

La mission confiée aux apôtres s’apparente bien à une folie. Mais ils ne sont pas seul. Dans la mesure où notre engagement n’est pas la nôtre, mais celui de Jésus lui-même, nous n’avons pas des raisons de nous inquiéter des résultats. Echecs ou réussites sont à relativiser. Jésus nous dit très clairement que « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! En d’autres termes, c’est nous qui allons, mais c’est lui qui a tout pouvoir. La mission est notre vie pas notre angoisse. Notre vie et notre mission sont source de joie dans l’Esprit Saint et non cause de cauchemar qui nous empêcherait de dormir.

Jésus précise « tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre ».

Ce pouvoir, Jésus ne l’a pas revendiqué. Il ne l’a pas acheté. Ce pouvoir lui a été donné par son Père.

Et désormais ce pouvoir est entre nos mains.

A nous d’y croire…

Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! Et moi, ajoute Jésus, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.

Ascension est aussi la célébration du mystère du Dieu avec tous les hommes. Le Dieu de la présence, révélé à Moïse au buisson ardent. L’Emmanuel, Dieu parmi les hommes, promis par Isaïe. Ce Dieu un et uni dans l’Esprit d’amour qui unit le Père et le Fils.

Il est avec nous toujours et partout. Il est avec dans toutes les circonstances de la vie. A nous de révéler au monde entier cette présente aimante du Dieu Trinité.

Bonne fête à vous.

Bonne neuvaine de prière à l’esprit Saint en vue de la Solennité de la Pentecôte.

Koffi dorothée Jean HAMAOUZO

Curé de l’ensemble paroissial d’Argeles-Saint Savin 21 mai 2020

 

 

Homélie 6° dimanche de Pâques – Année A – Mgr Nicolas Brouwet

 

« Je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité…il demeure auprès de vous et il sera en vous. »

Nous nous préparons à célébrer la fête de la Pentecôte et nous commençons à méditer sur cette promesse du Seigneur de nous envoyer l’Esprit Saint. Mais pourquoi l’appelle-t-il l’Esprit de vérité ?

Dans l’Evangile la vérité n’est jamais une simple connaissance intellectuelle, scientifique, comme on pourrait dire qu’on connaît les mécanismes de l’ADN, ou le fonctionnement d’un moteur Diesel. Dans l’Evangile la vérité n’est jamais un savoir. C’est plutôt la vérité de mon rapport avec Dieu, de ma relation à Dieu.

L’Esprit de vérité me révèle qui je suis aux yeux de Dieu ; il me dévoile les lumières mais également les ténèbres de ma relation à Dieu. Il me fait comprendre à la fois l’extrême amour de Dieu pour moi mais également ce qui, en moi, s’oppose à lui. Il me révèle donc à moi-même, dans mon identité la plus profonde, dans ma dignité de fils ou de fille de Dieu. Il me montre ma vocation, ma mission, ce à quoi Dieu m’appelle, la place qu’il m’invite à prendre, mon rôle dans le drame du monde.

Connaître l’Esprit Saint, ce n’est pas le découvrir de façon conceptuelle ; c’est le fréquenter comme l’ami intérieur, l’implorer, le prier, lui demander d’être notre conseiller au moment des décisions, le libérateur au milieu des soucis, le consolateur au milieu des échecs, notre force dans le découragement, notre patience quand vient la tentation de baisser les bras, notre joie dans l’adversité…

Les deux lectures nous montrent d’ailleurs très concrètement comment l’Esprit agit dans la vie de l’Eglise et dans notre vie personnelle.

Dans les Actes des Apôtres, on a lu dimanche dernier que Philippe avait été choisi pour le service des tables, pour la gestion de la communauté chrétienne de Jérusalem.

Et cette semaine il est en Samarie. Pourquoi ? A cause des persécutions.

Il aurait pu s’effondrer, se lamenter sur son sort, accuser Dieu, lui intenter un procès.

Mais il reste dans une grande disponibilité : chassé de Jérusalem il y voit un appel à annoncer la Parole de Dieu en Samarie. Comme si, indirectement, le Seigneur l’y avait envoyé.

 

L’Esprit Saint, l’Esprit de vérité nous révèle pas à pas notre mission : Philippe se laisse ainsi conduire à travers les évènements. Il y discerne la conduite de l’Esprit Saint ; même si ces évènements sont vraiment imprévus.

 

Du coup, dans cette grande confiance en l’Esprit Saint, Philippe est capable d’accomplir les œuvres de Jésus : il délivre les possédés, guérit les paralysés et des infirmes. On dirait une page de l’Evangile.

 

Philippe aurait été incapable d’accomplir cela s’il n’avait pas eu cette grande confiance dans l’Esprit Saint. Et en se laissant docilement conduire, il découvre sa vocation, les richesses dont il est capable ; il découvre ce à quoi il est appelé ; quel est son chemin particulier pour vivre l’Evangile. Il découvre la vérité sur lui-même.

 

Tout cela se passe dans l’Eglise, dans le respect de la mission des Apôtres. Philippe ne pouvait pas imposer les mains et donner l’Esprit Saint. C’était la mission des apôtres venus de Jérusalem, comme le livre des Actes nous l’explique. Philippe n’était pas un magicien ; il ne s’est pas emparé du Saint Esprit ; il ne travaillait pas à son compte. Il a laissé les Apôtres faire leur œuvre. L’Esprit Saint est donné par leurs mains pour bien montrer que c’est un don de Dieu et qu’il n’est la propriété de personne.

 

La période de confinement a été deux mois totalement imprévus, que personne n’a anticipé ou organisé. Et pourtant l’Esprit Saint a travaillé dans nos vies personnelles et dans la vie de nos communautés. Il est nécessaire de prendre du temps pour comprendre ses appels, ce qu’il a suscité en nous, ce qu’il a transformé dans nos paroisses, dans nos quartiers, dans nos familles ou dans nos fraternités. Il est nécessaire de discerner ce que l’Esprit a dit aux Eglises pendant cette période si imprévue.

 

Remarquez aussi que Jésus appelle l’Esprit Saint le Défenseur. C’est-à-dire « l’avocat ». Celui qui est à nos côtés pour prendre notre défense. A quel moment ? Au moment du procès que le monde nous intente. C’est la lettre de Saint Pierre qui nous parle de cela : « Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. »

Oui, nous avons souvent à témoigner de notre espérance auprès de nos contemporains. Pourquoi avons-nous la foi ? Pourquoi Dieu, s’il existe, tolère-t-il le mal et la souffrance ? Comment faire encore partie de l’Eglise après le scandale des abus sexuels ? Après les révélations sur des abus de conscience et de pouvoir ? Comment avoir la foi quand Dieu ne semble jamais répondre à nos prières ?...

Nous connaissons tous ces reproches qui nous sont faits, qui nous troublent, qui nous font mal, qui atteignent parfois le cœur de notre foi personnelle. Surtout quand ils viennent de nos proches, de membres de notre famille, de bons amis en qui nous avons confiance…

L’Esprit Saint, dans ces moments est notre Défenseur, notre avocat. Comme il l’a été pour Jésus : « Il a été mis à mort dans la chair, écrit Sait Pierre, mais vivifié dans l’Esprit. » C’est précisément la prière que nous faisons au moment de témoigner, quand on nous somme de rendre compte de l’espérance qui est en nous : nous invoquons l’Esprit Saint consolateur et avocat pour rester dans un climat de foi, pour demeurer dans l’amour de Jésus, pour savoir écouter et trouver les mots, les gestes, les attitudes appropriés afin de témoigner de notre espérance. C’est bien souvent dans ces moments-là, moments de très grande vulnérabilité, que, habités par la force et la lumière du Saint-Esprit, nous sommes les témoins les plus convaincants de Jésus et de son Evangile de salut.

Une dernière chose : Nous savons que les Samaritains, dans l’Evangile, n’avaient pas bonne réputation. Les Juifs les considéraient comme des renégats à qui il ne fallait pas adresser la parole. Voilà que, conduits par l’Esprit, Philippe et les Apôtres sont conduits chez eux pour que l’Esprit Saint leur soit donné.

Le Saint Esprit est appelé le Père des pauvres dans la liturgie catholique. Il est le Père des pauvres que nous sommes. Nous ne le méritons pas ; mais il nous est donné à profusion à chaque fois que nous l’invoquons. Alors n’hésitons pas. Crions vers lui, appelons-le sans crainte, dans l’espérance. Jésus nous l’a promis et il ne cesse de nous en faire le don avec son Père. Oui, viens Esprit de Pentecôte ! Viens habiter l’âme de tes fidèles ! Viens dispensateur des dons, notre avocat et notre consolateur !

J’invite tous ceux qui le veulent à se préparer à la fête de la Pentecôte par une neuvaine à l’Esprit Saint à partir de la fête de l’Ascension. Pour que nous soyons recréés, revivifiés dans la grâce de notre baptême et de notre confirmation. Amen.

 

 

5 dimanche de Paques - Mgr Nicolas Brouwet

 

Avec la Résurrection de Jésus et son Ascension, c’est le temps de l’Eglise qui commence. En lisant les Actes des Apôtres on apprend à entrer dans son mystère.

Dans la première lecture on la voit à Jérusalem comme une communauté unie, qui se préoccupe des veuves. Il y a des repas en commun, on partage la nourriture. On institue des diacres pour le service des tables afin que les apôtres soient dédiés à la prière et à la prédication. On donne des missions. Il y a une organisation inévitable de la communauté chrétienne qui grandit.

Il y a même un grand nombre de prêtres juifs qui confessent la foi en Jésus. Ils passent du culte de la première Alliance à celui de l’Alliance nouvelle et éternelle. C’est très impressionnant !

On peut se dire que l’Eglise se structure selon ses principes : elle se consacre à l’annonce de la Parole et elle prend soin des pauvres. Elle veille à ce qu’il y ait de la justice pour que personne ne soit oublié. Mais pour comprendre le mystère de l’Eglise on ne peut pas la regarder seulement à partir de son organisation, comme de l’extérieur. Et c’est pourquoi la lettre de Saint Pierre et l’Evangile nous aident à aller plus loin.

Un édifice spirituel

Pierre s’adresse aux chrétiens en leur disant : « Vous êtes des pierres vivantes dans un édifice spirituel. » Cet édifice est la demeure de Dieu. Nous en sommes chacun une pierre, une pierre vivante qui contribue à la cohérence de l’ensemble. Dans une église il y a des pierres très en vue, il y a des chapiteaux ornés, des pierres de fondation plutôt enfouies; il y a des clés de voûte indispensables à la solidité des structures, et puis d’humbles pierres de fond de sacristie qu’on ne voit pas mais qui sont extrêmement nécessaires. Chacun à sa place pour former l’Eglise qui est le temple de Dieu.

Dans ce temple, tous les chrétiens forment un sacerdoce saint. Nous sommes un peuple de prêtres qui présentons le monde à Dieu par Jésus-Christ dans le feu de l’Esprit Saint. C’est pourquoi il est si touchant d’entendre, dans le Livre des Actes, que des prêtres du temple de Jérusalem, qui présentaient à tour de rôle, les sacrifices d’animaux deviennent, en se faisant chrétiens, le sacerdoce nouveau, le sacerdoce saint, le peuple qui présentent désormais à Dieu l’humanité entière, par sa prière, par son intercession ; en étant associé au sacerdoce du Christ Grand-Prêtre qui présente le monde à son Père.

Par le baptême, nous participons à la mission sacerdotale du Christ prêtre. Cela n’empêche pas qu’il y ait un autre sacerdoce, un sacerdoce ministériel, celui des prêtres, celui que nous avons reçu, nous évêques et prêtres. Mais nous l’avons reçu pour être au service du sacerdoce commun des baptisés, de votre sacerdoce.

L’offrande de nos vies

Saint Pierre va plus loin : il dit que le peuple saint présente à Dieu des sacrifices spirituels par Jésus-Christ. Ces sacrifices saints, ce ne sont plus des animaux mais le peuple lui-même qui se présente en offrande.

Ce sont nos vies personnelles que nous offrons au Seigneur. Nous sommes, à la fois, les prêtres et l’offrande. Nous nous mettons à la suite de Jésus qui ne cesse de s’offrir à son Père. Toute la vie du Fils dans l’éternité c’est de se recevoir du Père et de se donner à lui par amour. Et vivre notre baptême c’est entrer dans cette offrande de nous-mêmes à la suite de Jésus.

Voilà comment notre existence quotidienne peut avoir le sens d’une offrande à la gloire de Dieu. La vie conjugale, familiale, la vie professionnelle, l’éducation des enfants, le soin des parents âgés, les courses, le ménage, les loisirs, les soirées entre amis : tout peut avoir la saveur d’une offrande. Dans un grand abandon à Jésus. En lui abandonnant notre avenir, nos soucis, nos épreuves, nos peurs, comme nos joies, nos réussites, nos talents.

C’est comme cela que nos vies deviennent une louange à la gloire de Dieu.  Et que nos messes du dimanche prennent du sens. Quand l’offrande de Jésus à son Père célébrée au cours de la messe est vécue ensuite dans notre existence concrète. C’est comme cela que notre vie devient liturgie. Et que nous sommes en cohérence avec notre participation à la messe. Comme si la messe se déployait dans une liturgie du quotidien. C’est ainsi que notre vie devient consacrée entièrement au Seigneur.

Voilà comment nous sommes des pierres vivantes à l’intérieur d’un temple spirituel : parce que le culte rendu à Dieu n’est pas une liturgie à part mais une vie entière offerte au Père.

Dans l’Evangile Jésus dit à ses apôtres qu’il part leur préparer une place dans la maison de son Père. Parce qu’il nous introduit dans sa demeure. C’est par son offrande que nous apprenons l’offrande de nous-mêmes ; c’est par son Esprit Saint que nous apprenons à prier ; c’est par son intercession que nous portons le monde dans la prière. C’est par son humanité que nous apprenons à remettre toute notre vie quotidienne entre les mains du Père. C’est ainsi qu’il est vraiment le chemin qui nous mène au Père.

Et il est aussi la vérité parce qu’il nous apprend à nous regarder avec les yeux du Père, dans la miséricorde et la tendresse du Père.

Et il est aussi la vie parce qu’il nous introduit dans la vie en plénitude, dans l’échange d’amour trinitaire dans lequel le Père veut nous accueillir.

Apôtres

Saint Pierre ajoute que, lorsque nous vivons ainsi notre vie chrétienne, comme un sacerdoce saint capable de nous offrir à Dieu, alors nous devenons capables d’annoncer les merveilles de celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Et nous devenons des apôtres.

Le premier pas pour devenir apôtres c’est déjà d’être capable de se dire à soi-même dans un cri de louange : comme il est beau d’être à Dieu, de vivre avec lui, de lui consacrer notre quotidien ! Comme cette consécration me libère et m’élève. Quand on est capable de se dire cela à soi-même on se prépare à le dire aux autres, naturellement.

La vie missionnaire n’est pas une vie en plus de notre vie chrétienne, comme une sorte d’option. L’apostolat c’est offrir le monde au Dieu vivant, c’est lui consacrer le monde. Voilà le sens de l’évangélisation. Saint Paul dit qu’il rend à Dieu un culte spirituel en annonçant l’Evangile (Rm 1, 9), parce qu’il offre ainsi le monde à Dieu.

La liturgie nous permet de comprendre le mystère de l’Eglise qui, à la suite de Jésus, consacre l’humanité à son Père, dans l’intercession, dans l’offrande de soi, dans l’annonce de l’Evangile.

Qu’avec Pierre et Paul, notre vie chrétienne soit une véritable liturgie à la gloire de Dieu. Le Christ ressuscité nous emmène sur ce chemin. Amen.

 

Homélie 6° dimanche de Pâques – Pere Wojtek

 

Dans la deuxième lecture nous trouvons ces paroles :

Soyez prêts à tout moment à présenter une défense
devant quiconque vous demande de rendre raison
de l’espérance qui est en vous ;
mais faites-le avec douceur et respect.

Quelle espérance est en nous ?

Quelle espérance est maintenant dans nos cœurs ?

Je pense qu’il y a plusieurs réponses...

Nous espérons que cette situation qui nous touche maintenant se terminera...

Nous espérons que la normalité reviendra...

Nous espérons que nous ne perdrons pas notre travail... que nous ne tomberons pas  malade... que nous gagnerons contre cette épreuve...

Nous espérons que nous vivrons comme avant...

Notre espoir s’appuie sur les paroles des scientifiques, les opinions des médecins et économistes, sur les possibilités du progrès et de  la raison...

Mais d’un autre côté nous avons ressenti que la foi en  la raison

la foi dans les possibilités de la science, du développement, des médecins

est construite sur  un fondement faible, fragile, ...

Le monde devait accepter ses limites avec humilité...

et accepter que notre espoir que tout sera  pareil qu’avant est naïf ... superficiel..

Nous voudrions sur la base de cet espoir reporter les évènements, les projets, nos engagements...  mais petit à petit nous commençons à accepter qu’ il faut apprendre à vivre avec cela...

Nous devenons conscients qu’il faut apprendre à vivre avec cela...

Est-ce qu’ à cause de cela nous perdons notre espérance ?

Non

Parce que dans nos cœurs il y a un espoir plus profond, l’ espérance qu’on  ne peut pas  échouer///

Et la parole de Dieu a parlé de cette espérance

qui est plus forte que les  possibilités de la  raison, de la science, de la technique

qui est plus forte que la souffrance, la maladie et la mort

L’espérance qui découle de la foi en Jésus ressuscité...

L’espérance qui répète avec Saint Paul :

J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances,

ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur.

 

L’espérance qui est capable de surmonter notre peur...

La peur qui nous paralyse,

La peur qui nous réduit seulement à cette existence terrestre

Est-ce que dans nos cœurs existe cette espérance ?

J’espère que oui...

Le 13 mai, lors de  fête de Notre Dame de Fatima, nous avons organisé la rencontre dans l’église pour ceux qui voulaient prier par l’intercession  de notre Mère pour le monde, pour l’Église, pour notre paroisse, pour nos familles ;

pour les malades et ceux qui prennent soin d’eux...

Notre évêque dans sa lettre a permis d’organiser ces rencontres :  moins de dix personnes dans l’église en respectant toutes les règles de  sécurité..

Je pense que grâce à notre responsabilité et notre conscience, aussi grâce à l’espace dans l’église et la préparation de notre église, nous pouvons bien protéger les participants à la prière ;

Par rapport à la situation, par exemple, dans les écoles, les liens de travail, les magasins nous sommes plus sécurisés dans l’église..

Et nous y organisons ces évènements avec conscience et responsabilité.. 

Mais bref...

Pendant cette rencontre le 13 mai, en  voyant les participants à cet évènement, en entendant le chant :Ave Maria de Fatima, j ’ai vu  dans nos cœurs, dans notre attitude , cette espérance... cette force... ces foi et amour pour Dieu dont a parlé Saint Pierre...

Aujourd’hui le monde  a tellement besoin de témoins de cette espérance

Il  a besoin de nous... il a  besoin de notre témoignage

et il a le  droit d’attendre de nous ce témoignage...

Nous devrions être prêts à tout moment à présenter cette défense de notre espérance... comme a dit l’Apôtre

mais comment être prêt ?

Nous avons entendu dans l’Évangile... que Jésus nous enverra l’Esprit Saint

Oui... si nous voulons défendre l’espérance qui est en nous, nous avons besoin seulement d’un Défenseur...

Qui nous défende contre le péché, contre  Satan qui est notre Accusateur... qui veut nous prendre notre foi, amour et espérance

Nous avons besoin du Défenseur , l’Esprit de vérité,

qui veut nous conduire au salut.

qu’il nous enseignera tout, et il nous fera souvenir de tout ce que Jésus nous a dit cela signifie qu’il nous rappelle que Dieu nous aime et qu’il agit dans notre vie.  

 

 qu’il nous défend cela veut dire qu’il nous aide à remplir la volonté de Dieu.

 

qu’il nous apporte la paix de Dieu qui découle de la réconciliation avec Dieu, du pardon de nos péchés...

qu’il combat en nous contre le désespoir, l’incrédulité, le manque d’amour

qu’Il découvre et qu’ il montre le bon qui est en nous

qu’il sera pour toujours avec vous.

Cette semaine, vendredi, nous commencerons la neuvaine avant la Pentecôte...

Préparons nos cœur à la venue de l’Esprit Saint  par cette prière pour que nous soyons les témoins de cette espérance qui est en nous..

 

5 dimanche de Paques - Père Koffi Dorothée Jean

 

5e dimanche de Pâques dimanche de l’assurance dans les épreuves. Dimanche de dialogue entre Jésus et chacun de nous. Dimanche de questionnement de l’homme à Dieu surtout en ce moment si difficile à vivre. Dieu en Jésus nous apaise et nous rassure.

Message de foi. Foi en Jésus. Foi en notre solidarité avec Jésus. Foi en notre solidarité entre nous.

La première phrase de l’évangile de ce dimanche résume tout le discours de Jésus : « Que votre cœur en soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi ».

Si Jésus commence par nous dire « ne soyez pas bouleversés », c’est que tout comme les disciples nous sommes très angoissés. Et cela se voit. Nous ne cachons pas nos peurs, nos inquiétudes, nos questionnements. Nous nous savons en guerre. En guerre contre un ennemi invisible.

Cette angoisse se double, pour beaucoup d’entre nous, d’une horrible déception. Tout comme les disciples d’Emmaüs, nous espérions que Dieu allait nous délivrer. Certains pensent même que cette pandémie est une punition de Dieu ! Notre foi est troublée. Nous sommes perturbés. Nous attendions un geste extraordinaire de Dieu.

Or Jésus ne comble pas nos attentes par des miracles. Il déplace le lieu de notre espérance. Le salut qu’il apporte se situe sur un autre plan. Il nous invite à croire en lui Jésus notre Chemin, notre Vérité et notre Vie.

Il fait appel à notre foi.

Il attend de nous une autre attitude plus fondamentale. Notre espérance ne peut que s’appuyer sur la foi. Jésus revient plusieurs fois sur la foi. « Vous croyez en Dieu…croyez aussi en moi. Une chose est de croire en Dieu, une autre est de croire en Jésus Sauveur surtout au moment où le parti semble perdu. Nous nous disons croyants, mais est ce que nous nous croyons vraiment en Jésus ? I

Pour accorder à Jésus la même foi qu’à Dieu, il nous faut faire un pas de plus. La bonne nouvelle de ce jour nous donne de percevoir l’unité profonde entre le Père et Lui Jésus. Puisque vous me connaissez, vous connaitrez aussi le Père. Celui qui m’a vu a vu le Père. Je suis dans le Père et le Père est en moi.

De plus Jésus en osant dire qu’il est le chemin, la vérité, la vie. Il s’identifie à Dieu lui-même.

Il s’identifie au Père tout en étant le seul chemin qui mène à lui. Personne ne va vers le Père sans passer par moi. Nous reconnaissons là aussi l’intime identité entre Jésus et son Père.

Croire à cette identité entre Jésus et son Père nous conduit aussi à croire en notre solidarité avec lui Jésus.  

Il nous veut avec lui. Il nous veut auprès de lui afin que là où il est nous y soyons  nous aussi.

Ce message s’adresse à nous de façon communautaire.  Jésus parle à nous comme à une communauté. Il dit bien vous. Il nous interpelle. Il parle à tous les hommes unis en lui.  Il prononce douze fois le mot « VOUS ».

Cela nous emmène à une conversion profonde. Conversion personnelle et conversion communautaire. Nous sommes dans un monde très imprégné d’individualisme.  Nos assemblées liturgiques sont bien souvent de petits ilots restreints mus par des affinités. Les services que nous rendons sont parfois comme des prises de pouvoir qui ne construisent pas toujours la solidarité et la communion au nom de la même foi, du même baptême et du même Seigneur. En qui croyons-nous. Jésus nous dit vous croyez en Dieu, croyez aussi moi.

D’autres formes de pandémies plus subtiles et plus invisibles pourraient nous atteindre collectivement. Notre unique et commune maison pourrait en être autrement affectée si nous ne prenions garde. Ne retournons pas à d’autres formes de confinement.

Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il n’est pas bon que nous vivions seuls. Il n’est pas bon que nous vivions « confinés » sur nous nous-mêmes.  Il n’est pas bon que nous vivions sans Dieu. Il n’est pas bon que nous vivions sans Jésus notre chemin notre vérité et notre vie. Il n’est pas bon que nous vivions sans la Bonne Nouvelle de Jésus. Il n’est pas bon que nous vivions sans le Corps du Christ.

Puissions-nous tirer toutes  les leçons de ce que nous sommes en train de vivre collectivement ces temps-ci pour une prise de conscience personnelle et responsable vers une solidarité renouvelée par Jésus, avec  Jésus et surtout en Jésus.

Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux.  Je veux que là où je suis, vous y soyez vous aussi nous a dit Jésus aujourd’hui.

Reste avec nous Seigneur. Le soir approche et déjà le jour baisse. Reste avec nous Seigneur Jésus. Reste dans ta maison d’Argeles et Saint Savin. Explique-nous les Ecritures. Laisse-toi reconnaître à la fraction du pain. Les deux tables de ta Parole et de Pain nous manquent profondément. Jésus j’ai confiance en toi. Amen.

Koffi Dorothée Jean

Curé

Curé

 

5 Dimanche de Pâques - Pere Wojtek

 

Jésus nous a dit aujourd’hui : Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie

Qu’est-ce que ces paroles signifient pour nous ?

Comment pouvons-nous les mettre en pratique ?

Jésus est le Chemin...

Pendant le confinement j’ai marché beaucoup à pied...vers les églises, dans les villages, au magasin, en faisant des promenades autour de mon domicile...

J’ai découvert beaucoup de sentiers, de chemins que je ne connaissais pas... et j’ai réalisé combien  les chemins sont importants... surtout dans les montagnes.. s’il n’y a pas de chemin.. le déplacement est très difficile.

J’ai constaté aussi que les chemins  sont souvent sans issue... ou ils mènent vers des propriétés privées.. et il faut chercher une autre route.

Jésus est le Chemin qui n’est pas sans issue, il est la route qui a toujours un but : il mène vers le Père...

Et Jésus est le chemin qui n’est  fermé pour personne... mais à la fois,  il est le chemin unique... il a dit : personne ne va vers le Père sans passer par moi...

Nous entendons souvent que chacun de nous a son propre chemin vers Dieu...

Mais en même temps, sur cette route on ne peut passer à côté de Jésus...

Si quelqu’un veut venir au Père, il doit rencontrer Jésus...

Telle est notre foi...

 Cette foi a pris sa dynamique de l’ évangélisation des Apôtres de Jésus...

Ils ont découvert que en nul autre que Jésus, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. Dz 4,12

C’est pour cela que les Apôtres ont fait tout ce qui était possible pour annoncer l’Évangile à  toutes les nations et, comme nous l’avons entendu, ... la parole de Dieu était féconde, le nombre des disciples se multipliait fortement à Jérusalem,
et une grande foule de prêtres juifs parvenaient à l’obéissance de la foi.

Est-ce qu’ aujourd’hui nous voudrions annoncer aux autres que Jésus est le Chemin vers Le Père... est-ce que nous voudrions proclamer aux musulmans, aux bouddhistes, aux hindouistes, aux juifs... que grâce à Jésus ils sont sauvés ?

Est-ce que ces paroles de l’Évangile, que Jésus est le Chemin vers Le Père, mobilisent nos efforts pour que le monde connaisse Jésus.. et que, le connaissant , le monde vienne  au Père?

Jésus est la Vérité ...

Le mot, « la vérité », réveille une méfiance particulière dans le monde contemporain...

Nous entendons souvent que nous vivons dans le monde de la post-vérité...

On dit que chacun possède sa propre vérité.. et nous ne pouvons pas chercher une vérité objective...

Nous entendons la thèse que découvrir la vérité peut être dangereux... et d’un autre côté, nous voyons que tout le temps le monde essaie de nous imposer une version de la réalité, une version de la pensée, une version de la vérité par rapport à un homme et un monde..

Et nous sommes coincés dans des cadres que le monde considere comme etant corrects.. 

il faut penser, parler, agir selon ces cadres... selon la correction idéologique...

La foi en Jésus qui est la Vérité nous protège de ces attitudes...

Cette foi nous rappelle que nous ne pouvons pas posséder la vérité parce que la vérité n’est pas une chose, elle est une personne, la personne de Jésus...

Si nous pensons que la vérité nous appartient, que nous possédons Dieu... nous quittons l’espace de la foi et nous entrons dans l’espace de l’idéologie...

La foi véritable n’est jamais une idéologie...

Elle est une relation concrète.. libre...

Je suis appelé à  suivre Jésus, à suivre la vérité qu’ il est...

mais cette vérité – Jésus, ne m’appartiendra jamais ...

Cette foi ne me limitera pas.. mais elle me libérera...

C’est un critère pour voir si je crois véritablement... – la liberté...

La reponse a la question est-ce que la foi me libere...

Jésus a dit :

Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ;

alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. J 8,32

« Connaître quelqu’un » dans l’Évangile de Saint Jean cela veut dire entrer dans la relation avec lui... c’est le chemin pour découvrir qui je suis, qui est Dieu, qu’ est ce que le monde...

Jésus est la vie...

J’ai entendu la conférence d’un prêtre qui est mort dernièrement... , qui était un orateur connu..il a posé très souvent la question : est-ce que je vis vraiment ?

Est-ce que la vie est en moi ? ou peut-être il me semble seulement que je suis vivant...

Ce prêtre a posé des questions : pourquoi je me lève le matin... parce que je suis vivant ? ou peut-être quelque chose m’impose de me réveiller et de me lever ?... : le travail, l’école, les obligations familiales, l’habitude...

Il a montré que beaucoup de gens ont besoin de quelque chose pour sentir qu’ils sont vivants : des images et des informations dans les médias, des nouveaux achats dans les magasins, des drogues, un alcool, de l’ adrénaline etc...

La publicité dans les médias fomente en eux cette impression de la vie ... mais cette vie n’est pas présente en eux, elle vient de l’extérieur...

Jésus a dit : je suis la vie... je suis la source de la vie en toi-même..

Est-ce qu’il vit en moi ?

Est-ce que je suis vivant vraiment, maintenant?

Jésus a dit pendant cette semaine :

Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance.

L’Eucharistie que j’accueille est le signe de cette vie... le signe réel de la vie qui est en moi... c’est pour cela que Jésus a dit :

Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous.

Oui, dans notre foi, tout est concret, touchable, incarné...

La vie aussi est concrète et elle s’exprime dans la communion avec Jésus qui est la vie...

Vous savez que nous ne pouvons pas encore célébrer l’Eucharistie avec vous dans l’église..

mais nous pouvons nous rencontrer dans l’église, prier ensemble par petits groupes de moins de dix personnes et si quelqu’un la veut  il peut demander la communion et nous  la lui  donnons...

C’est notre joie... vous donner Jésus , vous donner  la vie...

 

4 Dimanche de Pâques - Pere Wojtek

 

Le 4-iéme dimanche de Paques nous rapelle l’image de Jésus – le Bon Pasteur.

Ce dimanche ouvre aussi la semaine de la priere pour les nouvelles vocations dans l’Eglise. Le pape Francois, dans sa lettre pour cette semaine, nous propose de se concentrer sur quatre mots : la souffrance, la gratitude, le courage et la louange.

Ce sont les memes paroles qu’il a donne à mediter aux pretres, l’annee derniere, quand nous avons celebre l’aniversaire de la mort du Cure d’Ars, Saint Jean-Marie Vianney : la souffrance, la gratitude, le courage et la louange

Pourquoi le pape a parlé au debut de la souffrance au debut de sa lettre?

Jesus est le bon berger qui voit la souffrance de ses brebis... le coeur de bon berger est fragile a la souffrance de ses brebis – c’est le point de depart..

La pape dans sa lettre rappelle la parole de Dieu :

« J’ai vu la misère de mon peuple » (Ex 3, 7) – dit le Seigneur

 

Nous nous souvenons aussi les paroles de l’Evagile :

 

Jesus a dit a ses disciples : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger. Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux. En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.

 

Jesus – le bon Pasteur – vois notre souffrance... vois la souffrance de l’Eglise... vois la souffrance des malades, des pauvres, de ceux qui perdent son travail, de ceux qui souffre a cause de la solitude.. vois la souffrance de ce monde...

 

Mais il ne la vois pas seulement...

 

Jesus – le bon Berger – a donne sa vie pour ses brebis

 

Il a pris notre souffrance, nos blessures a ses bras...

 

il l’a fait pour que le dernier mot n’apartienne pas a la mort, a la souffrance, au mal..

 

Finalement il a vaincu la mort et le mal... et il nous montre le chemin pour que dans notre vie se realise sa victoire

 

Nous avons entendu au deuxieme lecture de la lettre du Saint Pierre :

Bien-aimés,si vous supportez la souffrance pour avoir fait le bien,
c’est une grâce aux yeux de Dieu.
C’est bien à cela que vous avez été appelés, car c’est pour vous que le Christ,
lui aussi, a souffert ;
il vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces.

Ces paroles nous rappellent que Dieu ne veut pas la souffrance, il n’a pas cree la souffrance ; nous croyons qu’elle est la consequance de notre liberte mal utilise...

mais grace a l’offrande de Jesus, Dieu nous permet de decouvrir le sens en acceptation de notre croix...

Il nous montre que porter sa croix est une essence de notre foi...

Personne normal ne veut la croix, la souffrance... Dieu ne veut pas pour nous la souffrance... et c’est pour cela que en suivant Jesus, en supportant la croix, en offrant notre souffrance pour les autres, nous faisons quelque chose totalement desinterese... quelque chose qui nous purifie, qui nous libere de notre egoisme...

Et de cette facon, Dieu. grace a son offrande, peut transformer notre douleur en grace pour nous-memes...

La deuxieme mots du pape pour cette dimanche, c’est la gratitude... la gratitude liè a l’acceptation que tout est grace... notre vie.. notre vocation ; le bonheur et la souffrance.

Oui, quand nous cherchons le sens dans ces evenements qui nous touchent maintenant... nous voulons percevoir une grace dans ces evenements...

Quand j’ai reflechi sur la souffrance de la communate qui ne peut pas accueillir Jesus dans la communion... qui ne peut pas celebrer les plus grandes fetes : les Paques, le Pentecote... je me suis souvenu les paroles d’Isaie... :

Je n’en peux plus de ces crimes et de ces fêtes.

Vos nouvelles lunes et vos solennités, moi, je les déteste : elles me sont un fardeau, je suis fatigué de le porter – dit le Seigneur -

Quand vous étendez les mains, je détourne les yeux. Vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang.

Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien : recherchez le droit

 

Je suis sur que Dieu veut nous montrer quelque chose d’important par ces evenements...

Peut-etre nous ne comprennons pas ces dons, nous ne respectons pas sa grace... peut-etre nous avons accueilli ses dons sans conscience, sans foi.. superfficielement : le Careme ne changeait pas reelement notre vie, les fetes etaient seulement une tradition et notre vie n’etait pas la vie pascal...

Je suis sur que Dieu, par ces evenements, rappelle l’appel de Saint Pierre de la premiere lecture :

Convertissez-vous…

la conversion.. c’est une grace qui peut etre le fruit de ce temps

Je rencontre les gens qui sont impatiants... c’est normal, mais peut-etre nous avons besoin de plus de temps pour decouvrir ce que Dieu veut nous dire par ces evenements... ? nous avons besoin de plus de temps pour se convertir...

Moi, je ne sais pas encore... je cherche la reponse.. et Vous ? Vous le savez ? Vous l’a trouve ?

Chacun de nous doit personellement chercher la reponse a cette question jusqu’au moment ou il trouve la grace... et il repond a ces evenements avec la gratitude...

Le mot suivant du pape c’est le courage...

Pour repondre a sa vocation il faut du courage

Pour supporter la souffrance il faut du courage

Pour se convertir il faut du courage...

Pour etre les temoins de la foi qui est plus forte que la mort.. il faut du courage

parfois le courage de Saint Pierre qui a dit aux pharisiens :

« Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.

 

Prions pour cette courage pour notre Eglise...

Le pape a dit dans sa lettre :

Courage, n’ayez pas peur ! Jésus est à côté de nous et, si nous le reconnaissons comme l’unique Seigneur de notre vie, il nous tend la main et nous saisit pour nous sauver.

 

Et alors, même au milieu des vagues, notre vie s’ouvre à la louange. C’est elle la dernière parole de la vocation, et elle veut être aussi l’invitation à cultiver le comportement intérieur de la sainte Vierge Marie : reconnaissante pour le regard de Dieu qui s’est posé sur elle, confiant dans la foi ses peurs et ses troubles, embrassant avec courage l’appel, elle a fait de sa vie un éternel chant de louange au Seigneur.

 

Nous avons commence le mois du mai qui est consacre particulierement a Marie...

Avec elle, louons Dieu pour toutes les choses qu’il fait dans ce temps...

 

3 Dimanche de Pâques - Mgr Nicolas Brouwet

 

« Ils s’arrêtèrent, tout tristes. »

On peut comprendre cette désillusion des disciples. Leur maître est mort comme un esclave au Golgotha, à la fois condamné par les chefs du peuple juif et crucifié par l’occupant romain. C’est un échec total. Et les voilà repartis chez eux. Comme si toute cette aventure à la suite de Jésus n’avait servi à rien.

Il y avait pourtant eu un élan, une nouvelle dynamique dans leur vie ; ils avaient trouvé un trésor, une joie nouvelle, une espérance pour l’avenir. La proximité avec Jésus avait tout transformé en eux.

C’était comme une force qui les soulevait, les portait et qui les avait transformés. Ils ont maintenant le sentiment que tout cela est terminé,

Et qu’ils ont juste à reprendre leur vie passée,

Une vie marquée par l’amertume, la déception et peut-être aussi le ressentiment.

Ils tournent le dos à Jérusalem et s’apprêtent à abandonner cet élan spirituel.

Jésus les rejoint, mais ils ne le reconnaissent pas. Jésus ressuscité n’est jamais reconnu tout de suite, nous le savons. Son corps de Ressuscité est transformé ; il n’est pas immédiatement reconnaissable.

Mais il y a autre chose : il y a l’incompréhension des disciples : « Nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. » Jusqu’au dernier moment ils pensaient que Jésus allait rétablir un royaume temporel. C’était la vision qu’ils avaient du Messie. C’est exactement ce que dirons les Apôtres  au moment de l’Ascension : « Est-ce maintenant le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël ? » (Ac 1, 6).

Il y a une sorte de vaste malentendu. Ils croyaient que Jésus allait devenir roi comme David ou Salomon et libérer la terre d’Israël de l’occupant romain.

Les disciples sont dans la tristesse parce que Jésus n’est plus là. Mais aussi parce qu’ils s’étaient faits une fausse image de lui, le Messie. Ils le présentent comme « un prophète puissant par ses actes et par ses paroles », mais ils n’ont pas encore compris de quelle puissance il s’agit. Ils ont encore une idée fausse du projet de Dieu.

Il peut nous arriver, à nous aussi, d’être dans un état de tristesse, de désillusion, de sentiment d’échec. Parce que nous connaissons des épreuves, parce que notre vie ne s’est pas déroulée comme nous l’avions prévu. Parce que nous sommes déçus par les autres ou par nous-mêmes.

Cette tristesse peut atteindre notre vie de foi, notre relation à Dieu. On a du mal à prier, on n’a plus de goût pour la messe, pour la Parole de Dieu. On ne sait plus prendre appui sur la grâce. Même la vie de la communauté nous ennuie ; on n’a plus envie de s’engager, de participer à des rencontres. Bref, on n’a plus le goût de Dieu. On en arrive à se demander ce qu’il fait pour nous alors qu’on a tant fait pour lui.

Derrière cette fatigue spirituelle, il peut y avoir aussi une fausse image de Dieu. Et la déprime spirituelle ne peut cesser que si on accepte de quitter, de renoncer à cette image. Et en particulier au regard biaisé que nous pouvons avoir sur la façon qu’à Dieu d’intervenir dans notre vie, sur ce qu’on appelle sa providence.

On voudrait parfois, en effet, qu’il utilise sa puissance divine pour régler nos affaires, pour résoudre nos problèmes de façon immédiate (ex : les problèmes politique dans le cas du peuple juif à l’époque de Jésus ; mais aussi nos problèmes personnels, nos problèmes de santés, nos difficultés financières, professionnelles ou affectives…).

On voit Dieu comme celui qui intervient - en vertu de sa toute-puissance, celle que l’on confesse dans le Credo - qui intervient directement, seul, d’en haut, sans jamais passer par nous, par notre agir, par notre liberté, par notre humanité.

Ce regard peut nous maintenir dans un rapport très immature à Dieu. On n’est pas avec lui dans un dialogue, on n’est pas dans un discernement où notre liberté est engagée ; on n’est pas dans la recherche du vrai bien, de ce qui est bon et juste pour nous. Il y a une forme de passivité devant l’œuvre de Dieu. Dans cette vision des choses la prière devient juste une façon de faire servir la toute-puissance de Dieu à notre profit. Nous voulons quelque chose ; il faut l’obtenir à tout prix : la prière servirait à cela.

Comprenons bien : Dieu est providence, il s’occupe de nous et il nous invite à nous abandonner à lui pour les questions du quotidien, à ne pas demeurer dans l’inquiétude au sujet de la nourriture et des vêtements (Mt 6, 31-33).

Mais il suscite aussi notre collaboration. Il nous veut libres et coopérateurs de son œuvre de salut. Il veut agir à travers nous. L’action de Dieu passe également par notre liberté et par le travail de notre intelligence. Voilà la grandeur de la providence divine : Dieu nous donne la dignité d’agir par nous-mêmes et de coopérer à son œuvre. Il n’est pas venu pour diriger la cité terrestre. C’est à nous de le faire. Avec sa grâce.

Cette méprise, cette erreur sur Dieu, ce contresens sur la puissance de Dieu et de ses desseins sont parfois à l’origine de nos déceptions sur lui, de nos dégoûts dans la vie spirituelle, de notre tristesse et donc aussi de nos révoltes contre lui. Parce qu’on n’imagine pas combien Dieu passe aussi par notre humanité, par nos engagements, par nos initiatives ; et qu’il suscite notre concours.

C’est l’expérience que font les pèlerins d’Emmaüs. Ils vont apprendre que Jésus n’est pas venu pour résoudre les problèmes avec l’occupant. Mais pour marcher avec eux dans leurs engagements quotidiens, pour marcher avec nous.

Jésus nous rejoint sur notre chemin. Il nous rejoint aussi dans nos fatigues, dans nos manques d’énergie spirituelle. Même dans cette période de confinement qui dure, avec cette épidémie qui ne prendra pas fin le 11 mai prochain et qui peut user notre espérance, notre entrain, notre joie. 

Il marche humblement avec nous et ouvre notre intelligence à sa Parole. Il nous parle quotidiennement dans le murmure d’une brise légère et suscite ainsi notre liberté, sans s’imposer, sans tout décider pour nous mais, pas à pas, en nous montrant l’horizon, en se laissant connaître, en nous montrant un chemin de vie.

Il nous nourrit de son Eucharistie, de son Corps de son Sang ; il nous donne sa propre vie mais toujours sous l’humble aspect du pain et du vin : présence discrète, fragile, vulnérable de Dieu qui se remet entre nos mains et qui suscite notre « oui ».

Il nous parle d’un Dieu qui se fait proche, qui partage notre humanité, qui nous rejoint dans nos tristesses, dans nos questions, dans nos initiatives et nos projets, dans nos grands désirs, pour nous ouvrir l’intelligence, pour élargir notre horizon, pour convertir notre regard, pour nous inviter au discernement. Il ne s’impose pas ; il attend qu’on lui ouvre la porte pour entrer. Il s’assoit à notre table comme un hôte. Il fait chez nous sa demeure. Il vient épouser notre humanité et continuer de vivre en nous le mystère de l’Incarnation pour que dans notre humanité nous vivons de la vie de Dieu.

L’Evangile d’Emmaüs est l’Evangile de la deuxième génération de chrétiens. Celle qui n’a pas connu Jésus vivant, ressuscité et qui doit apprendre à avancer au quotidien, comme nous, avec pour nourriture la Sainte Ecriture et les sacrements, dans la foi. Parfois dans la nuit. Mais certaine d’être accompagnée dans sa marche de la douce présence du Ressuscité.

Jésus est notre compagnon de notre route. Non pas pour errer avec nous ; non pas pour se laisser entraîner dans nos impasses. Mais pour nous montrer le chemin de Jérusalem, la Cité sainte où le Père nous attend pour partager la joie des noces. Il veut que nous fassions le chemin ; mais il se tient toujours à nos côtés. Et c’est ainsi qu’il fait de nous ses témoins au cœur brûlant, des témoins qui ont compris que le Christ est vivant, ressuscité, au cœur de l’Eglise, au cœur de nos vies personnelles et que c’est une joie de l’annoncer. Amen.  

 

3 Dimanche de Pâques - Père Dorothée

 

Le message de ce dimanche porte sur l’Espérance que nous donne La résurrection du Christ.

Notre Espérance chrétienne a pour fondement la Résurrection du Christ. Elle est inséparable de la foi dont la source est l’amour miséricordieux de Dieu. Ce mystère de la résurrection donne une visibilité manifeste à l’amour de Dieu pour l’homme et à son avenir en Dieu dont le projet de salut se réalise dans le Christ.

Dans la première lecture (Ac 2, 14.22b-33) Le courage dont Pierre fait montre ce jour de la Pentecôte devant un public de pèlerins est la preuve de l’espérance qui l’anime. C’est ce courage que nous chrétiens aujourd’hui devrions avoir. Il va droit au but en fondant l’espérance d’Israël sur la résurrection du Christ. Si la Croix défie la logique humaine sur la divinité du Christ, alors sa résurrection offre de nouvelles raisons pour comprendre le sens de sa nature divine et l’avenir de notre humanité. Dieu l’a ressuscité en le délivrant des affres de la mort. La résurrection du Christ constitue en effet un événement qui fonde notre vie de communion avec Dieu par le Christ ressuscité. Dieu, en ressuscitant Jésus d’entre les morts, fait de lui le chef, le premier né de la nouvelle création pour graver en nous l’image céleste dont la résurrection est le gage. C’est dans le Christ ressuscité et par lui que notre communion avec Dieu prend une dimension d’éternité. Le Christ est alors le principe et la fin de notre vie, de notre espérance en Dieu. La vie que nous attendons de Dieu nous l’obtenons du Christ ressuscité parce qu’il est l’accomplissement parfait de toutes nos attentes. Pierre dans son message fonde l’espérance d’Israël sur la résurrection du Christ ; car il est celui en qui se réalisent les projets de Dieu pour le peuple toujours en attente du Messie. Pour celui qui croit, l’espérance de l’homme, c’est le Christ.

A partir de la deuxième lecture (1 P 1, 17-21), l’apôtre Pierre nous donne de comprendre que Le cœur de la foi, c’est le Christ ressuscité par qui se manifestent pour nous la miséricorde et le salut de Dieu. Il est l’agneau sans tâche dont le précieux sang est répandu pour nous sauver, afin que sa résurrection se manifeste dans notre chair. Forts de ce sacrifice du Christ, nous vivons ici-bas dans la crainte de Dieu, dans l’espérance que sa résurrection se produira dans notre chair ; car notre résurrection dans le monde à venir est l’extension de la résurrection du Christ. Notre salut consiste en ce que le Christ fonde et cause notre résurrection future en Dieu. Cette résurrection non seulement assume la réalité de notre vie terrestre, mais surtout la porte à son achèvement en Dieu dans la glorification. Par la foi dans le Christ ressuscité s’ouvre pour nous l’espace de notre future résurrection et glorification.

Et cette résurrection a une dimension à la fois personnelle et collective.

Ce qui nous manque en cette période très difficile est justement cette dimension communautaire de notre liturgie.   La crainte de Dieu est l’expression de la foi qui habite les fils de Dieu dans l’espérance que cette filiation se réalise par la résurrection, pour avoir été rachetés par le sang du Fils de Dieu. Dans l’espérance de la résurrection, notre conversion consiste à retrouver le vrai chemin de la libération qui fasse de nous de dignes fils de Dieu.

L’évangile de ce jour (Lc 24, 13-35) présente La résurrection du Christ comme l’événement le plus impressionnant de toute l’histoire humaine.

 L’exemple des disciples d’Emmaüs témoigne de ce bouleversement qui laisse une marque indélébile dans l’expérience de la foi. Ce qui importe dans cette expérience de Pâques, c’est de rencontrer Jésus ressuscité sur nos nouveaux chemins d’Emmaüs. Pâques offre l’occasion d’éprouver la présence du Christ comme une présence agissante et bouleversante au cœur de l’homme. Par les saintes Ecritures Dieu se dit en son Fils qui est au centre du projet qu’il réalise pour l’homme et avec l’homme. Il engage avec l’homme une histoire dont la résurrection du Christ est la clef d’interprétation. La résurrection du Christ donne sens non seulement à l’avenir de l’homme en Dieu mais surtout à la manifestation de l’amour et de la gloire de Dieu dans l’histoire de l’homme, comme conséquence du don total qu’il fait de son Fils dans le sacrifice de la croix. Par sa souffrance sur la croix Jésus réalise à sa perfection l’amour que Dieu porte pour l’humanité. Et par sa résurrection il indique le chemin de notre vocation en Dieu comme achèvement de cet amour en Dieu.

Prions les uns pour les autres. Notre monde d’aujourd’hui a besoin de témoins courageux et audacieux comme Pierre. Continuons nos efforts de témoignage personnels, familiaux, et communautaires. Laissons-nous rencontrer par le Christ Ressuscité sur nos chemins d’Emmaüs à travers les nouvelles formes de solidarité redécouvertes.  Communion avec le Christ. Communion avec tous nos frères les hommes.

 

3 Dimanche de Pâques - Père Wojtek

 

Saint Luc nous raconte aujourd’hui l’histoire de deux disciples qui vont à Emmaüs depuis Jérusalem..

Alors les disciples ne sont pas confinés ... mais, est-ce qu ‘ils sont sortis ?...

Saint Jean a rapporté: Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs

Oui, ces deux disciples dont parle l’Évangile d’aujourd’hui... ils sont partis... mais pas pour proclamer la résurrection de Jésus, au contraire...

Il semble qu’ils s’enfuissent de Jérusalem..

Tous les deux qui vont à Emmaüs, ont écouté ce matin la joyeuse nouvelle que Jésus est ressuscité...  ils ont dit :

À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant.

mais cette nouvelle n’a pas réveillé en eux la joie et l’espérance au contraire elle a réveillé une peur bleue...

Alors les disciples peuvent sortir au dehors, contrairement à nous, mais ils sont paralysés par la peur, la tristesse, le désespoir...

Les témoignages des autres ne les ont pas convaincus...

Saint Marc a écrit : Quand les disciples entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire. Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne.

Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus.

Tout a changé vraiment après la rencontre personnelle avec Jésus...

Cette rencontre a rempli leurs cœurs de joie, elle leur a donné l’espérance, le courage...

Pendant cette rencontre ils ont reçu le don de l’Esprit Saint et une mission :

Saint Jean a rapporté :  Jésus leur dit: « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis.

Ce sont les fruits de la rencontre avec Jésus ressuscité : la paix, le pardon des pêchés, le don de l’Esprit Saint...

j’ai posé au début la question : les disciples étaient-ils confinés?)... non mais il étaient fermés... Nous sommes confinés, mais si nous rencontrons Jésus nous ne devons pas être fermés..

Mais quelles étaient les conditions de cette rencontre ?

Pourquoi Thomas Apôtre n’a -t -il  pas cru.. ?

Pourquoi les disciples qui vont à Emmaüs n’ont–ils pas pu reconnaître Jésus ?

Pourquoi leurs yeux étaient-ils empêchés de le reconnaître ?

 Nous pouvons chercher  la réponse à ces questions dans les paroles de Jésus...

Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire
tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ
souffrît cela pour entrer dans sa gloire ?

Ce qui les   empêche de reconnaître Jésus, c’est l’expérience de la souffrance et la mort du Seigneur... l’expérience de la Croix...

Ils ne peuvent pas accepter l’humiliation de Jésus

Ils ne peuvent pas comprendre qu’il était abandonné, anéanti, rejeté, humilié, trahi.. cela ne correspond pas à leur espoir...

Ils ne peuvent pas accepter qu’il fallait que le Christ souffrît cela

Il n’ y aurait pas de résurrection de Jésus sans sa mort... sans sa croix...

Il n’ y aura pas de résurrection pour nous sans notre mort, sans notre croix...

C’est la condition de la rencontre avec Jésus... accepter - pas seulement- que Jésus soit ressuscité et victorieux... mais accepter aussi son chemin vers la résurrection – le chemin de croix...

Certainement Jésus a expliqué aux disciples en chemin vers Emmaüs ces paroles d ‘Isaïe :

En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié.

Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris.

Les disciples ont dû comprendre qu’ il fallait que le Christ souffrît cela ...

Ils ont dû comprendre que sur la croix Jésus s’est uni à nos souffrances... il a compati avec nous...

Sur la croix il nous a montré son amour...

Il a voulu nous convaincre... nous qui souffrons, que son amour est authentique..

C’est pour cela que d’abord il a montré aux disciples son côté transpercé, les plaies, les blessures sur ses mains et ses pieds..

Thomas avait raison en voulant toucher les plaies de Jésus, mettre la main à son côté... cela lui a donné la certitude qu’il a rencontré vraiment Dieu qui l’aime, Dieu qui a donné sa vie pour lui...

Maintenant, la croix de l’épidémie, la croix de la solitude, la croix de la souffrance, l’expérience de la mort, peuvent nous accabler, désespérer, décourager... et cette croix peut empêcher  nos yeux de s’ouvrir  et de reconnaître et rencontrer Jésus ressuscité..

Il faut permettre à Jésus de nous accompagner sur notre chemin de croix...

Il faut permettre à Jésus  de nous expliquer notre expérience...

Un temps privilégié pour  cette rencontre avec Jésus est l’Eucharistie...

 Quand nous lisons l’Évangile d’aujourd’hui nous voyons que d’abord Jésus

partant de Moïse et de tous les Prophètes, leur interpréta, dans toute l’Écriture,ce qui le concernait.

Et après

Quand il fut à table avec eux,ayant pris le pain,
il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.

Alors, nous voyons que toute la route des disciples vers Emmaüs est l’image de l’Eucharistie : d’ abord la liturgie de la parole où Jésus nous explique la parole de Dieu, et ensuite la liturgie eucharistique où il nous nourrit...

Si l’expérience de la maladie et de  la mort nous empêche de rencontrer Jésus ressuscité, l’Eucharistie est un espace privilégié où nous pouvons surmonter notre peur, notre désespoir...

Pendant l’Eucharistie Jésus a rompu le pain... Jésus est un pain rompu cela signifie qu’il donne sa vie, qu ‘il s’offre pour nous, qu’il souffre, qu’il passe par la mort pour ressusciter...

Pendant l’Eucharistie Jésus nous permet de toucher ses plaies, il nous permet d’entrer dans son cœur transpercé..

Je vous encourage à participer chaque jour à l’Eucharistie. C’est la rencontre avec la vérité sur Jésus qui nous transformera, nous remplira de joie, nous  fortifiera pour suivre Jésus sur le chemin de notre croix. 

 

Dimanche de la Misericorde - Père Dorothée

 

Introduction

La Résurrection du Christ est une sorte d’investiture. Désormais, il n’est plus comme tous les hommes. Il est investi d’un pouvoir particulier qui lui permet de rassurer les Apôtres et de leur communiquer son triomphe sur le mal et sur le péché (évangile). Cette Résurrection qui inaugure l’espérance en la participation à la gloire de Dieu (2e Lecture) structure la vie communautaire de l’Église primitive (1ère Lecture).

LA VIE COMMUNAUTAIRE DES PREMIERS CHRÉTIENS. Nous sommes aux débuts de l’Église, dans la communauté primitive de Jérusalem, où ses membres ne formaient « qu’un seul cœur et qu’une âme ». C’est une communauté marquée par le Judaïsme, qui essaie de vivre la ferveur liturgique et la fraternité. Surtout que la plupart des chrétiens de Jérusalem sont des étrangers à la ville, membres de la Diaspora, pauvres sans domicile ou foyer. Ils devraient être très heureux de se rassembler, de prier ensemble et de se trouver autour d’une table commune, symbolisant déjà le banquet eschatologique. Cette communauté des premiers chrétiens de Jérusalem articulait sa vie autour d’un triple attachement :

1-l’enseignement des Apôtres qui était une sorte de catéchèse, leur permettant de mieux connaître le Christ et ce qu’il a laissé comme message à ses disciples.

2-Ensuite la mise en pratique de la loi d’amour, dans la communion fraternelle.

3-Et enfin la liturgie qui était leur lieu d’action de grâce à Dieu et leur ressourcement.

Cette communauté trouvait dans la catéchèse des Apôtres, dans la vie fraternelle, dans les prières et le pain rompu, la grâce d’être missionnaire. Même si la mission aux païens n’était pas si explicite, la communauté n’était pas moins désireuse de les intégrer en son sein, puisque tous sont appelés au salut.

Voilà pour nos communautés d’ aujourd’hui le modèle à suivre. Mais en ce temps de confinement dû à la pandémie du covid19, il nous est difficile de vivre de façon communautaire ce triple attachement. Mais il existe des initiatives louables et de beaux témoignages. Nombreux sont aujourd’hui ceux qui viennent en aide aux personnes en difficulté. Il y a même une formule de solidarité - écoute qui se met en route pour que les personnes puissent parler un bon moment avec d’autres. L’opération de confection des masques mobilise aussi plus d’un. De nouvelles formes de solidarité naissent partout.

C’est aussi certainement pour nous une interpellation pour vivre toutes les valeurs de solidarité et de miséricorde à l’échelle familiale dans nos « Églises Domestiques ».

Par l’assiduité, à la maison, aux divers enseignements de notre Père Évêque et des pasteurs de nos paroisses.

Par la mise en pratique de l’expérience de l’amour entre époux, entre parents et enfants dans une communion familiale redécouverte.

Par une expérience redécouverte de la vie de prière, d’action de grâce et de ressourcement de notre piété à domicile.

Mais c’est dans la foi au Christ Ressuscité que nous pouvons trouver la force, et la joie profonde pour vivre concrètement cette valeur de la miséricorde et de l’amour du prochain surtout en en ce temps de confinement.

Malgré les épreuves que nous traversons actuellement, nous sommes invités à rayonner de la lumière du Christ.

Pour l’Apôtre Pierre, les difficultés et les épreuves que nous rencontrons ont pour but de purifier et de consolider notre foi.

C’est pourquoi elles sont comparées au feu qui épure l’or pour en révéler l’éclat. Chacun de nous peut être transformé par la Parole de Dieu qu’est le commandement d’amour. Le monde nouveau dont le Christ a jeté les bases dans sa mission et sa Résurrection ne naîtra pas d’un coup d’éclat, mais plutôt au terme d’une lente et persévérante maturation de la Parole d’amour dans nos cœurs.

Dans l’évangile de ce deuxième dimanche de Pâques nous voyons le Seigneur Jésus-Christ Ressuscité aux côtés de ses Apôtres au Cénacle. Il nous dit par là qu’il est aussi avec nous en tout temps et partout. Il partage nos joies et nos peines. Tout comme à ses Apôtres il apporte à tous les hommes la joie et la paix. Il donne à ses apôtres en même temps le pouvoir de transmettre son pardon, non pas seulement en instituant le sacrement du pardon, mais surtout en leur communiquant le pouvoir de son triomphe sur le mal et le péché.

C’est dans le sacrement de la réconciliation ou de  la confession que  nous faisons aujourd’hui l’expérience d’un Dieu qui est riche en miséricorde. Et nous sommes tous les missionnaires de la miséricorde de Dieu dans la cité, dans nos communautés et surtout dans nos Églises Domestiques.

Ce deuxième dimanche a été institué par le pape Saint Jean Paul II comme dimanche de la divine miséricorde. En cette période d’inquiétude disons avec Ste Faustine « Jésus j’ai confiance en toi ». Amen.                                   

 

Dimanche de la Misericorde - Père Wojtek

 

Pourquoi Dieu a -t-il choisi Bernadette et la petite ville française de Lourdes ?

Pourquoi Dieu a-t-il choisi les enfants portugais et le petit village de Fatima ?

Pourquoi Dieu a -t-il  choisi la simple fille polonaise – Faustine pour rappeler  sa Miséricorde ?

Ces personnes,  Bernadette, François et Jacinthe, Lucie et Faustine, unissent la simplicité, le manque d’éducation, l’ humilité, la pauvreté, la souffrance à cause de la maladie et, avant tout, la souffrance à cause de l’ incompréhension et le rejet de leurs missions par les gens...

Mais, même si ces apparitions se sont trouvées en France, au Portugal, en Pologne, elles sont la parole de Dieu pour tout le monde... pour le monde entier...

Aujourd’hui nous voulons nous concentrer sur les apparitions de Jésus à  sœur Faustine... La Fête de la  Miséricorde que nous célébrons aujourd’hui est l’un des fruits de ces apparitions...

Alors.. pourquoi Dieu a - t-il choisi la simple fille polonaise – Faustine pour nous rappeler  sa  Miséricorde ? Pour  comprendre  cela il est bon de se souvenir  du  contexte historique de ces apparitions...

Faustine est née avant la première guerre mondiale. A cette époque la Pologne n’existait pas sur les cartes d’Europe. Pendant une période de 123 ans, elle était occupée par des Allemands, des Autrichiens et des Russes. L’ enfance de sœur Faustine a été marquée par la guerre. Mais il faut rappeler que la guerre, pour les Polonais, ne s’est pas terminée le 11 novembre 1918.. L’État qui a récupéré son Indépendance après la guerre mondiale a été attaqué par l’armée rouge, l’armée des Russes, qui ont  voulu de nouveau occuper la Pologne et qui ont voulu diffuser, propager le communisme dans toute l’  Europe. A cette période, Faustine a  15 ans. Après la guerre elle a eu ses premières expériences mystiques qui l’ont appelées à la vie consacrée.

Elle a réussi à commencer la vie dans la Congrégation en 1925...

En vivant très simplement dans le monastère, en travaillant très durement, elle a vécu ( expérimenté) les rencontres avec Jésus qui lui a confié la mission d’être la secrétaire de la Miséricorde de Dieu.

La première apparition, quand Jésus est venu chez elle comme il est apparu aux Apôtres au Cénacle, s’est passée le 22 février 1931..

Faustine l’a raconté dans ce Petit Journal :

...

Et ces apparitions ont duré jusqu’ à la mort de Faustine avant la deuxième guerre mondiale...

Alors... Dieu nous a rappelé  sa Miséricorde après une guerre terrible et avant une guerre encore plus cruelle..

Peut-être cela peut nous aider à comprendre les projets de Dieu...

Nous ne pouvons pas oublier, en pensant à ces apparitions, quel a  été  le rôle de Carole Wojtyła dans ces projets de Dieu ...

Grace à lui, ces évènements de la vie de Sainte Faustine, se sont diffusés (répandus) dans le monde entier..

Alors que Sainte Faustine mourrait au monastère à Łagiewniki (elle est décédée le 5 octobre 1938), Carole Wojtyła avec son père arrivaient  à Cracovie (ils y sont  venus en août de cette année- là )...

Quand Wojtyła est devenu l’évêque de ce diocèse il a demandé à son professeur de théologie de faire une  dissertation critique sur le Petit Journal de sœur Faustine... et après son travail, ce professeur, qui était auparavant très critique par rapport à  ces apparitions a changé d’ avis..

Il a donné le témoignage que selon lui ce n’est pas possible que Faustine qui avait terminé seulement les trois classes d’école primaire, puisse créer seule les contenus de ce Journal.. Il a montré la profondeur et la correspondance des contenus du Petit Journal avec la parole de Dieu de l’Ancien et du  Nouveau Testament.

Et enfin, quand Carol Wojtyła est devenu  pape jusqu’à la fin de sa vie il a propagé le culte de la Miséricorde de Dieu...

Il a promulgué cette Fête lors la canonisation de Sainte Faustine en 2000  et pendant le  dernier pèlerinage en Pologne au sanctuaire de la Miséricorde de Dieu  à Łagiewniki à  Cracovie , il a confié le monde au Dieu Miséricordieux..

Il  y a  dit, en  se souvenant de l’histoire du XX siècle : Vraiment, le monde d’aujourd’hui a tellement besoin de la Miséricorde de Dieu...

Qu’est ce que cela signifie ?

Découvrir les apparitions de sainte Faustine cela signifie découvrir les contenus de  l’Évangile d’aujourd’hui

Par sa mort et sa résurrection, par le don de Son Esprit, Jésus nous a révélé en plénitude l’amour du Père...

Il nous a apporté la paix de Dieu.. il nous a donné l’Esprit de Dieu..

Et les Apôtres qui ont accueilli le pardon de Dieu, la paix de Dieu, l’Esprit de Dieu ont été envoyées pour apporter la miséricorde de Dieu aux autres

Ils  ont été envoyés pour donner à tout le monde le pardon et la paix...

Les apparitions de Sainte Faustine rappellent ce chemin des Apôtres...

Ils nous font souvenir  que dans l’Ancien et Nouveau Testament Dieu a révélé sa Miséricorde

Ils font découvrir la vraie image de Dieu...

Et ensuite, ces apparitions nous invitent à faire confiance à Dieu pour accueillir sa Miséricorde... son pardon et sa paix...

Faire confiance à Jésus – c ‘est le cœur de ces apparitions parce que c’est le chemin vers le cœur miséricordieux de Dieu...

Mais accueillir la miséricorde de Dieu ce n ‘est pas tout...

Les apparitions de Sainte Faustine nous appellent à  être les témoins de cette Miséricorde...

Jésus a dit à Sainte Faustine :

...

Et nous aussi, en accueillant aujourd’hui la grâce de la Miséricorde, soyons les témoins de cette grâce par l’action, par la parole et par la prière..

 

Homélie Pâques 2020 – Mgr Nicolas Brouwet

 

Tous ceux qui ont décidé cette année d’entrer vraiment dans un chemin de carême pour se préparer à la fête de Pâques ont été évidemment saisis pas les conditions dans lesquelles nous l’avons vécu.

Nous nous sommes promis de suivre Jésus au désert et nous avons été finalement confinés chez nous, à la fois obligés de rester à distance de nos collègues, de nos voisins, de nos parents, de nos amis ; et à la fois tenus de rester en famille, concentrés les uns avec les autres comme nous ne le sommes que rarement, en tous cas aussi longtemps.

Des moines ou des moniales ont donné des conseils. Un commandant de sous-marin également. Mais si une entrée dans la vie monastique se mûrit pendant le temps du noviciat, si une plongée de deux mois en haute mer s’organise en amont, personne ne s’était préparé à un tel confinement.

Chacun tirera les leçons de cette expérience. Je voudrais m’arrêter sur trois leçons qu’elle nous livre dans la lumière de Pâques.

La première leçon c’est qu’on a pu nous laisser penser que le summum d’une vie accomplie était justement cela : de rester chez soi tranquillement en travaillant peu, en menant une vie de consommation et de loisirs avec ses proches, connectés via les réseaux avec ceux que nous aimons. Au bout de trois semaines nous le constatons : nous ne sommes pas faits pour cette caricature du bonheur, d’une liberté tournée sur elle-même.

Parce que dans cette sorte de grande défaillance de notre système de santé et de notre système économique, dans cette forme d’impuissance de la technique face au virus, ce qui nous fait absorber le choc c’est l’activité, la disponibilité, le don de soi des soignants, et de tous ceux qui travaillent en prenant le risque d’attraper le virus. On sort à nos fenêtres pour les applaudir. Certains disent qu’ils sont des héros du quotidien. En fait ils sont ce que nous voulons tous être au fond de nous-mêmes : donnés pour les autres, disponibles pour les autres ; en prenant des risques. Voilà ce qui donne du sens à notre vie.

Et c’est ce que Jésus nous révèle dans le mystère pascal. Que chacune de nos vies est faite pour être donnée, pour être offerte et non pour être gardée pour soi. Offerte librement, à la suite de Jésus, pour le salut du monde. Jésus nous sauve de l’enfermement sur nous-mêmes qui est notre tombeau.

« Restez chez vous ! » est une consigne pour temps d’épidémie et il faut la respecter. Mais, dans un regard de foi, elle est ce qu’il y a de plus contraire à notre vocation profonde : la consécration de tout notre être à Dieu dans le service des autres. Nous sommes faits pour recevoir et donner. Voilà ce qui nous libère en vérité. Et ce sur quoi devrait reposer chacune de nos vies comme nos projets de société.

Il y a une deuxième leçon que nous pourrions tirer de ce confinement : Nous réalisons que c’est une grâce de pouvoir rencontrer quelqu’un en chair et en os, de se parler face à face, d’improviser un dialogue à un carrefour, de se serrer autour d’une table, de se serrer la main sans enfiler une paire de gants, de trinquer, de danser…

Beaucoup en ont d’ailleurs fait l’expérience amère en étant empêché par les circonstances d’accompagner un parent en fin de vie à l’hôpital ou en Ehpad. Il n’y a pas eu ces dernières paroles, cette dernière caresse, ce dernier baiser, cet À-Dieu si intime, si nécessaire. Nous pensons à eux ce soir.

Internet et les réseaux sociaux sont bien utiles. Mais jamais ils ne remplaceront la joie et la nécessité d’une présence physique. Les media, les écrans nous mettent en relation mais ils ne nous mettent pas en présence. Or l’absence physique se révèle finalement insupportable, inhumaine. La chair n’est pas facultative. On peut lui trouver un substitut pour un temps. Mais des relations personnelles se tissent dans la rencontre des corps, dans la mobilisation des cinq sens, en prenant le risque de la proximité, en éprouvant dans tout son être la présence de l’autre et ce qu’il communique en partageant le même espace.

Dans l’Evangile de Pâques la chair est tellement prise au sérieux que Jésus ressuscite avec un corps. Corps glorieux que les disciples ne reconnaissent pas tout de suite mais corps réel qui porte les blessures de la Passion. Jésus ressuscité n’est pas un fantôme : « Voyez mes mains et mes pieds, dit-il à ses Apôtres ; c’est bien moi ! Touchez-moi et rendez-vous compte qu’un esprit n’a ni chair ni os. » Luc 24, 39.

Il retrouve ses disciples dans la réalité de sa chair transfigurée parce que nous sommes constitués de glaise et que nous ne savons vivre que dans cette matérialité-là, dans l’épaisseur de la matière que Dieu a créée ; et qu’il prend au sérieux au point de l’assumer personnellement dans le mystère de l’incarnation et de l’élever jusqu’à lui dans la grâce de l’Assomption.

La chair est comme le sacrement de la présence de l’autre. Elle est fragile, vulnérable mais c’est par elle qu’on accède vraiment à lui. Nous ne pouvons pas vivre que de relations dématérialisées. Le corps est sacré même s’il est blessé. Parce que chacun s’y révèle dans toute sa dignité. Même le plus faible.

Voilà enfin une troisième leçon possible dans la lumière de Pâques : La cohabitation permanente en famille ou en communauté nous fait prendre conscience que nous avons aussi besoin de temps pour nous-mêmes. Nos moments de relation se nourrissent de temps de solitude pour être avec soi-même et vivre une intériorité. Mais on peut paniquer à l’idée de se retrouver en solitude et fuir en se connectant immédiatement.

Jésus ne vient pas nous sauver de la solitude. Il vient nous sauver de l’isolement qui est déjà une forme de mort. Nous avons besoin de solitude pour nous remettre face à nous-mêmes dans le regard de Dieu.

 

La solitude peut nous faire peur, nous angoisser. Parce que nous craignons de nous retrouver face à un vide. Et de nous dire : au fond de moi-même, il n’y a rien. Il n’y a qu’un abîme où s’accumulent le néant de mon existence, des regrets, des remords, des souvenirs honteux ou des expériences douloureuses. Ou alors le souvenir de moments formidables mais qui sont perdus à jamais.

Mais au fond de nous-mêmes, au plus profond de notre cœur, il y a l’humble présence de Jésus. Au fond de nous, il n’y a pas un abîme angoissant mais le Dieu vivant qui nous attend, qui nous révèle à nous-mêmes, qui pose sur nous un regard de tendresse. Ce Dieu est descendu plus bas encore que toutes les épreuves et les échecs, que tous les péchés de notre vie passée pour les regarder avec nous dans la lumière nouvelle de sa miséricorde.

C’est précisément le sens de sa Passion bienheureuse et de sa Résurrection. Il vient, plus intime à nous-même que nous-même, illuminer cette part de nuit qui est en nous et y prêcher l’Evangile du salut. De sorte que cette solitude qui nous angoissait soit désormais un lieu de Révélation : révélation du dessein bienveillant de Dieu sur nous et de sa tendresse inconditionnelle pour nous.

Par sa Résurrection Jésus vient nous sauver de la mort et nous annoncer son projet de vie. Il vient à notre rencontre comme il le fait, ressuscité, avec ces femmes qui sortent du tombeau. C’est exactement notre expérience : appelés à sortir de tous nos enfermements, nous sommes rejoints par le Seigneur qui nous regarde, qui nous appelle, qui nous envoie, et qui, dans le feu de l’Esprit Saint, nous confie les uns aux autres. Le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

 

Dimanche de Paques - Père Wojtek

 

Dans mon pays nous construisons dans les églises l’autel de l’exposition du saint sacrement qui symbolise le tombeau de Jésus...

Là –bas, parmi les fleurs, nous déposons après la liturgie du vendredi saint le Saint Sacrement et la représentation de Jésus qui est enterré dans la tombe..

L’ostensoir dans lequel nous exposons le Saint Sacrement est couvert par un  voile blanc... comme la tête de Jésus au tombeau...

Et nous adorons le saint Sacrement toute la nuit du vendredi, et tout le  samedi saint jusqu’à la veillée pascale..

Nous célébrons la première Messe du jour de Pâques à six heures du matin...

De cette façon symbolique nous voulons accompagner les femmes qui sont allées au tombeau de Jésus quand il faisait encore sombre... avant le lever  du soleil...

Quand nous entrons dans l’église il n’y a pas déjà de représentation de Jésus dans l’autel de l’exposition... et le saint Sacrement est découvert...

Ce sont deux signes qui ont été donnés  aux  disciples de Jésus au jour de Pâque.. Le tombeau vide et le signe du pain eucharistique...

Ces signes ont invité les disciples de Jésus à croire en la résurrection du Seigneur avant la rencontre avec Lui...

D’abord nous voyons les femmes qui ont trouvé le tombeau vide...

Après, comme nous l’ avons entendu, Pierre et Jean ont couru au tombeau et ils ont vu le tombeau vide, ils ont aperçu les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus...
 

et ce signe a été suffisant pour croire...

l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau.
Il vit, et il crut.

Et après, l’après-midi de ce jour – là ...nous voyons deux disciples qui sont allés à Emmaüs

Jésus s’est adjoint à eux mais ils ne l’ont pas reconnu...

Quand il fut à table avec eux,
ayant pris le pain,
il prononça la bénédiction
et, l’ayant rompu,
il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent,
mais il disparut à leurs regards.

Nous avons aussi les mêmes signes...

le tombeau vide, les témoignages des disciples de Jésus...

et

l’expérience de la présence de Jésus avec nous dans sa parole, dans les signes sacramentaux...

Cela doit être suffisant pour faire le premier pas dans  la foi...

après avoir fait  ce pas nous pouvons éprouver la rencontre personnelle avec Jésus, comme les disciples...

il nous permettra de toucher son cœur...

il parlera avec nous

il nous accompagnera...

il nous nourrira...

il restera avec nous jusqu’ à la fin

Mais il faut  faire le premier pas comme les premiers disciples..


 

et ce signe a été suffisant pour croire...

l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau.
Il vit, et il crut.

Et après, l’après-midi de ce jour – là ...nous voyons deux disciples qui sont allés à Emmaüs

Jésus s’est adjoint à eux mais ils ne l’ont pas reconnu...

Quand il fut à table avec eux,
ayant pris le pain,
il prononça la bénédiction
et, l’ayant rompu,
il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent,
mais il disparut à leurs regards.

 

Nous avons aussi les mêmes signes...

le tombeau vide, les témoignages des disciples de Jésus...

et

l’expérience de la présence de Jésus avec nous dans sa parole, dans les signes sacramentaux...

Cela doit être suffisant pour faire le premier pas dans  la foi...

après avoir fait  ce pas nous pouvons éprouver la rencontre personnelle avec Jésus, comme les disciples...

il nous permettra de toucher son cœur...

il parlera avec nous

il nous accompagnera...

il nous nourrira...

il restera avec nous jusqu’ à la fin

Mais il faut  faire le premier pas comme les premiers disciples..

 

Samedi Saint - Père Wojtek

 

La parole de Dieu de cette nuit nous parle de la créature...

parce qu’ elle veut nous parler de  la créature nouvelle...

Nous voyons Dieu qui crée le monde par sa parole

Dieu qui crée un homme de la terre et du souffle de son Esprit...

Nous nous réjouissons avec les Israélites qui sortent d’Egypte et qui commencent une nouvelle vie... une vie libre

Encouragés par le prophète Isaïe,  nous venons boire l’eau vive...

Nous attendons l’accomplissement de la prophétie d ‘Ézéchiel :

Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Je vais ouvrir vos tombeaux
et je vous en ferai remonter,
ô mon peuple,
...

Je vous donnerai un cœur nouveau,
je mettrai en vous un esprit nouveau.
J’ôterai de votre chair le cœur de pierre,
je vous donnerai un cœur de chair.

Pourquoi ces textes d’aujourd’hui nous parlent – ils  de la créature, de la vie ?...

parce que Jésus par sa mort et sa résurrection nous a apporté la vie nouvelle

Cette vie nouvelle , nous l’ avons commencée au moment de notre Baptême...

C’est pour cela que toutes les lectures de cette nuit nous font découvrir  le mystère de notre Baptême... :

Le passage par la Mer Rouge est l’image de notre Baptême...

L’eau  vive gratuite est l’image de la grâce de notre Baptême

Le cœur nouveau   de chair et l’esprit nouveau sont les dons de notre Baptême...

C’est pour cela que tous les signes de cette nuit nous montrent la réalité de notre Baptême :

Le signe du cierge pascal qui dissipe les ténèbres de l’église

Le signe de la lumière qui parait pendant l’écoute de la parole de Dieu avec l’hymne : Gloire à Dieu..

Le signe de l’eau qui nous lave et nous donne la vie...

Tout la liturgie de cette nuit, qui est la liturgie la plus importante de l’année, nous conduit vers ce moment où nous allons renouveler les promesses de notre Baptême... quand nous allons accueillir  avec  une plus grande conscience la réalité de notre Baptême...

Cette nuit est toujours le retour vers   ce moment, quand nos parents, notre marraine et notre parrain nous ont présentés dans le temple et nous ont introduits dans la communauté de l’Église..

Cette nuit nous permet de revenir au commencement, de découvrir de nouveau qui nous sommes, quel est le chemin de notre vie et quel est le but de notre existence..

Alors comment cette nuit  répondons - nous  à la question : qui sommes - nous... ?

Être baptisé... comme nous l’  avons entendu dans la lecture de la lettre de  saint Paul, cela veut dire être uni avec Jésus, être uni avec sa mort et sa résurrection, être semblable à Lui...

Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus,
c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême.

La mort et la résurrection de Jésus étaient le résumé de toute sa vie.

Elles étaient, comme toute la vie de Jésus, l’accomplissement de la volonté du Père dans un grand acte de confiance...

Sur la croix, à une heure de plus grandes ténèbres, quand Jésus  s’est senti abandonné, il a remis son esprit aux mains de son Père avec  une confiance totale...

En donnant sa vie  savait- il  qu’il ressusciterait ?  savait-il  que le Père l’enlèverait  des morts ? ... ce n’était pas évident alors qu’ il se sentait abandonné sur la croix ….

 il a dû faire confiance totalement...

Il est resté jusqu’à la fin le fils qui fait confiance à son Père... il est resté jusqu’ à la fin son enfant...

Nous découvrons cette nuit que nous sommes les enfants de Dieu, comme Jésus...

Nous découvrons qu’être le fils, être la fille cela veut dire faire confiance...

Faire confiance jusqu’ à la fin..

Faire confiance même à l’heure des plus grandes ténèbres...

Cela nous conduira jusqu ‘à la lumière, jusqu’ à notre résurrection ...

 

 

Vendredi Saint - Père Wojtek

 

À partir de la sixième heure (c’est-à-dire : midi),
l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure.
Vers la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte :
« Éli, Éli, lema sabactani ? »,
ce qui veut dire :
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
L’ayant entendu,
quelques-uns de ceux qui étaient là disaient :
« Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »
Les autres disaient : « Attends !
Nous verrons bien si Élie vient le sauver. »
Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri,
rendit l’esprit...

la neuvième heure ( c’est à dire : à 15 heures), quand nous avons commencé le chemin de croix, c’était l’heure de la mort de Jésus..

L’heure à laquelle du flanc percé de Jésus ont coulé de l’eau et du sang...

Maintenant nous voyons son corps que Marie tient dans ses bras...

Comme sur le relief au dessus de la porte de cette chapelle...

Marie tient le corps de Jésus dans ses bras...

Elle pouvait penser que tout est terminé...

Elle pouvait s’enfermer dans les ténèbres, dans le désespoir, dans la douleur...

Son cœur ne s’est pas enfermé...

A ce moment s’est accompli la prophétie du Symeon... :

 

A ce moment là ,  alors que  le cœur de son Fils était transpercé , son cœur  aussi a été transpercé... son cœur a été ouvert...

La passion et la mort de Jésus sur la croix ouvrent le cœur de Marie et veulent ouvrir nos cœurs...

Ouvrir nos cœurs... c’est le but de Dieu, c’est le but de Jésus qui a crié sur la croix : J’ai soif...

Ouvrir nos cœurs pour accomplir la prophétie d’Ézéchiel :

Je vous donnerai un cœur nouveau,
je mettrai en vous un esprit nouveau.
J’ôterai de votre chair le cœur de pierre,
je vous donnerai un cœur de chair.

Les cœurs de Jésus et de Marie sont ouverts pour nous et sur nous...

Dans ces cœurs nous pouvons trouver notre abri...

Ils sont notre maison...

De ces cœurs découle pour nous l’espérance...

Ici, dans cette chapelle, nous saluons Marie comme Notre Dame de l’Espérance...

Nous venons ici demander à Dieu par l’intercession de Marie, le don de la vie, le don de la conception d’une nouvelle vie pour les familles qui ne peuvent pas avoir d’ enfants...

Aujourd’hui nous voulons demander ici le don de l’espérance ...

Le don d’une nouvelle vie dans la foi.. qui permet de passer par ce temps..

qui permet d’ouvrir nos cœurs

qui permet de  renaître à la vie nouvelle...

 

Jeudi Saint - Père Wojtek

 

En entrant à notre église à Argeles nous voyons une affiche : Contre  la faim...

Elle nous rappelle, chaque année que pendant le Carême nous pensons avec le CCFD à ceux qui souffrent de la faim dans le monde...

J’espère que même si nous sommes concentrés maintenant sur nos propres problèmes liés à la maladie, nous sommes capables de penser aux autres, à ceux qui ne peuvent pas faire les provisions pour une ou  deux semaines... qui ne peuvent pas être confinés, qui doivent sortir chaque jour de leur maison pour  chercher le pain quotidien..

Mais en moi, pendant ce temps du confinement, cette affiche réveille aussi d’ autres pensées...

Je pense à l’autre faim...

La faim de l’autre pain, le pain eucharistique...

Je me pose chaque jour la question... : est-ce que ce temps du confinement, le temps où nous ne pouvons pas aller à l’église, où nous ne pouvons pas prendre la communion, réveille en nous la faim de l’Eucharistie, la faim de la communion...

On peut dire que l’esprit de ce monde veut éteindre en nous cette faim...

L’esprit de ce monde veut nous convaincre... que nous n’avons pas  besoin de ce pain... le pain eucharistique..

L’esprit de ce monde veut nous transmettre que ce n’est pas trop important...

Est-ce que nous permettons à  cet esprit de nous  convaincre ?

Est-ce que nous lui permettons d’éteindre en nous la faim de l’Eucharistie ?

Je prie chaque jour que ce temps du confinement réveille en nous une faim plus grande..

Pourquoi c’est si important... ?

parce que l’Eucharistie et les autres sacrements sont les signes de la proximité, ils sont les signes de l’amour de Dieu...

En exprimant l’amour nous pouvons  communiquer entre nous, nous contacter en gardant la distance : par le téléphone, sur Internet, par les lettres...

mais cela ne peut pas remplacer le contact direct, proche...

l’amour s’exprime par la rencontre, par les gestes, par le toucher...

C’est pour cela qu’ il  s’offre à nous  sous les espèces du pain et du vin...

Nous pouvons dans ces signes le rencontrer, le toucher, l’accueillir...

Comme il a touché les pieds des Apôtres,

Comme il a permis à son disciple d’appuyer sa tête sur son cœur

Comme il a nourri ses apôtres en leur donnant du pain et du vin...

Que Jésus, grâce à son amour , réveille en nous la faim...

La faim de la rencontre avec Lui...