Paroisse

Argelès-Gazost

et Saint-Savin

 Le 14 septembre, dans l'église à Argelès, nous avons celebré l'instalation du nouveau curé - Père Koffi Dorothée Jean Hamouzoo. Monseigneur Nicolas Brouwet, nous a expliqué la mission du nouveau curé dans la paroisse.
 
 

Le jour de l’installation d’un curé, il est normal que l’évêque dise au nouveau curé ce qu’il attend de lui. Et je crois que la Parole de Dieu accueillie ce jour peut très bien nous guider.

  1. Dans ces trois paraboles de St Luc, de quoi est-il question ? D’un berger qui part à la recherche de sa brebis perdue, d’une femme qui va à la recherche de sa pièce d’argent, d’un père de famille qui attend son fils tous les jours au bord du chemin et qui lui saute au cou quand il revient.

C’est ce que j’attends d’un prêtre en général, mais plus particulièrement d’un curé de paroisse. Qu’il ne s’installe pas confortablement dans son presbytère en attendant de voir ce qui va se passer ou qui va sonner à la porte. Mais qu’il parte à la recherche et qu’il veille. J’attends de vous que vous sortiez et que vous alliez en mission.

Un curé est en état de mission et entraîne tous les fidèles à la mission. Cela veut dire qu’il est un homme de proximité qui va dans les familles, au marché, dans les bars, dans les fermes, qui s’intéresse à la vie de la cité, au tourisme, aux activités agricoles, artisanales, industrielles. N’hésitez pas à vous faire connaître. Je crois qu’il y a beaucoup de gens qui attendent la visite d’un prêtre. Ils ne viendront pas jusqu’au presbytère ou jusqu’à l’église. Mais ils ouvriront la porte si vous osez sonner.

Nous avons un projet diocésain de missions paroissiales. Nous invitons tous les curés avec leurs EAP à prêcher une mission paroissiale dans les mois ou années à venir. Une équipe diocésaine est constituée pour vous aider, pour être un support. Le but étant de vivre une grande semaine de mission pour aller toucher tous les habitants de nos communes. En se demandant, au fond, où irait le Christ s’il partait en mission dans notre paroisse.

 

  1.  Que ce soit le berger, que ce soit la femme ou que ce soit le père de famille : ils considèrent tous que ce qu’ils cherchent est précieux. Voilà une deuxième chose que je vous demande : de porter un regard d’action de grâce et d’émerveillement sur le troupeau qui vous est confié. Evidemment il y a des déceptions ; il y a toujours des gens qui ne rentrent pas dans les cases ou qui n’ont pas compris nos manières de faire. Mais les fidèles et les habitants de votre ensemble paroissial doivent sentir que, si vous êtes à leur recherche, c’est parce qu’ils sont précieux à vos yeux. Ou plutôt qu’ils sont précieux aux yeux de Dieu et que votre regard sur eux est précisément un écho, un reflet du regard de Jésus sur eux.

Ces paraboles sont les paraboles de la miséricorde. Elles racontent l’amour inconditionnel de Dieu pour chacun de nous ; elles disent combien Dieu s’est pris de passion pour les hommes. Et comment l’annonce de l’Evangile doit être le témoignage de la miséricorde, de la tendresse de Dieu pour nous. Elles disent aussi comment Dieu s’est abaissé pour venir nous chercher, pour nous tirer des ténèbres, de l’oubli, de la solitude parce qu’il nous veut vivant, avec lui, pour partager sa vie éternelle. Dieu ne se lasse pas de venir nous chercher.

Et nous pasteurs, nous devons prêcher cet amour sans condition. Nous avons célébré il y a quelques années une année de la miséricorde. Nous avons médité sur la patience de Dieu, sur sa pédagogie, sur la façon dont il nous encourage, nous qui sommes de pauvres pêcheurs et, souvent des êtres fragiles. Dieu ne se lasse pas de nous.

Et un curé, celui qui a la « cura animarum », le soin des âmes, doit en être l’apôtre.

  1. Il y a une troisième mission du curé que j’aimerais souligner. Comme le pasteur, comme le père de famille, un curé rassemble. Il a la passion et le souci de la communion. Il en a aussi la charge.

Cela veut dire : être à tous. Chercher à intégrer tout le monde. C’est vraiment le sens du célibat ecclésiastique : être célibataire comme le Christ Jésus qui était à tous sans exclusivité pour l’un ou l’autre.

La communion, c’est aussi donner une place à chacun et veiller à ce que les fonctions tournent pour donner de l’air, de la respiration à toute la communauté. Une communauté vivante est une communauté dans laquelle les responsabilités tournent. Chacun doit y veiller. Sinon c’est un tout petit groupe qui détient tout et la paroisse s’endort et étouffe.

Le ministère de communion, c’est aussi veiller à la communion de toute la paroisse avec le diocèse et l’Eglise universelle.

Voilà le service de la communion. Qui est un service parfois crucifiant parce que c’est un lieu de tensions. Un curé doit absorber les tensions qui existent et les orienter pour former la communauté. Mais c’est un service rendu dans l’Eglise du Christ qui est accompli par les pasteurs au nom du Seigneur. Et qui demande donc une vraie vie spirituelle et, je crois, de l’humilité pour ne pas être soi-même la mesure de tout. Quand on veut faire la communion, il faut aussi accepter des options, des comportements, des attitudes qui ne nous plaisent pas, ou qui nous plaisent moins ou avec lesquelles nous ne sommes pas à l’aise. Mais pour le bien du corps entier, pour le bien de la communauté.

 

  1. J’aimerais finir en évoquant l’apôtre Paul dans la première lettre à Timothée.

Il confesse qu’il est un pécheur et qu’il a été l’objet, lui aussi, de la miséricorde du Seigneur. « Je suis plein de gratitude envers celui qui me donne la force, le Christ Jésus notre Seigneur, car il m’a estimé digne de confiance lorsqu’il m’a chargé du ministère. ».

Il est assez beau de voir l’humilité et l’action de grâce de St Paul. Il faut que, nous pasteurs, nous nous souvenions qu’il nous été fait miséricorde et que nous vivons de la grâce du Seigneur, de son pardon. Notre force, c’est la sienne. Nous ne pouvons rien faire sans son amour, et sa lumière et sa puissance. Nous ne pouvons pas prêcher si nous n’implorons pas l’Esprit Saint. Nous ne pouvons pas faire la communion si cette unité ne vient pas d’en-haut. Nous ne pouvons pas mener des projets missionnaires à bien si nous ne sommes pas conduits par le Seigneur.

 

Il est important de nous souvenir de tout cela et de savoir nous appuyer sur le Seigneur. Un curé ne peut pas conduire à Dieu s’il n’a pas une relation personnelle forte avec le Seigneur dans la prière, s’il n’implore pas l’Esprit Saint, s’il ne se confesse pas humblement comme un pauvre pécheur…Nous aussi, nous sommes des fils prodigue qui revenons vers le Père.

 

Je vous remercie, Père, d’accepter la charge de curé de l’ensemble paroissial d’Argelès.

Et vous, Frères et Sœurs, si je vous confie au Père Dorothée, je vous le confie aussi.

Un curé doit prendre le temps de comprendre l’histoire du peuple qui lui est confié. Mais il faut l’accueillir aussi avec ce qu’il est : sa propre histoire, sa culture, sa langue, sa formation, l’Eglise du Bénin qui a été le creuset de sa foi. Prenez soin de lui, vous aussi, comme il est appelé à prendre soin de vous.

 
 

 

 

 

L’instalation du Père Dorothée
28 września 2019